<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379</id><updated>2011-11-13T18:55:56.720+01:00</updated><title type='text'>Marianne et Chris</title><subtitle type='html'>8 mois de nomadisme et de rencontres, entre rêve et réalité, à parcourir une carte du monde qui se redessine chaque jour à travers tant de regards.
Rendez-vous sur ces bouts de route?</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>18</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-111986804496404533</id><published>2006-12-31T12:00:00.000+01:00</published><updated>2005-06-27T12:29:21.126+02:00</updated><title type='text'>Cartes du voyage</title><content type='html'>&lt;center&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://ambroise.neve.be/marianneetchris/map_general.gif" alt="Carte générale"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://ambroise.neve.be/marianneetchris/map_details.gif" alt="Carte détaillée"/&gt;&lt;br /&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-111986804496404533?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/111986804496404533/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=111986804496404533' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/111986804496404533'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/111986804496404533'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2006/12/cartes-du-voyage.html' title='Cartes du voyage'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-114423178800284643</id><published>2006-04-05T12:05:00.000+02:00</published><updated>2006-04-05T12:09:48.606+02:00</updated><title type='text'>Tramping in New Zealand</title><content type='html'>Kia Ora !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout de sept mois de nomadisme en Asie, nous nous offrons un saut de puce vers la Nouvelle-Zélande, pour nous retrouver littéralement à l’autre bout du monde. En guise de cerise sur le gâteau, la Nouvelle-Zélande ne cadre pas a priori avec le reste de nos aventures. Cependant, elle nous permet d’entamer une transition progressive vers le monde occidental, tout en continuant à voyager, à poursuivre notre bout de chemin. C’est aussi l’occasion de rester proches de la nature et de ses merveilles.  &lt;br /&gt;Lors de notre arrivée à Auckland, nous devons faire face à un choc culturel (et financier): nous voici (à nouveau) anonymes, dans un univers où chacun court après le temps et ses occupations. Les rues sont vides, propres et dégagées,  peu de gens s’arrêtent pour humer l’air sur le pas de leur porte ou tailler une bavette avec leur voisin. Un monde connu, dont nous avions pourtant perdu les habitudes. Il nous faut recalibrer et renouer avec toutes les caractéristiques des pays modernes, dont certaines ne sont pas pour nous déplaire: la liberté d’action et d’horaire qu’offre une voiture, l’écoute d’un bon CD, les supermarchés ou une hygiène confortable. Et heureusement, le camping nous permet de jouer encore un peu les Robinsons et de prolonger le contact avec la nature, ce que nous apprécions tellement durant ce voyage.&lt;br /&gt;Nous partons à la découverte de ces stupéfiantes îles néo-zélandaises, qui s’avèrent à la fois étranges et familières. En effet, nous y reconnaissons des paysages qui pourraient figurer en Ecosse, telles les vertes collines parsemées de moutons, en Norvège, comme les profonds Fjords de l’île du sud, en Islande lorsque nous admirons geysers et volcans, dans les Alpes françaises au moment de grimper sur les glaciers ou encore en Californie ou en Afrique du sud le long des côtes déchiquetées par l’Océan. Pourtant, malgré cet air de “déjà-vu”, la Nouvelle-Zélande est manifestement différente, inconnue, avec une végétation pour nous totalement mystérieuse, où les fougères atteignent la taille des arbres, un peu comme dans nos représentations de l’époque du Crétacé, au temps des dinosaures . La faune, elle aussi, nous surprend. Les oiseaux, surtout, sont omniprésents: absolument pas farouches, ils se perchent sur les branches qui frôlent nos visages ou nous suivent le long des chemins forestiers. Ils portent des noms inouïs (d’origine maorie, tout comme “Weka, Kea, Kiwi, Pukeko”...), et produisent des sons fascinants. Nous profitons aussi de notre présence en Nouvelle-Zélande pour observer des animaux d’un autre calibre, comme  les lions de mers, qui paressent sur les plages désertes; les très rares dauphins Hector jouant dans les vagues de Curio Bay; les “yellow-eyed penguins” et les “crested penguins”, qui sortent de l’eau en se dandinant pour nourrir leurs petits au crépuscule; ainsi que, last but not least, les merveilleux albatros d’Otago, planant de leur trois mètres d’envergure, royaux. &lt;br /&gt;Paradis naturel, la Nouvelle-Zélande est aussi l’Eden du trekker, ou du “tramper”, comme on l’appelle ici... Pas étonnant, dès lors, que nos bottines nous démangent et que nous nous en donnions à coeur joie!!&lt;br /&gt;Voici donc, en vrac, quelques anecdotes choisies tout à fait au hasard, bien sûr...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;28 ans au pays de Morrrdorr...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La veille du 20 janvier, nous plantons la tente à la limite du parc national du Tongariro, dans un petit coin tranquille où l’herbe est verte et tendre. Avant de s’endormir, Marianne fait un noeud dans son mouchoir et se lobotomise une dernière fois pour ne pas oublier l’anniversaire de Chris le lendemain... Ouf! Sa première pensée au réveil est pour son bien-aimé et voici qu’elle entonne, de sa plus belle voix de reinette ensommeillée, un touchant “happy birthday”, non pas a capella, mais a tenta. Voici Chris irrémédiablement réveillé, les cheveux dressés sur la tête, et prêt à entamer une journée taillée sur mesure: pleine de défis! &lt;br /&gt;Au programme, une randonnée dans le parc national du Tongariro – où fut filmé le Mordor du “Lord of the Rings” –, une petite merveille d’activité volcanique, où l’on peut à loisir crapahuter sur de tortueuses coulées de lave noire, escalader de vieux cailloux rétifs, longer les crêtes d’énormes cratères, gueules béantes, inhaler les fumerolles blanches et admirer les lacs vert émeraude, bordés de soufre. Après deux heures de marche, se présente le premier challenge: une petite ascension du mont Ngauruhoe – ou Mt Doom, pour les fans de l’Anneau – , qui se présente comme un volcan parfait: conique, tout noir, aux flancs redoutablement escarpés... Chris se frotte les mains, pendant que Marianne évalue ses maigres chances d’arriver en haut. S’en suivent deux heures d’escalade, des pieds et des mains dans les sables fuyants, à s’agripper à la crête rocheuse indiquant la voie à suivre au travers du nuage glacial qui, tout à coup, nous enveloppe à mi-chemin. Les doigts déchiquetés par la roche, frigorifiés jusqu’à l’insensibilité, les nerfs mis à vif par les éboulis provoqués par les autres grimpeurs, nos deux aventuriers arriveront-ils au sommet? L’épreuve est à la mesure de notre fierté, quelque peu incrédule, lorsque, complètement moulus, nous plongeons enfin nos regards dans l’impressionnant cratère, qui se dévoile un instant entre deux nuages de brume. Deuxième gageure: descendre! Et ne surtout pas regarder vers le bas. Nous voici partis tout shuss, glissant dans les poussières volcaniques comme des skieurs alpins, nous retenant aux rochers de temps à autre... Séquence: concentration! Une fois en bas, les jambes flageolantes, nous contemplons notre exploit sans pouvoir y croire, ce volcan qui nous semble toujours aussi imprenable, invincible. &lt;br /&gt;Il est à peine midi et le Tongariro a encore beaucoup de tribulations à offrir. Nous reprenons donc notre chemin, pour arpenter cet étonnant paysage. Le “Red Crater” nous ensorcelle par sa couleur ferrugineuse et ses fumerolles qui jaillissent sous nos pieds, lui donnant des airs de porte de l’Enfer. L’endroit est aride, rare, dantesque. En contrebas, s’étendent les “Emerald Lakes”, tels trois larmes d’émeraudes aux pieds du cratère rouge géhenne.&lt;br /&gt;Bientôt, les paysages lunaires cèdent la place aux longues herbes jaunes et folles qui poussent sur les flancs d’anciens volcans. De là-haut, une vue époustouflante expose montagnes, lacs et forêts. Peu à peu, il faut rejoindre la vallée et le sentier plonge dans une épaisse futaie aux essences inconnues, habitée par des milliers d’oiseaux invisibles, dont les chants charment nos oreilles. &lt;br /&gt;La journée fut longue et nos gambettes, heureuses, crient grâce. Il est temps de fêter Chris dans les formes gastronomiques et de dénicher cet Italien qui mitonne un terrible « Cervo al porto », accompagné d’un excellent petit vin néo-zélandais... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Premiers de cordée&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui est un grand jour: nous avons rendez-vous avec le “Fox Glacier”! Excités comme des puces, nous nous levons bien avant l’heure pour nous rendre au QG des guides alpins, où nous sommes d’abord priés d’enfiler d’épais godillots de cuir rongés par la glace. Ainsi parés, pantalons dans les chaussettes, un collier de crampons autour du cou, nous avons déjà fière allure! Après un briefing de sécurité dans le bus, nous débarquons aux pieds du glacier qui, monstrueux, souverain, nous domine d’emblée. Pour atteindre ses contreforts, il nous faut d’abord traverser  l’épaisse “rain forest”qui l’entoure. Arrivés au bord du glacier, nous chaussons enfin nos crampons pour avancer quelques pas et nous familiariser avec cette technique de marche un peu particulière. Mieux vaut la maîtriser, car nos crampons sont nos meilleurs amis et notre seule sécurité, une fois sur le dos de ce géant de glace. L’aventure commence: notre guide, Nathalie, dégage une voie et creuse quelques marches sommaires à grands coups de piolet, qu’elle mouline avec une aisance qui nous laisse tous bouche bée. La glace vole en miette et nous nous frayons progressivement un chemin. Les marches creusées par Nathalie s’avèrent plus qu’utiles, car le Fox ressemble à une mer en furie, dont les hautes vagues auraient été figées en plein mouvement. Comment une masse si lourde, si compacte et si lente, peut-elle produire de telles formes, des pics et des crevasses si chaotiques, si tumultueux, au point qu’elle semble en proie à de puissantes convulsions. La puissance et la violence immobiles: voici le redoutable Fox Glacier. Au fur et à mesure que nous remontons la coulée de glace et que nous quittons les traces de terre laissées par les éboulements des falaises environnantes, une faible lueur bleutée pointe sous la glace. Dans certaines anfractuosités, cette transparence turquoise se fait de plus en plus vive, plus dense, pour qu’apparaisse sous nos yeux le fameux “bleu glacier”, superbe de froideur et de pureté. Au bout de plusieurs heures de progression, nous atteignons une zone tellement lacérée qu’il est impossible d’aller plus loin. Même les professionnels ne s’y risquent pas: il s’agit de chutes de glace provoquées par un accident du terrain. L’ensemble évoque une vaste forêt de stèles fichées à la verticale, cahin-caha, rayonnant de toute leur transparence bleutée... Magnifique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les brèves:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un brin de conduite&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le long des routes néo-zélandaises, les conducteurs et leurs passagers peuvent lire, inscrit en blanc sur de grands panneaux noirs: “if you’re prepared to speed, be prepared to kill”. Difficile d’être plus clair! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Happy Camper!&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Nous ne tardons pas à comprendre que le charme de la végétation néo-zélandaise a un prix: la pluie! Les joyeux campeurs que nous sommes l’apprennent à leurs dépends lorsque, au cours d’un trek dans le parc national d’Abel Tasman, ils marchent deux jours durant sous une averse torrentielle. Cette nuit-là, c’est donc trempés jusqu’aux os que nous montons notre petite tente légère et que, après un festin de boîtes de thon et de fruits secs, nous nous inquiétons de voir que la pluie n’en finit plus de tomber, que de larges flaques se forment un peu partout et que le sol sablonneux commence vraiment à saturer. Au vu de cette menaçante  montée des eaux, nous entreprenons de creuser des tranchées autour de la tente, que nous munissons aussi de petits remparts de boue et de sable, dans un fol espoir de dormir au sec. Bientôt blottis dans nos sacs de couchage humides, tétanisés à l’idée de toucher la tente dans notre sommeil – ce qui la rendrait immédiatement perméable –, nous passons la nuit à écouter les gouttes tambouriner sur la toile de notre faible abri ou à rêver d’inondations. Au petit matin, nous n’osons croire à notre chance: la tente a tenu! Sous un léger crachin, nous sortons pour enfiler nos ponchos trempés, qui collent sur nos bras nus et nous étouffent comme de grosses méduses vertes... Il est temps de chanter : “Quoi qu’il arrive, je gar-de le souri-ireuh...”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Avec ou sans filet? Avec!&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Un soir, attirés par la possibilité d’observer quelques pingouins s’en retournant au nid après une longue journée de pêche, nous débarquons à Jackson Bay, un patelin perdu au bout d’un cul-de-sac, où nous attendent quelques baraquements de tôle, une jetée dans la mer et des nuées de “sandflies”, ces mouchettes plus voraces que des moustiques et dont la piqûre est presque aussi douloureuse que celles des taons! Nous nous réfugions donc en vitesse dans le petit bois qui mène à la plage où nichent les pingouins... malheureusement les sandflies nous accueillent là aussi avec la même ardeur: impossible de rester là plus de cinq minutes! Nous battons en retraite, mais ce n’est que pour mieux revenir: cette fois dotés de manches longues, nous enfilons des chaussettes en guise de gants et les filets de protection anti-moustique pour la tête (finalement, ils auront servi à quelque chose!). Vêtus comme des apprentis apiculteurs, nous voici parés! De retour sur la plage, nous narguons les sandflies avec un plaisir non dissimulé et notre persévérance ne tarde pas à être récompensée: deux pingouins (“crested”) font leur apparition. Patauds, un peu bossus, ronds comme de petits tonneaux, ils se dandinent autour de leur nid. Nous sommes émerveillés. Bientôt, ils disparaissent dans les buissons et nous repartons en gardant leur petite silhouette attachante en mémoire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Vies de marins&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Un soir, à Colac Bay, nous entrons dans un pub où de solides marins néo-zélandais prennent un verre avant de rentrer chez eux. Les murs sont couverts de photos de bateaux, la plupart franchissant de très hautes vagues non loin de la côte. À y regarder de plus près, certains cadres contiennent plusieurs clichés qui, vus dans un certain ordre, montrent le naufrage de bateaux retournés par les puissants rouleaux. Le patron du pub nous raconte alors l’histoire de ses amis ainsi noyés sous ses yeux. Tout un équipage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Plein sud et au-delà&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Slope Point est le point le plus au sud de l’île du sud. Soit l’extrême sud de notre périple. Étrange sensation, solennelle et émouvante, d’une forme d’aboutissement. Pour la première fois, nous sommes pris à la gorge par une impression de fin de voyage, face à la mer et au ciel immense... Bien que cet endroit marque un terme, il n’est pas sans issue, car l’horizon y est porteur d’avenir et nous y voyons déjà poindre de nouvelles aventures, quelles qu’elles soient. Ni regrettant, ni pressés, nous sommes en phase avec ce moment délicat, ce tournant du voyage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous pourrions clôturer ce blog sur ces deux mots: “The End”, bien qu’il soit probablement plus juste de d’écrire “En route!”pour de nouvelles péripéties. Mais c’est déjà une autre histoire... &lt;br /&gt;Il nous reste alors à dire “Merci!” à vous tous, qui nous avez lus et soutenus, ainsi qu’à tous ceux rencontrés en chemin: merci pour vos sourires, pour votre accueil, pour vos différences, pour vos regards, pour tous ces bouts de route. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-114423178800284643?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/114423178800284643/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=114423178800284643' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/114423178800284643'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/114423178800284643'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2006/04/tramping-in-new-zealand.html' title='Tramping in New Zealand'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-114288926890150172</id><published>2006-03-20T22:08:00.000+01:00</published><updated>2006-04-04T15:27:34.910+02:00</updated><title type='text'>Bangkok - Siem Reap - Battambang - Phnom Penh - Sihanoukville - Phnom Penh - Bangkok</title><content type='html'>Sua s'dei ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voyage au Cambodge est avant tout un moment privilégié avec Douglas, le frère de Chris, qui nous fait le plaisir de nous retrouver pour deux semaines de folaïe. Le séjour commence sur des chapeaux de roue: en guise de cadeau de Noël, Douglas nous offre deux nuits au Marriott de Bangkok. Oufti! Nous voici donc avec nos grosses bottines et nos sacs à dos dans ce superbe univers feutré, où les soieries drapent les murs, où les plantes exotiques encadrent une piscine de rêve et où de gros éléphants en terre cuite trônent au beau milieu de halls spacieux. Difficile de se fondre dans le paysage (sauf quand nous nous cachons dans les branches de palmier…), mais peu importe: nous en profitons plus que jamais! D’ailleurs, pour Douglas, un massage Thaï s’impose après ses quarante heures d’avion successives. Nous sommes vraiment heureux de le revoir, ce sacré Doudou. Les retrouvailles n'en finissent plus : effusions, claques viriles dans le dos, compliments d'un barbu à un autre, fous-rires, batailles d'oreillers et papotes jusqu'à quatre heures du matin.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bientôt, l'appel du Cambodge se fait sentir et nous prenons la route vers Siem Reap, afin d'explorer les temples khmers d'Angkor Wat. Notre périple nous emmène ensuite jusqu'à Phnom Penh, la capitale, en passant par les villages flottants du lac Tonlé Sap et par les vestiges coloniaux de Battambang. Enfin, Sihanoukville et ses plages de sable fin constituent la dernière étape de notre périple cambodgien, avant de rejoindre Bangkok via Phnom Penh.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Angkor, on en veut encore!&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Trois jours de découverte, trois jours de levers avant l'aube et de retours après le crépuscule, afin de ne perdre ni une seconde ni un éclat de la magie d'Angkor. Certes, se réveiller chaque matin avant cinq heures requiert un zeste de masochisme (« j'ai beau être matinal, j'ai mal! »), mais le spectacle grandiose du soleil se levant sur le Wat des wats  dépasse toutes nos espérances. Nous ne nous lassons pas de le regarder émerger progressivement  derrière cette masse sombre et dentelée, alors que les nénuphars fuschias se colorent et s'ouvrent peu à peu.&lt;br /&gt;Comment résumer une visite des temples d'Angkor? Les impressions sont multiples. Nous ne pouvons qu'être frappés par la taille des temples et des blocs de pierre qui les constituent, ainsi que par une architecture qui évoque la stabilité et la puissance d'une civilisation. Les plans en enceintes carrées, se répétant en étages au fur et à mesure que le temple pyramidal s'élève dans une géométrie simple et efficace, contrastent  avec les tours qui les surplombent, leurs courbes, leurs bas-reliefs et leurs visages sculptés: toute une fantaisie, toute une souplesse, dans un foisonnement de détails. Et puis, toutes ces galeries, ces carrefours dans la fraîcheur et l'ombre des voûtes, à l'abri du soleil cuisant. &lt;br /&gt;Il n'est pas toujours évident de comprendre la religion hindoue dans des temples désaffectés ou réinvestis par le Bouddhisme, qui se marie paisiblement avec les statues et les bas-reliefs plus anciens. En ces lieux, nous pressentons clairement la richesse de la civilisation khmère et la complexité de sa religion, sans pouvoir y accéder pleinement. Le charme n'en est que plus fort, tout comme le désir d'en savoir plus, afin de franchir la distance culturelle qui nous sépare de ces vénérables pierres. Nous nous laissons aller à la contemplation des visages énigmatiques du Bayon, qui laissent présager tout un monde intérieur ; nous nous plongeons sans retenue dans les mythes hindous relatés par les bas-reliefs d'Angkor Wat, fascinés tant par leurs histoires que par la beauté et par la finesse de leur réalisation. Entre autres, nous restons rêveurs face au « barattage de la mer de lait »... Un raccourci vers le temps des légendes et des dieux mais aussi les batailles épiques entre les Khmers et leurs rivaux, les Chams, sur les rivières remplies de crocos, poissons et tortues. Les belles Apsaras (nymphes célestes) dansantes ne laissent pas non plus de marbre nos deux aventuriers, envoûtés par leurs grâces. Enfin, des temples comme Ta Prohm ou, plus encore, Beng Meala, stimulent l'imagination : nous sommes transportés aux côtés de l'Indiana Jones de notre enfance, à la recherche des temples perdus, enfouis sous la végétation. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dessine-moi un Bouddha!&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Depuis notre arrivée à Sihanoukville, petite ville bordée de plages de sable fin dans le sud du Cambodge, nous ralentissons le rythme de nos pérégrinations pour mettre à exécution notre plan « dolce vita ». Voté à l'unanimité, celui-ci ravit toute la troupe. Une fois Douglas et Chris partis pour s'ébrouer dans les vagues, Marianne s'installe tranquillement sur la plage pour prendre des notes à son aise... Peut-être parce qu'elle est la seule femme blanche habillée décemment sur toute la plage, elle attire la sympathie des locaux, qui n'hésitent pas à venir lire son carnet par-dessus son épaule, à tailler une bavette ou à jouer à oxo dans le sable, pour les plus petits. Un jeune moine, entre autres, s'assied à côté d'elle pour discuter quelques temps. De ce fait, Chris et Doug perdent le public privilégié de leurs acrobaties aquatiques... Pour récupérer son attention, il leur faut donc frapper un grand coup! Du coin de l’œil, Marianne aperçoit alors deux maillots virevoltant à tous vents au-dessus de leurs têtes! Shocking! Les deux frères se félicitent du choix du stratagème, hautement efficace... &lt;br /&gt;Le lendemain, Marianne a complètement oublié que c'est son anniversaire: Chris et Doug le lui rappellent sans tarder, dans un duo Pavarotti-Domingo des plus flamboyants. S'en suit un petit déj' de fantasme: muesli aux fruits (mangues, bananes et fruits de dragons), crêpes au chocolat et vrai bon café... Rhâââ... Nous passons la journée sur une plage déserte dans un parc national tout proche, histoire d'enfin pouvoir couler Marianne, de profiter du décor idyllique, de ramasser des coquillages, de défendre un château contre la marée et de dessiner des Bouddhas dans le sable. Le soir, à la tombée du jour, nous grimpons en haut de la plus haute colline des environs, afin de profiter du coucher de soleil sur la mer et les îles du large. Quatre gamins d'une dizaine d'année nous rejoignent alors par curiosité et nous leur apprenons quelques chansons qui les font littéralement s'écrouler de rire..."Aline", avec les bruitages,  remporte un franc succès! Enfin, nous passons la soirée au "Bayon", un bar sur la plage. Les pieds au bord de l'eau, à boire des cocktails et manger des fruits de mer, nous nous laissons bercer par le ressac. Such a perfect day.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Brèves :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un train d’enfer&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le voyage en train de Bangkok vers la frontière cambodgienne nous plonge rapidement dans l’ambiance chaude et humide de certains coins de l’Asie du Sud-Est : le wagon est plein à craquer, au point qu’il est impossible de se frayer un passage vers les toilettes, à moins de littéralement escalader les gens qui se tiennent debout dans l’allée centrale. Et pour ce qui est des places réservées aux moines, elles ne sont pas restées libres très longtemps ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mauvaises mines&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Nous n'avons pas dû chercher loin pour trouver des traces de la récente histoire du Cambodge,  elles sont partout: les temples minés, les panneaux affichant une tête de mort grimaçante en guise d'avertissement, les démineurs travaillant d'arrache-pied dans les champs le long des routes, ou les innombrables mutilés qui arpentent les rues de Siem Reap et de Phnom Penh. Tout ici témoigne d'une blessure toujours vive et d'un désastre qui touche encore trois personnes par jour, presque trente ans plus tard. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La mémoire des visages&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Phnom Penh, nous visitons la prison S21 de Tuol Sleng, où les Khmers Rouges détenaient et torturaient les opposants à leur régime de terreur, avant de procéder à leur extermination en masse dans les Killing Fields. &lt;br /&gt;L'arrivée à Tuol Sleng est déroutante: nous attendions des baraquements, des barbelés, et nous entrons dans une ancienne école, avec sa paisible cour de récréation, presque conviviale... au premier abord. Car bientôt, des centaines de portraits photographiques de détenus témoignent, forment une mémoire, qui nous interpelle sans discontinuer. La visite est éprouvante. Que dire? Un tel spectacle, une telle horreur, un tel manque d'humanité impose un silence pesant. Les conversations qui s'en suivent ne peuvent être que théoriques et cérébrales, tentant de maîtriser, de circonscrire l'angoisse, la déception et l'infinie tristesse ressenties face à l'incompréhensible génocide Cambodgien. &lt;br /&gt;Aux Killing Fields, telle une bouffée d'espoir, des myriades de papillons volètent au-dessus des fosses communes, comme autant d'âmes réincarnées.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les insectes sont nos amis...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Douglas nous fait rire aux larmes à maintes reprises, lorsqu'il se retrouve confronté aux conditions de voyage quelque peu rudimentaires dans lesquelles nous baignons maintenant depuis six mois. Nous passerons sous silence l'épisode de son apprivoisement douloureux des toilettes locales, pour vous raconter deux courtes « bug stories ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un midi, dans les environs d’Angkor, alors que Chris et Douglas se dirigent vers les toilettes d’un petit bouiboui où nous venons de déjeuner, Chris  raconte avec moult détails comment il a fait face aux « atroooces » araignées locales dans une région du sud de la Chine. Ils sont alors interpellés par la tenancière du resto, qui leur demande leur nationalité. En plein milieu de la discussion, tout d’un coup, Douglas pousse un hurlement d’effroi digne d’un phacochère auquel on arrache les dents (si si…) et fait un bond de deux mètres en arrière. Dans le même mouvement, il envoie voler les lunettes de Chris, qui, surpris par le cri d’horreur et sous le choc de son geste violent, a la frayeur de sa vie. A son tour, il produit un son indescriptible qui s’étrangle dans sa gorge serrée. La jeune femme, ahurie, fixe du regard les deux grands dadets, se disant sûrement que, « après mure réflexion, les étrangers sont vraiment très très bizarres ». Chris, à peine remis de ses émotions et après avoir ramassé ses lunettes, s’adresse à son frère pour lui demander ce qui a bien pu lui prendre. Douglas, tétanisé,  lève les yeux au ciel et lui montre du doigt une vaste toile d’araignée qui pend au-dessus de leurs têtes. En son milieu, confortement installée aux premières loges, une « giiiiiigantesque » araignée noire et jaune ricane de tout son abdomen, les huit fers en l’air. ;-)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre jour, arrivés à Battambang, nous nous affalons sur nos lits respectifs après une longue journée de trajet. Tout à coup, Douglas sursaute et se lève en hurlant: “mais c'est dégueulasse ici!! T'as vu ces bestioles??!!”. Il pointe du doigt quelques petits mille-pattes rouges, au demeurant fort sympathiques, qui déambulent entre ses draps. De plus près, nous constatons que son lit en est effectivement plein. Douglas, révulsé, refuse catégoriquement son karma, en répétant qu'il n'a jamais vu un endroit aussi insalubre, pendant que nous nous tordons de rire sur nos lits respectifs. C'est alors que, le nez dans nos oreillers, nous constatons que nos propres literies sont elles aussi habitées! Il est temps d'appliquer cette bonne vieille technique du sac de couchage remonté jusqu'au menton et de se rappeler que, tous comptes faits, c'est bien mieux que les rats... Sweet dreams!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Angkor What?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Nous passons le cap de la nouvelle année à Siem Reap. Ce soir là, nous rejoignons le centre où tout le monde se réjouit: l'effervescence est presque palpable. Nous commençons par nous régaler dans un bon resto, dont les murs peints en rouge sont décorés de voluptueuses Apsaras de bois. Douglas jure alors qu'il ne quittera jamais Siem Reap sans son Apsara. Pour patienter en attendant minuit, nous entrons dans un bar, l' « Angkor What? », où l'on passe de la bonne musique. L'ambiance monte et partout les gens dansent dans les cafés, sur les trottoirs, sur les balcons, c'est excellent! Sur le coup de minuit, tous sortent dans la rue, une foule dense et joyeuse se congratule, trépigne, surexcitée, et entonne le « New Year's Day » de U2, à en faire frissonner plus d'un. Autrement dit, avec un peu de retard: Bonne Année 2006 à tous!!! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voyons arriver la fin de notre voyage cambodgien avec un pincement au cœur, car elle signifie le départ de Douglas. Notre trio d'enfer doit se séparer, mais ce n'est qu'un au-revoir! &lt;br /&gt;Après un court séjour à Bangkok, nous quittons l'Asie et, avant de rentrer au plat pays, nous faisons un saut en Nouvelle-Zélande, histoire de nous réacclimater peu à peu à l'Occident! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;See you soon,  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-114288926890150172?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/114288926890150172/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=114288926890150172' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/114288926890150172'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/114288926890150172'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2006/03/bangkok-siem-reap-battambang-phnom.html' title='Bangkok - Siem Reap - Battambang - Phnom Penh - Sihanoukville - Phnom Penh - Bangkok'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-114217390592124987</id><published>2006-03-12T15:28:00.000+01:00</published><updated>2006-03-20T22:07:47.173+01:00</updated><title type='text'>Tchop tchop tchop pour les Katangs!</title><content type='html'>Chers amis, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plupart d’entre vous auront remarqué que nous sommes de retour en Belgique. La joie de retrouver nos familles et amis nous a submergés ces deux dernières semaines, mais il est maintenant temps de poursuivre notre récit du voyage et de le terminer. À commencer par l’une des expériences les plus marquantes de notre périple: le trek au pays des Katangs. Que les fans de brèves nous pardonnent, mais nous désirons partager cette expérience dans toute sa richesse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À Savannakhet,  au sud de Vientiane, nous entreprenons d’aller à la rencontre des Katangs, un peuple animiste vivant dans le parc national de Dong Phu Vien, à l’Est, non loin de la frontière vietnamienne. Le trek, projet d’écotourisme local lancé il y a de cela deux ans, manque aujourd’hui de fonds pour être maintenu a un prix décent pour des backpackers. Peu importe, nous persistons et embauchons deux jeunes professeurs d’anglais locaux, Thip et Moonhang, qui proposent leurs services de guides pour arrondir les fins de mois. Le courant passe tout de suite entre nous. &lt;br /&gt;Les quatre heures de trajet pour nous rendre au point de départ sont épiques: serres les uns contre les autres dans un sawngthaew (pick-up amélioré avec des banquettes), nous  voici exposés aux grands vents de la  route, qui fouettent notre frêle équipage.  Dès que nous nous arrêtons dans un village pour laisser monter ou descendre l'un ou l'autre passager, nous sommes assaillis de toutes parts par diverses brochettes, soit de poulets rôtis – parmi lesquels nous reconnaissons quelques rats écartelés–, soit d'oeufs crus semi coulants, et autres snacks alléchants, tels que de gros concombres pustuleux, pour ceux qui auraient un petit creux en route. &lt;br /&gt;Une étape dans un marché nous permet de faire quelques emplettes avant le trek. Les habitants de ce village ne doivent pas souvent voir des étrangers, car notre présence suscite à la fois curiosité, crainte et enthousiasme. Thip et Moonhang nous font goûter les spécialités locales que nous emporterons avec nous pour ces trois jours: beignets de bananes frites, salade (hot!) de papaye, très prisée au Laos, soupe de pousses de bambous, légumes sautés a l'ail, poulet grille, poulet concassé en salade, salade de "plantes de la forêt" (ici, ne pas se poser trop de questions), banane et, bien sur, l'incontournable riz collant, notre ami le "Sticky Rice"!  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour atteindre la forêt, il nous faut prendre un autre pick-up, qui soulève des nuages de poussière rouge. Tout à coup, un arbre énorme barre la large piste de tout son long. Il est tombé il y a peu, semble-t-il. Nous tentons de dégager un passage sur le bas-côté, couvert de lourdes lianes inextricablement emmêlées. Notre ardeur se voit quelque peu refroidie à l’idée de la faune grouillante, rampante et hostile qu’elles abritent très probablement. Après une (longue!) quinzaine de minutes de travaux infructueux, le chauffeur décide de tenter le tout pour le tout et nous assistons sans réelle surprise à son empêtrement complet dans les lianes. Néanmoins, notre karma semble être favorable ce jour-là, puisque, assez vite, deux autres véhicules arrivent, bondés de locaux armés de machettes étonnamment  tranchantes.   Le véhicule est alors dégagé en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Nous les remercions en joignant les mains à plusieurs reprises. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, arrivés au point de départ du sentier qui doit nous mener au village de Ouan Si Keo ce soir, nous rencontrons notre guide local et de son pater. Katangs, ils sont respectivement  père et grand-père d’une famille florissante. Le plus jeune connaît le lao, ce qui, par l’intermédiaire de Thip et Moonhang, nous permet de communiquer avec lui et, ensuite, avec les autres Katangs de son village. Les présentations étant faites, il s'agit de déjeuner avant de démarrer la randonnée proprement dite: nous étalons des branchages de larges feuilles vertes sur le sentier pour y répartir nos achats du matin dans de petits sachets en plastique retroussé. Nous nous asseyons tous par terre, autour de cette table improvisée, quand Thip nous propose de nous laver les mains... eh oui, ici on mange avec les doigts... c'est tout un art: il faut faire une petite boulette de sticky rice et la tremper dans les différentes soupes et salades offertes. Contrairement à chez nous, plonger directement les doigts dans les plats est hautement recommandé! C'est l'occasion de se rendre compte que le sticky rice fait les sticky fingers... Enjoy your meal! &lt;br /&gt;Le contact avec nos guides Katangs s’établit très facilement: ils sont curieux, nous posent des tas de questions (sommes-nous mariés, avons-nous des enfants, quel âge avons-nous?) et nous ne nous privons pas non plus pour leur en poser. Chris nous offre même un moment d'anthologie, lorsque, d’un air très professionnel, il demande au guide: "and, What's your job?". Thip est morte de rire, face a cette expression toute moderne, mais elle traduit. La culture du riz (une récolte par an) constitue son occupation principale, mais le reste du temps, il "cherche de la nourriture pour sa famille", c'est-à-dire qu'il pêche et qu'il cueille fruits et herbes dans la forêt. Un « pêcheur cueilleur », en quelque sorte. Les Katangs ne chassent pas, bien que la forêt soit peuplée de "vaches sauvages", de sangliers, de singes et d'ours à collier. Autrefois, se rappelle le grand-père, il y avait même des tigres et des crocodiles. &lt;br /&gt;Nous aimons écouter ce grand-père, si petit et frêle, presque comme un enfant, auquel il nous fait irrésistiblement penser, avec son short de scout, ses courtes jambes, minces comme des allumettes, sa casquette de Gavroche et son éternel sourire de gamin, mi-amusé, mi-émerveillé. Une seule chose trahit son âge: une petite pipe tordue à la Popeye, bourrée de tabac et vissée à ses lèvres minces. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voilà partis, le long d'un sentier de sable blanc qui se perd dans une végétation luxuriante. Vu la proximité de la piste Ho Chi Min, par laquelle les Viets Congs amenaient armes et provisions au sud du Vietnam, Chris demande, par sécurité, s'il y a des UXO (Unexploded Ordonances – bombes inexplosées) dans les parages. – Il faut savoir que le Laos fut l’un des pays les plus bombardés au cours de la guerre du Vietnam, bien que cet aspect de l’Histoire fut longuement occulté. En effet, à l’époque, les Viets Congs niaient tout existence de la piste Ho Chi Min en territoire lao (neutre), alors que les Etats-Unis démentaient tout  bombardement de la région. Ce faisant, les deux parties violaient les accords de Genève sans scrupule –. À ce moment-là, le guide se retourne et pointe du doigt trois piquets d'une vingtaine de centimètres fichés dans le sol d’une clairière. Sur l'un d'eux, quelqu'un a noué un ruban turquoise. Effectivement, à quelques mètres de nous, à peine signalée par ces maigres bâtonnets: une bombe. Autour d'elle, ce que nous avions d'abord pris pour une clairière s'avère être une étendue ravagée trente ans plus tôt par les bombardements, le napalm et les pesticides. Aujourd’hui restent une roche noire, comme calcinée, quelques herbes maigrichonnes, bref, une forêt décimée. Le guide ajoute que ces espaces morts sont nombreux dans les environs, car il s’agit des anciens emplacements de campements militaires Viet Cong, cibles privilégiées pour les bombardements américains. Plus loin, voyant que nous sommes intéressés par le sujet, le guide nous emmène un peu à l’écart du chemin pour nous montrer un drôle de champignon, pas plus  gros qu'un citron, tout gris avec des taches noires. Cette fois-ci, nous distinguons clairement la bombe, à peine ensevelie. Elle n'a pas explosé, mais pourrait encore le faire: il suffirait d'une forte lumière, un grand soleil et d'un "effet loupe". Gosh. Un peu plus loin un cratère témoigne silencieusement d'une explosion qui, elle, n'a pas attendu. Nous rejoignons la piste sur la pointe des pieds, frissonnants, conscient du danger pour les habitants de ces forêts. Il y a, parait-il, encore aujourd’hui, beaucoup d'accidents dans ces villages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Après quelques heures de marche, la présence de rizières annonce que nous approchons du village. Au-delà d'un petit troupeau de vaches blondes, se dressent de belles et solides maisons de bois sur pilotis. Quand nous pénétrons dans le village, sur la piste de latérite, c'est d'abord  l'étonnement  général, puis les éclats de rires, si beaux, lorsque nous saluons en Katang: " Banjoaan!". Bientôt, tous les villageois accourent pour nous voir. Ils se postent le long de notre chemin, nous échangeons sourires et regards émerveillés. Mémorable... Le chef du village vient nous souhaiter la bienvenue et nous sommes introduits dans une maison où il fait déjà  très sombre: c'est que le soir tombe et ils n'ont ni électricité, ni bougies. Chaussures enlevées, assis en tailleur sur des nattes, nous distinguons avec peine une grande pièce, avec trois petits compartiments le long de l'un des murs, ainsi que deux fenêtres et une passerelle qui donne sur le pilotis d'à-côté, qui sert de cuisine.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant le dîner, nous nous débarbouillons au puits, aménagé grâce à l'aide d'une ONG canadienne. De retour a la maison, pendant que Thip prépare le repas avec les autres femmes de la maison, Moonhang nous apprend que l'un des murs est sacré: diriger ses pieds dans sa direction serait un véritable manque de respect et nous devons y être attentifs. Pour ce peuple animiste, l'esprit de la maison est particulièrement important et il ne faut en aucun cas l'offenser. L'une des petites chambres lui est d'ailleurs consacrée: c'est la chambre sacrée. Seuls les membres de la famille peuvent y pénétrer et même la belle-fille, qui habite généralement avec son époux chez les parents de celui-ci, ne peut jamais s'y aventurer, sous peine de fâcher l'esprit de la maison. En revanche,  elle dispose d'une chambre pour elle toute seule, où elle peut rencontrer son époux avec un peu plus d'intimité.  &lt;br /&gt;Au cours de la discussion, les hommes du village se sont rassemblés dans la pièce. Nous discutons de leurs activités, somme toute très proches de celles des Bulangs: leur vie est dominée par la culture du riz, en dehors de quoi,  les femmes puisent l'eau, font la cuisine et tissent, tandis que les hommes vont dans la forêt pour trouver de la nourriture et des plantes médicinales. Nous demandons au chef « comment devient-on le chef du village » et celui-ci nous explique que c'est un choix des villageois: il est reconnu comme étant le plus compétant pour assurer la prospérité du village, pour relever ses défis économiques et pour procurer de bons conseils de santé ou de "longue vie".  Si jamais il fait mal son boulot, les villageois choisissent un autre chef...  &lt;br /&gt;Le repas arrive. C'est le seul moment où nous verrons les femmes: elles apportent une série de petits bols fumants, qu'elles déposent en enfilade sur le sol. Nous tentons d'en distinguer les contenus, mais peines perdues: il fait trop sombre avec, pour seul éclairage, un bambou farci de résidus enduits d'huile artisanale. Heureusement, Thip nous vient en aide et désigne le contenu de chaque bol: de la soupe aux os de poulet, du poulet haché, des concombres, des racines aux formes étranges, des légumes sautés et... des vers à soie bouillis (que Marianne a d'abord pris pour des noix – ce qui aurait d’ailleurs facilité la mise en bouche!)... Le tout accompagné de sauce chili et de sticky rice. Tout le monde plonge allègrement les doigts dans les différents plats et nous sommes vivement invités à goûter les vers à soie, une délicatesse locale... qui s'avère d'abord croquante, puis juteuse-gluante et acide comme du citron. Pas terrible... En revanche, les racines ont un sympathique petit goût de marron!  &lt;br /&gt;Une foule incroyable s'est attablée  autour de ce repas:  les quatorze personnes qui vivent dans cette maison, plus  tous ceux qui  observent  nos moindres faits et gestes depuis le fond de la pièce ou  le seuil de la porte. Nous distinguons à peine leurs visages... Intimidant.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le dîner, les conversations se poursuivent, jusqu'à ce que l'on annonce la cérémonie du Baasii, pratiquée par les Katangs lors de chaque moment important, comme un mariage, un décès, un départ en voyage ou la venue d'étrangers, car les notions  d'hôte et d'accueil sont très importantes pour ce peuple. Quelqu'un apporte un plateau, sur lequel reposent une assiette de riz non cuit, une assiette avec un poulet entier bouilli, ainsi qu’un pot en osier contenant des fils de coton. Une bouteille de lao-lao, le baiju (tord-boyaux) local, accompagne le tout. La cérémonie peut commencer. &lt;br /&gt;Tous les hommes autour de nous saisissent le plateau et nous invitent à faire de même, pendant que le plus vieil homme du village le soulève par trois fois en psalmodiant des formules protectrices de bonne chance et de longue vie. Ensuite, chacun à notre tour (Marianne, Chris, Thip et Moonhang, c’est-à-dire les étrangers), nous devons d’une main soutenir l'assiette offerte à bras tendus par les Katangs, accompagnée d’un gobelet de lao-lao. Entretemps, le vieil homme nous noue quelques fils de coton autour du poignet, en chantonnant des paroles sacrées, invitant le mal à nous quitter et le bien à venir en nous (presque un exorcisme! Assez impressionnant...). Il faut alors vider le gobelet de lao-lao d'un coup sec, avant que les membres de l'assemblée ne reprennent le même mouvement et ne nous nouent d'autres fils de cotons autour des poignets en appelant sur nous la protection des esprits de la forêt, afin que nous ayons un bon voyage. Pendant ce temps, le gobelet circule. Enfin,  l'ancêtre nous demande de tendre les mains et les asperge de gouttes de lao-lao, toujours accompagnées de formules de son cru. Le poulet et le riz sont aspergés à leur tour: c'est le moment de désosser le poulet et de partager les morceaux tous ensemble. Dans les ossements, l'un d'eux lit que notre voyage se poursuivra sans encombre et que nous rentrerons sains et saufs. Quel soulagement! Avec ces bracelets, nous disent-ils, nous serons protégés par les esprits et pourrons toujours compter sur les Katangs, où que nous soyons.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux instruments de musique font alors leur apparition: l'un à deux cordes, l'autre comme une longue flûte de Pan. Le chanteur attitré du village, une sorte de barde, commence  alors à frapper dans les mains et à chanter. Peu à peu, nous réalisons – grâce au chef qui traduit en lao –, qu'il est en train d'improviser son chant. Il relate notre arrivée et le plaisir que nous avons à être ensemble. Ils nous offrent la chanson en signe d'amitié et, sur leur demande, nous chantons à notre tour le Cantique des patrouilles, pour chanter la beauté de la terre et l'hospitalité des Katangs... Quelle soirée mémorable.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est temps d’aller dormir et, comme la coutume katang le veut pour les étrangers, nous nous séparons. Marianne suit Thip en direction de la maison d’à côté et Chris s’installe sous la moustiquaire près de Moonhang. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain matin,   plus que le piaillement des poussins,  c'est le martèlement  sourd du pilon sur le riz qui nous réveille en sursaut vers 4 heures: un rapide coup d'oeil dehors nous confirme que la vie quotidienne du village bat déjà son plein alors qu’il fait encore sombre!  &lt;br /&gt;Profitant de la fraîcheur matinale, nous partons pour la forêt sacrée, guidés par l'un des habitants du village, afin de surprendre quelques langurs (grands singes élancés, aux longs bras) au moment de leur collation matinale. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fur et à mesure que nous nous éloignons du village et que nous pénétrons dans la forêt, celle-ci se fait plus dense. Bientôt, le maigre sentier disparaît et nous devons nous frayer un chemin entre les arbres, les lianes, les ronces et les buissons, formant un sous-bois qui ne mérite déjà plus ce nom tant, du sol aux cimes, ce n'est qu'un enchevêtrement continu de végétation. &lt;br /&gt;En cours de route, notre guide, qui progresse d'un pas léger (contrairement à nous, qui nous nous empêtrons à chaque enjambée!), en petites sandales, s'arrête à plusieurs reprises aux pieds d’arbres gigantesques (dits « diptérocarpes », pour les inités) , dont les singes semblent apprécier les fruits. Malheureusement, depuis la veille, un vent violent souffle sur le village et la forêt, secouant les hautes cimes sans ménagement et, avec elles, toute leur population. Peu a peu, nos espoirs s'amenuisent: il semble que les singes ne daignent pas se montrer aujourd'hui, préférant se protéger du vent.  &lt;br /&gt;Soudain, le guide s'arrête net et recule. Nous le rejoignons rapidement, poussés par l'inquiétude et la curiosité, pour apercevoir, lové dans des branchages à hauteur de mollet, un serpent tout mince, vert comme de l'herbe tendre. Il ne semble pas s'émouvoir de notre présence. Peut-être est-il encore tout engourdi par la fraîcheur de la nuit. Nous apercevons distinctement sa petite tête triangulaire aux mâchoires proéminentes et demandons au guide s'il est dangereux. La réponse est sans équivoque: "OK. Dangerous". Gulp. Le sang de Marianne se glace instantanément. Plus tard, le chef du village nous expliquera que la victime du "tree snake" ne meurt pas, mais que le membre mordu gonfle terriblement et que tout le corps tombe atrocement malade, comme paralysé. Entre-temps, le guide s'est muni d'un petit bâton pour déloger ce reptile qui entrave le passage. Lentement, celui-ci s'ébranle enfin, pour se fondre dans la végétation. Nous réalisons crûment notre vulnérabilité dans un tel environnement.... et repartons, scrutant plus que jamais le moindre branchage. Plutôt stressant, comme ballade matinale (sans compter les UXO!).  &lt;br /&gt;Enfin, nos efforts sont récompensés: la cime des arbres s'agite, quelques feuilles pleuvent et un grand singe noir, gris et rouge se jette d'une branche à l'autre. Il s’agit d’un douc langur, une espère rare! Cette vision furtive nous redonne espoir et nous nous rapprochons de ces arbres pour observer ces superbes animaux d'un peu plus près. Nous entendons les feuillages bruisser, voyons les branches ployer sous leur poids, mais ils refusent de se montrer et nous ne pouvons que deviner leur présence. Soudain, un singe plus petit fait son apparition: il arbore un pelage blanc et argenté, ainsi que de petites oreilles touffues. Cette fois, nous admirons un langur argenté... Il nous offre le loisir de l'observer quelques instants, avant de s'élancer à nouveau dans les feuillages, de ses longs membres agiles.  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;En quittant le coeur de la forêt, nous passons par un endroit plus dégagé, où il est à nouveau possible de circuler plus librement entre les arbres. C'est alors que le guide nous montre des poteaux de bois sculptés, plantés a la verticale dans le sol.  Ces sortes de totems, hauts comme un homme, marquent l'emplacement d'un cimetière un peu particulier.  &lt;br /&gt;En fait, nous explique le guide, les Katangs n'enterrent pas leurs défunts à cet endroit, mais dans la forêt sacrée, à deux pas de là. Peut-être tous les vingt ou trente ans, lorsqu'une famille a vécu plusieurs décès, elle décide d’honorer ses morts. À cette occasion, le beau-fils de la famille - et lui seul - sculpte un totem, ainsi qu’un beau coffre en bois. Toute la famille  célèbre alors les défunts en sacrifiant un buffle et tout le village est convié pour un grand festin, ou le lao-lao coule à flots. Ensuite, ils prélèvent un peu de terre à chaque endroit un où un corps fut inhumé au cours des années précédentes. Les différents petits paquets de terre sont rassemblés dans un linge de coton blanc et déposés dans le coffre fraîchement sculpté. Enfin, le coffre est enterré à la lisière de la forêt sacrée et la famille plante un totem pour signaler son emplacement et son appartenance au village Katang. Les inscriptions qui y sont gravées mentionnent la famille et le moment de la célébration. Dans vingt ou trente ans, une nouvelle offrande aura lieu...  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour au village, nous faisons un dernier petit tour pour dire au revoir à tout le monde, avant de reprendre la route – accompagnés de deux nouveaux guides Katangs. Chacun vaque à ses activités depuis plusieurs heures, déjà. Une femme tamise son riz, en le faisant sauter dans un grand plateau en osier, une autre tisse un sarong sur un grand métier en bois sculpté. Ailleurs, une autre encore file la soie d'une série de vers arrivés à maturité et bouillis dans une grande marmite. Certains sont blancs, d'autres jaunes et cette dernière couleur prédomine dans les fils. Les outils sont rudimentaires, mais le résultat remarquable.  &lt;br /&gt;Dans une maison, un tout jeune enfant est tombé sérieusement malade. Il est allongé par terre, enroulé dans une couverture. Il doit avoir à peine un an. Sa famille et le chamane se sont réunis autour de lui pour parler aux esprits et tenter de savoir lequel d'entre eux "a fait ça", avant de le prier de sauver l'enfant. Les Katangs n'utilisent pratiquement aucune médecine médicamenteuse: toute guérison passe par l’administration de quelques herbes et par un dialogue avec les esprits, sous forme de chant lancinant. Nous croisons les doigts pour l'enfant... le coeur serré. Le taux de mortalité infantile est plutôt élevé dans la région.&lt;br /&gt;En quittant le village, nous croisons une belle école primaire, construite en dur grâce à des fonds étrangers, où les enfants s'appliquent sur leurs ardoises, avant de lever le nez et d'ouvrir des yeux incrédules au passage des "falangs" (les étrangers blancs) que nous sommes.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours de cette seconde journée de rando, il nous faut traverser plusieurs rivières à gué. Avec nos grosses bottines et nos longs  lacets, nous ralentissons la petite troupe aux sandales légères, qui nous regarde d'un air amusé faire “les Anglais à la plage”, chaussures à la main et pantalons retroussés sur nos beaux mollets blancs! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En chemin, le guide nous révèle quelques secrets et bienfaits de la forêt pour les Katangs.   Ainsi, telle plante aide à cautériser une plaie ouverte et telle autre doit être bue en infusion par la jeune accouchée. Certaines plantes apaisent la nausée, alors que ce petit fruit vert, rond et translucide recèle, sous sa peau, une glu très efficace pour attraper les insectes (eh oui, nous n’avons pas inventé les colle-mouches!). En cas de soif, le voyageur peut même trancher une liane qui contient une eau douce et pure (pas mauvaise, d'ailleurs). Enfin, les Katangs creusent un trou à même le tronc des diptérocarpes, pour en extraire de l'huile, à l'aide d'un feu maîtrisé. Enduite sur un bâton ou fourrée dans un bambou, cette huile brûle longtemps créant ainsi une torche bien utile (comme nous avons pu le constater la veille) pour ce peuple qui ne dispose pas de l'électricité.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous arrivons près d'une grotte où, explique notre guide, repose le corps d'un géant haut comme huit hommes! Le cercueil est inaccessible et nous devons le croire sur parole, avant de nous éloigner sur la point des pieds, au cas où le monstre ne serait qu'endormi... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous profitons de la pause de midi, du riz collant plein les doigts, pour papoter avec nos guides et leur demander comment se déroulent les mariages Katangs. En fait, les jeunes Katangs peuvent se marier dès l'âge de dix ans, âge approximatif, puisqu'ils ne fêtent pas les anniversaires. L'un des guides, par exemple, est incapable de dire son âge. Le jeune homme et sa famille doivent offrir une somme d'argent,  aux parents de la jeune fille, au cours d'une cérémonie de Baasii. À cette occasion, ils revêtent les "costumes" ancestraux, qui se résument à de magnifiques décorations pectorales sur un corps relativement nu, pour l'homme, ainsi qu’à un beau sarong de soie, pour la femme. Enfin, au terme de la célébration et du festin inévitable, le jeune homme emmène son épouse chez ses parents, où ils habiteront jusqu'à ce qu’il n'y ait plus de place dans la maison et qu'il leur faille déménager pour laisser la place aux nouveaux couples. Comme dans le cas de l’élection du chef, nous apprécions la relative démocratie qui permet aux époux de se choisir en toute liberté (relative, car, au vu du statut des femmes, on parlerait plus volontiers de “machocratie” que de démocratie).  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'après-midi, sur le bord du chemin, nous croisons à nouveau un énorme cratère, trace des bombardements ravageurs qui eurent lieu dans le coin. Plus loin, un petit obus en forme d’ogive, avec ses quatre petits ailerons, intact, gît entre les rochers. Rien que l'année passée, dans le village de Ngang où nous dormirons ce soir, trois personnes sont décédées à cause de ces engins de morts laissés à l'abandon. Quelle tristesse! Quelle honte! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivés aux pieds d'un rocher étrange, ressemblant à un rhinocéros, le guide nous fait asseoir pour écouter cette légende katang : &lt;br /&gt;Il y a de cela très longtemps, le pays était habité par des gens très grands, qui avaient dénormes pouvoirs. Les Katangs ne savent pas qui ils étaient, mais pensent qu'ils étaient comme des dieux. Un jour, ils organisèrent une grande célébration en l'honneur du mariage de la fille de l'un d'eux. Pour fêter dignement cet événement, le père de la mariée décida d'inviter aussi les animaux au banquet. Le serpent et le rhinocéros, sachant que l'on y servirait des graines de sésame (!) et parce qu'ils adoraient ça, se mirent en route sans plus tarder. Or, au cours de leur voyage, des chasseurs les abattirent en plein vol (eh oui, en ce temps mythique, les serpents et les rhinocéros volaient avec grâce et aisance!). Le rhino s'écrasa à cet endroit, où l'on peut encore le voir pétrifié  aujourd'hui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fin de journée, nous arrivons au village de Ngang. Dans la lumière de la fin du jour, l'atmosphère tranquille de cet endroit nous apparaît dans toute sa beauté, toute sa douceur. Ici une jeune fille pilonne le riz, mais pas trop vite, là une femme berce un enfant. Plus loin, une autre se lave les cheveux, enroulée dans son sarong trempé. Des odeurs suaves de poulet à la broche nous apprennent que les préparatifs de repas vont bon train à l'intérieur des maisons sur pilotis. Des enfants jouent dans la poussière rouge. Un visage s'encadre dans une petite fenêtre pour nous regarder passer. Sourires. Lorsque nous saluons les femmes et les hommes d'un ton enjoué: "Banjoaan!", ils éclatent de rire, comme la veille, en simple manifestation de joie. Les enfants, eux, craintifs, se réfugient chez leurs mères, les visages enfouis dans leurs sarongs brodés. &lt;br /&gt;Le chef du village, un homme d'une quarantaine d'années, vient à notre rencontre, les bras ouverts. Il sert nos mains dans les siennes pour nous saluer, avant de nous mener à la maison où nous passerons la soirée (et la nuit, en ce qui concerne les hommes). C'est l'habitation d'un célibataire endurci, qui semble y vivre avec sa mère et sa soeur, elle aussi non mariée. Cet homme jouit d'un certain confort (tout est relatif, bien sûr!), car, depuis un an, il profite de l'électricité grâce à un panneau solaire. Ici aussi, la maison se remplit vite des curieux accourus des quatre coins du village. Cette fois, les enfants sont à l'honneur. La moitié de la pièce est remplie de gamins de 3 à 12 ans, assis ou accroupis, dans les bras les uns des autres ou debout à l'arrière: tous nous observent de leurs grands yeux émerveillés. À nouveau, les femmes sont totalement absentes. Assis en cercle avec nous, voici le chef du village, le maître des lieux, Moonhang qui joue les interprètes et  le plus vieil homme du village, jovial et volubile. D'autres hommes les entourent et quelques jeunes se tiennent dans l'encadrement de la porte. Après les présentations et les questions habituelles, nous nous tournons vers les enfants pour briser plus sûrement la glace: nous leur demandons d'approcher et leurs aînés les encouragent en riant; c'est le moment de leur chanter "dans ma maison un grand cerf", avec les gestes et tout et tout. Thip leur traduit même les paroles de la chanson et les voilà ravis! "Tchop tchop tchop!", s'exclament-ils, en guise d'applaudissements. Deux petites filles s'avancent alors pour nous chanter l'hymne du Laos, appris à l'école, ainsi que d'autres chansons rapportant l'importance de l'hygiène ou les difficultés rencontrées par le professeur pour atteindre le village et son opiniâtreté car: "l'éducation c'est important!". Nous renchérissons donc avec "Aaaa-ram-sam-sam" et tant d'autres... Jamais ce procédé n'a aussi bien marché: les enfants rient, en redemandent et les adultes ont l'air de s'amuser tout autant. Bientôt, la conversation s'engage vraiment et nous sommes ravis par leur curiosité (que nous leur rendons bien!). Ainsi, ils veulent savoir quel est le climat en Belgique, frissonnent à notre réponse, demandent ce que l'on y cultive, si on y trouve des buffles d’eau, comment y vit-on, comment se déroulent un mariage, un enterrement, comment nous nous répartissons l'éducation des enfants, les tâches de travail, combien d'enfants nous avons et pourquoi si peu... De notre côté, nous apprenons qu'ils ont une bonne dizaine d'enfants par couple, car ils n'utilisent pas de moyens de contraception: dans leur esprit, tout dépend de la santé de la femme. En revanche, tant les hommes que les femmes s’impliquent dans l'éducation des enfants, qu’ils emmènent "sur leur lieu de travail", c'est-à-dire aux champs, qu’ils cultivent avec les petits accrochés sur leurs dos. Quand ils grandissent, les enfants vont à l'école primaire du village, puis, les plus chanceux iront à l’école secondaire, dans une bourgade atteignable grâce à une nouvelle piste. Le chef du village, quant à lui, est réélu tous les deux ou trois ans et ce sans limite, tant qu'il reste un bon chef. Chris s'intéresse aux "challenges" d'une telle responsabilité et le chef lui répond qu'il s'agit principalement de maximiser le bien-être de la communauté par la gestion des investissements et les revenus du village. Par exemple, il collecte l'argent généré par la venue des étrangers et il utilise ces revenus pour acheter des porcs, des poulets ou des buffles pour les villageois. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu a peu, l'enfilade de petits bols fumants s'organise, comme la veille, et tous se rassemblent pour le repas. Il y a à nouveau un monde fou. Selon l'habitude, nous mangeons assis par terre, avec les doigts. Oeufs, riz collant, concombres. Tout un festin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le repas, arrivent encore d'autres villageois, car la fête se prépare : le "barde" local s'assied au milieu du cercle et l'on sort les deux instruments de musique vus la veille. Le plus vieil homme du village s'assied aux côtés du chanteur. Il rayonne de joie et nous dit être si heureux de notre présence! Ce soir-là, nous vivons des moments précieux, où les chansons s'improvisent sur des airs anciens, où les rires fusent, où l'on frappe joyeusement dans les mains (après avoir demandé la permission à l'esprit de la maison, bien sûr), où les Katangs dansent lorsque nous chantons pour eux. Leur enthousiasme et leur amitié nous vont droit au coeur. Si nous ne nous comprenons pas, nos regards communiquent, nos sourires disent notre gratitude et nos éclats de rire clament haut le bonheur d'être là, tous ensemble. Nous ressentons là une communion exceptionnelle. &lt;br /&gt;Avec les Katangs, nous atteignons un niveau de communication, d'échange, et de découverte mutuelle dont, jusqu'alors, nous n'avions que rêvé. Une expérience de paix, de rencontre, une expérience humaine réellement émouvante. À cet instant, nous réalisons que nous avons trouvé ce que nous cherchions dans ce voyage : la possibilité d'établir un lien intense avec des gens si différents, si lointains de nous et de notre mode de vie. &lt;br /&gt;Avant d’aller dormir, nous fredonnons la chanson improvisée sur un air katang  au cours de la soirée:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-au Pays des Ka-ta-ang, &lt;br /&gt;Chris et Marianne sont arrivééés...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-au Pays des Ka-ta-ang, &lt;br /&gt;Chris et Marianne sont accueuilliiis...&lt;br /&gt;Avec humour et modestiiie, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-au Pays des Ka-ta-ang, &lt;br /&gt;Chris et Marianne se sentent chez eux...&lt;br /&gt;Et pour qu'ils restent il faudrait peu...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, nous nous réveillons avec les poules, bien sûr : c'est l'occasion de se balader une dernière fois dans le village avant de reprendre la route.&lt;br /&gt;Dans la maison de notre hôte, la grand-mère relève l'étamine blanche qui recouvre le grand plat rond en osier où grouillent des centaines de gros vers à soie : il est temps de les nourrir. Comme trois fois par jour, elle les recouvre de feuilles de mûrier récoltées dans la forêt. En deux mois à peine, ces voraces sont déjà devenus énormes. &lt;br /&gt;Dehors, un homme construit un abris pour ses poulets. Un tout petit garçon, qui a peut-être quatre ans, mâchonne du riz, qu'il recrache ensuite sur une planche en bois, afin de nourrir deux chiots qui se jettent goulûment sur cette pâte prémâchée. Attendrissant. Plus loin, une vieille carcasse d'obus, coupée en deux, fait maintenant office de bac à fleurs. &lt;br /&gt;Avant de partir, nous sommes invités dans la maison du chanteur public: il a un nouveau tracteur (sorte de petit moteur sur deux roues) qui doit être fêté et protégé par un Baasii. Il est six heures du matin et les hommes du village sont déjà là-haut, où l'on apporte le riz, le poulet bouilli, les fils de coton et quantité de lao-lao dans de vieilles bouteilles de Pepsi. On se salue, on se prend les mains, on se rappelle la soirée de la veille, à grandes tapes dans le dos! Avant que la cérémonie proprement dite ne commence, Moonhang nous annonce que, cette nuit, le chanteur est devenu papa pour la sixième fois. Nous le félicitons - bien qu'il ne semble pas plus ému que cela – et allons voir le bébé, couché dans le piloti-cuisine, à côté de sa mère; soigneusement emmitouflé dans une couverture dont seul dépasse son petit minois, il fait des bulles. La mère, elle, est déjà assise auprès du feu, comme si de rien n'était. Dans cette maison, nous rencontrons aussi Yuko, une anthropologue Japonaise qui vit dans ce village depuis quatre mois. Grande et mince, elle ne se fond pas vraiment dans le décor, avec sa peau très blanche et ses douces manières, mais les Katangs semblent l’avoir adoptée. Elle nous confie qu’il n’est pas facile tous les jours de vivre dans de telles conditions d’hygiène et d’intimité. Yuko explique en outre que les femmes katang n'ont pas le droit d'accoucher dans les maisons. Le moment venu, elles sortent donc pour mettre au monde en pleine nature, le plus souvent en pleine forêt. Hier soir, Yuko a vu celle-ci s'éloigner du village pour trouver un endroit propice. Respect... Nous quittons bientôt l'accouchée en lui souhaitant bonne santé et longue vie pour son enfant, sa première fille.&lt;br /&gt;Le Baasii pour le tracteur commence. Entre nous, nous sommes étonnés de ce que les Katangs fassent une célébration pour un nouveau tracteur et pas pour un nouveau-né. La rudesse des conditions de vie et le haut taux de mortalité expliquent-ils cela? Ou bien serait-ce lié à la totale nouveauté du tracteur pour ce village? Le Baasii est l'occasion de boire ce lao-lao ultra-fort et certains sont déjà fort embrumés. Ce tord-boyaux nous brûle l'estomac avant même le petit-déjeuner. La cérémonie ressemble à notre premier Baasii, dans les grandes lignes.  À nouveau, ils nous impliquent et nous souhaitent longue vie, bon voyage, alors que le plus vieux d'entre eux demande aux esprits de nous protéger dans notre périple. Après la cérémonie, avec un autre vieil homme, ils essayent tous les deux nos lunettes, fascinés, excités comme des puces, lorsqu'ils découvrent qu'elles leur permettent de voir à nouveau comme au temps de leur jeunesse. &lt;br /&gt;Le plus vieux nous a pris d'amitié... Avant, nous confie-t-il, il avait peur des falangs, qui venaient pour faire la guerre. Maintenant, ajoute-t-il, quand il nous voit, il n'a plus peur. Il nous dit à plusieurs reprises à quel point il est heureux que nous soyons là.&lt;br /&gt;Un autre encore nous invite chez lui pour partager lao-lao et poulet bouilli... Bonjour la migraine! Mais nous ne regrettons pour rien au monde. La confiance et l'amitié de ces gens sont extraordinaires. &lt;br /&gt;Il faut bien repartir... mais ce village et ses habitants nous ont offert bien plus que le gîte et le couvert. Un peu de nous restera là-bas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une heure de marche environ, le guide - qui, cette fois, est le chef du village en personne - s'arrête dans une verte clairière, un ancien champ en friche. Maintenant, les Katangs n'y cultivent plus, car l'endroit est sacré. Pourtant, il n'en fut pas toujours ainsi. Il y a longtemps, deux hommes travaillaient dans ce champ. En labourant, l'un d'eux déterra une jarre pleine d'argent. Voulant garder ce trésor pour lui tout seul, il le recouvrit de sa chemise. Sur le chemin du retour au village, il prétexta avoir oublié sa chemise pour retourner seul au champ. Là, surprise: la jarre avait disparu, enfoncée dans le sol. Depuis, tous ceux qui tentèrent de récupérer ce trésor enfoui furent punis: l'un devint fou et croyait nager dans le vent; d'autres rencontrèrent des serpents ou attrapèrent de mystérieuses maladies... les Katangs sont convaincus qu'un esprit garde jalousement ce trésor et, sagement, préfèrent ne plus cultiver cet endroit. De multiples légendes nous sont contées par le chef, ce jour-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir encore longé de vieilles tranchées Viet Cong reconquises par la jungle, nous arrivons sur les rives de sable fin de la magnifique rivière Xe Bang Hiang, large, imposante et d’un vert profond comme la luxuriante végétation qui la borde. Nous essayons de ne pas penser aux alligators et embarquons sur une frêle pirogue, vers la fin de notre périple. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la fin des quatre heures de retour en sawngthaew, ce n’est pas la poussière qui fait briller les yeux de Thip et nous ne pouvons nous séparer sans émotion. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme vous avez pu lire, ce trek chez les Katangs nous a marqués ! Quelle expérience humaine intense, quel partage…&lt;br /&gt;Pour les Katangs, tous en cœur : « Tchop tchop tchop !! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À très bientôt pour les aventures cambodgiennes, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-114217390592124987?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/114217390592124987/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=114217390592124987' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/114217390592124987'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/114217390592124987'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2006/03/tchop-tchop-tchop-pour-les-katangs.html' title='Tchop tchop tchop pour les Katangs!'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-113754336831076211</id><published>2006-01-18T01:12:00.000+01:00</published><updated>2006-01-18T01:16:08.850+01:00</updated><title type='text'>Hanoi - Vientiane - Luang Prabang - Vientiane - Savannakhet - Pakse - Kiet Ngong - Champassak - Pakse - Don Det - Pakse</title><content type='html'>Sabaidii!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant vous avouer d'emblee que nous avons adore le Laos et ses habitants. Un sens de l'accueil exceptionnel et des sourires omnipresents - malgre une pauvrete certaine - , un gout prononce pour les petits plaisirs de la vie, ainsi qu'une ambiance hyper-detendue: autant d'elements qui rendent ce pays vraiment agreable a vivre. Le Laos, c'est toute une philosophie, issue du Bouddhisme Theravada. Les Francais de l'Indochine l'avaient deja compris, lorsqu'ils assuraient que: "Les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laos l'ecoutent pousser". Durant trois semaines, nous avons donc ecoute la barbe de Chris pousser et notre rythme cardiaque s'est ralenti au fur et a mesure que nous descendions vers le Sud.&lt;br /&gt;Apres une boucle vers Luang Prabang, l'ancienne capitale du Royaume du Million d'Elephants, nous nous sommes rendus a Savannakhet, d'ou nous avons entrepris un memorable trek de plusieurs jours au pays des Katangs (que nous vous conterons dans une lettre a part, vu la densite de l'experience!). Ensuite, nos pas nous ont menes jusqu'a Pakse, camp de base pour diverses excursions vers Kiet Ngong, ou les elephants sont encore associes au travail quotidien, puis vers Wat Phu Champassak, mysterieux temple pre-angkorien, et vers les 4000 iles au beau milieu du Mekong, a la frontiere lao-cambodgienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Demi-lune a Luang Prabang:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;De Luang Prabang, avec ses cabanes de bois sur pilotis et ses maisons aux arcades et aux balcons coloniaux, perdues dans une vegetation de bananiers et de bougainvilliers, se degage une paisible atmosphere de serenite intemporelle. Les ruelles etroites ou jouent les enfants, le marche, les echoppes, le peu de voitures: tout ici temoigne de la nonchalance tranquille du Laos. De nombreux wats (temples bouddhistes) parsement l'ancienne capitale bordee par le Mekong. Batis et decores tout en finesse, ils semblent tendre vers le ciel, vers le Nirvana atteint par les Bouddhas qu'ils abritent et dont le sourire est si communicatif.&lt;br /&gt;Comme partout au Laos, la vie des moines, omnipresents, est ici etroitement liee a celle des habitants - il faut savoir que tout Lao est sense porter l'habit orange au moins quelques mois durant sa vie de jeune homme. Ainsi, tous les matins, a l'aube, les bonzes parcourent la ville en procession, en quete de nourriture. Quelques locaux s'agenouillent alors le long de la rue et leur presentent du riz. Cette bonne action leur assure une vie un peu meilleure apres leur mort.&lt;br /&gt;Or, une apres-midi, nous passons devant un temple, lorsque deux jeunes moines, armes d'un enorme tambour et de cymballes, entament une sourde melopee au rythme soutenu, resonnant par dela les venelles. Intrigues, nous nous renseignons aupres d'un passant, qui nous explique que nous sommes jour de demi-lune et que, comme chaque fois a cette occasion (ainsi que pour la pleine lune), a 16 heures precises, les moines invitent la population a celebrer la lune. Ce jour-la, a l'aube, ce ne sont pas quelques fideles, mais la population toute entiere qui se leve avant le soleil pour leur offrir un peu mieux que l'ordinaire... du riz avec du sucre.&lt;br /&gt;Ayant appris cela, Chris, curieux de verifier ce mythe, n'hesite pas a se lever a 5:15 le lendemain et a attendre de pied ferme des moines qui se manifesteront quasi deux heures plus tard (c'est ce qui s'appelle etre victime de la malinformation). Tout se passe tres rapidement, les ombres oranges sortent sans prevenir de la penombre d'une ruelle et avancent d'un pas decide, sans emotions, vers les fideles. Moment bref et insaisissable, moment precieux...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;A la recherche des elephants perdus:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ayant oui dire que le village de Kiet Ngong, a environ 60 km au sud-est de Pakse, abrite encore quelques elephants domestiques, nous decidons d'aller voir de plus pres ces animaux legendaires qui ont donne au Laos le surnom de "Pays du Million d'Elephants". Ce village se situe en bordure d'une reserve naturelle et aucun transport en commun ne s'y rend. Alleches par l'aventure, nous ne tardons pas a louer une mobilette. Bientot, un vent de liberte souffle sur nos visages (et nous balance pas mal de poussieres dans les yeux par ailleurs).&lt;br /&gt;Nous empruntons d'abord une route macadamisee, bordee de villages et de gens charmants avec lesquels nous echangeons signes de la main et sonores "Sabaiiidii" emportes par la vitesse (tout de suite 60 km/h...). La route est relativement recente mais pas pour autant exempte d'obstacles: ici, personne ne dispose d'un permis de conduire et chacun ignore parfaitement tout code de la route. Les animaux sont aussi de la partie: quand ce ne sont pas de lourds buffles d'eau qui font inopinement irruption sur la route, ce sont les chiens, les poulets ou les canards dandinant qu'il nous faut eviter.&lt;br /&gt;Les choses se corsent lorsque nous quittons la nationale pour emprunter la poussiereuse piste de laterite qui nous mene vers le village. Couverte de petits graviers rouges, elle s'avere traitresse, comme nous l'apprend un brusque coup de frein et un joli derapage plus ou moins incontrole. Prudence donc.&lt;br /&gt;Peu a peu, nous approchons du village lorsque, presque sorti de nulle part, un enorme elephant s'avance sur la piste en sens inverse. Nous nous arretons, meduses, pour le voir passer. Nous sommes litteralement bouches-bees. Lourd, lent, seculaire, majestueux mais aussi menacant de par son grognement qui fait vibrer nos tripes, il nous domine. Un maigre cornac a barbiche blanche et au large sourire edente est perche sur son cou; les pieds derriere les oreilles, il le dirige a l'aide de petits coups secs et precis des mollets et des talons. L'elephant quitte alors la piste, pour deplacer de massifs blocs de roche au moyen de sa trompe et de ses pieds, avec une intelligence surprenante. Nous ne pouvons detacher notre regard de ce crane gigantesque et bossele, d'ou nous fixent de petits yeux noirs, d'un air presque craintif . La fascination nous envahit face a ce principe de domestication, ou un animal de cette force est mis au travail par un petit homme maigrichon, alors qu'il pourrait facilement l'ecraser comme un vulgaire moustique...&lt;br /&gt;Plus tard, dans le village, a la recherche d'un endroit ou dormir, nous rencontrons par hasard Massimo et Ohn. Dans ce bled perdu, ou il est rare de rencontrer des touristes, Massimo, italien, ne passe pas inapercu. Son epouse est Lao et parle italien couramment elle aussi. Apres a peine quelques mots, le courant passe tres vite entre nous. Ils nous expliquent qu'ils sont en train de monter un projet d'ecolodge a la lisiere du village. A notre surprise, ils nous proposent assez rapidement de loger chez eux, au lodge, pour un "prezzo politico" vu les travaux en cours. Ravis, nous leur emboitons le pas.&lt;br /&gt;L'ecolodge est un petit bijou. Dans un cadre propice a l'observation des animaux, Massimo et Ohn ont erige une serie de superbes bungalows en bois, dont la perfection temoigne d'un certain standing. Nous sommes assez emballes par le projet.&lt;br /&gt;Le soir tombe et nos amis nous annoncent qu'ils vont partir pour un village voisin, ou se fetent les 30 ans du Pathet Lao (le Parti Communiste Lao, au pouvoir depuis la fin de la guerre du Vietnam), justement ce soir. Pour eux, il s'agit avant tout de se montrer et de faire du relationnel avec les autorites locales. Ils nous demandent si nous sommes interesses et nous sautons sur l'occasion.&lt;br /&gt;La fete ressemble a une grande fete foraine, sans les attractions: une grande plaine remplie de gens venus de tous les villages environnants pour s'amuser. Trois grandes scenes, arborant la banniere rouge "faucille et marteau" ainsi que le drapeau Lao, se partagent l'attention des badeaux. Sur la premiere, un chanteur traditionnel et des danseuses en costume a paillettes, interpretent des chants et des danses locales. Ohn, amusee, nous traduit les paroles d'une de ces chansons: elle raconte l'amour impossible d'une jeune Lao pour un falang (etranger) aux cheveux blonds. Ohn se marre parce que Chris, qui correspond au personnage, depasse tout le monde de deux tetes et est devisages par tous... Sur une autre scene, une groupe de pop-rock lao fait danser les jeunes et les moins jeunes, qui se dehanchent et pietinnent la poussiere, qui s'eleve au-dessus de leurs tetes.&lt;br /&gt;Apres avoir devalise une echoppe de sculptures en bois et avoir ete remercie a plusieurs reprises, avec effusion et godets de lao lao (alcool fort local), Massimo rencontre un responsable de la police du district, qui invite tutti quanti a manger chez lui, a deux pas de la. Il habite une grande maison en bois sur pilotis, typiquement lao, ou logent un nombre incroyable de personnes. Nous sommes desormais accoutumes a nous assoir par terre, le long d'une interminable enfilade de petits bols fumants. Les paniers contenant le riz collant et le lao lao sont bien sur au rendez-vous.&lt;br /&gt;Apres le diner, nous retournons a la fete, ou toute notre petite troupe, maintenant gonflee de la famille du policier, s'installe en bordure de la piste de danse pour boire un verre et saluer les amis. C'est l'occasion de discuter un peu avec Massimo, qui nous parle du lodge, du Laos et de ses habitants.&lt;br /&gt;Ainsi, il nous explique que son projet tente de s'integrer au maximum a son environnement, en engageant des gens du village pour la construction du lodge, par exemple. Cependant, dit Massimo, ce n'est pas evident de travailler avec eux, car ils n'ont aucune notion d'entreprise, de projet ou de long terme. Vivant au jour le jour, il n'est donc pas rare que les ouvriers ne viennent pas travailler, simplement parce qu'ils n'en ont pas envie. D'ailleurs, Massimo nous predit que ses ouvriers ne viendront pas au lodge le lendemain de la fete, alors qu'ils lui assurent le contraire... ce qui se confirmera effectivement par la suite. Eh oui, c'est ici que la mentalite du "lacher prise", chere aux Laos, et qui nous seduit tellement, pose quelques petits problemes. Massimo nous expose aussi la defiance toute lao face aux activites intellectuelles, en tout cas dans les campagnes, ou l'on a pitie des gens qui "pensent trop". Effectivement, "lacher prise" et "prise de tete" ne font pas bon menage!&lt;br /&gt;Vers minuit, nous reprenons la direction du village, a l'arriere du pick-up, plus charge que jamais de personnes et d'objets ramenes de la fete. Dans la pale clarte lunaire, une statue de femme a genoux, les mains jointes en signe de salut, semble etre l'une des notres, presque dotee d'une vie propre.&lt;br /&gt;Le lendemain, nous sommes reveilles par les premieres lueurs du jour et un soleil rouge se leve peu a peu au-dessus des brumes rosees du petit matin. Une cinquantaine de buffles d'eau paissent dans les marecages, une multitude d'aigrettes blanches perchees sur leurs dos. Dans le lointain, un elephant expose quelques instant sa silhouette massive a notre regard emerveille par la vie de l'aube.&lt;br /&gt;Apres avoir pris conge de Massimo et Ohn, nous partons pour une ballade de quelques heures a dos d'elephant, jusqu'au sommet du mont Phu Asa, ou l'on peut encore observer un etrange site encadre de monticules de pierres, au beau milieu de la jungle. Perches dans une nacelle d'osier, nous pouvons palper a loisir cette peau grise, epaisse et souple a la fois, parsemee de poils noirs et drus. Nous voici berces au rythme de la majestueuse nonchalance elephantesque. Mythique!&lt;br /&gt;Sur le chemin du retour vers Pakse, nous faisons un detour vers le temple de Wat Phu Champassak. Pour le rejoindre, il nous faut traverser le Mekong, qui atteint a cet endroit une largeur impressionnante. Nous embarquons donc sur le bac prevu a cet effet: un plancher sommaire depose en travers de trois pirogues. Voila qui evoque irresistiblement le Radeau de la Meduse! N'ecoutant que notre courage, nous poussons notre mobilette sur ce frele esquif, qui supporte deja le poid de deux 4x4 et d'un minibus.&lt;br /&gt;Le charme, voire la magie, de Wat Phu Champassak reside dans ses escaliers pris en otages par la vegetation, ces amas de pierres taillees qui gondolent au fil des siecles, ces frangipaniers majestueux, dont les racines soulevent les marches menant au temple et rendent ainsi cette ascension presque hallucinatoire.&lt;br /&gt;Au retour vers Pakse, apres la traversee du Mekong en sens inverse, la nuit tombe soudain, pour nous reveler la deficience totale de nos phares. Sacrebleu! Et comme notre klaxon est lui aussi completement asthmatique, nous nous inquietons quelque peu des conditions de notre retour: il nous reste environ trente kilometres de route, sans aucune forme d'eclairage et, au vu de la course d'obstacle que represente un tel trajet de jour, cela risque de ne pas etre "piece of cake"... Apres avoir evite de justesse un chien et deux buffles dans une obscurite presque complete ( la lune nous boude ce soir) - et, du coup, avoir pris quelques poils gris dans la barbe - , nous emboitons la roue a un velomoteur qui nous depasse, bien decides a ne pas le lacher d'un pneu et a profiter de son phare. Le trajet est epique, crispant, glacial, epuisant, mais nous arrivons finalement a Pakse, dans un etat second, les nerfs a vif,  remerciant notre bonne etoile et jurant, mais un peu tard, que l'on ne nous y reprendrait plus!!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Rock around the Christmas Tree:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;A quoi peut bien ressembler un Noel dans une contree ou le mot meme n'a pas de signification pour la grande majorite des gens, vous direz-nous. En prime time, nous vous devoilons donc les quelques ingredients de la fete de Noel que nous avons vecue, a des milliers de kilometres de la Belgique, de l'Ecosse et des Etats-Unis mais tellement proches en pensees de nos familles.&lt;br /&gt;Tout d'abord, nous sommes chanceux puisque nous denichons une petite eglise catholique a Pakse, vestige de la periode indochinoise. Dans un style franco-colonial, tres simple, entouree de palmiers, elle est, ce soir-la, toute illuminee de lampions, guirlandes et bougies. Toute la petite communaute chretienne des environs s'y rassemble afin de feter la naissance du petit Jesus. Nous nous joignons donc a eux pour une messe tres bon-enfant avec ses chants joyeux, parmi lesquels nous reconnaissons le "Douce Nuit", en Lao bien sur.&lt;br /&gt;De retour a l'hotel, tenu par un Francais, un buffet de Noel nous attend, ou la dinde trone a cote des nems, du poulet satay et du riz cantonnais. Les chanteurs laos chauffent l'ambiance et invitent bientot les convives a se lever pour danser autour du sapin! Tant qu'a faire, nous enthousiasmons la salle avec un petit rock endiable...;-)&lt;br /&gt;En fait, tout ca est un peu decale, pas vraiment anachronique (puisque nous sommes a la bonne date!), mais "anageographique"... Peu importe, le desir de se rejouir est la et nous profitons pleinement de cette soiree etrange mais franchement drole, sympa, rejouissante. Nous nous souviendrons de ce Noel presque extraterrestre au Laos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y aurait encore beaucoup a dire sur le Laos, mais le temps nous manque cruellement! Cap sur le Cambodge, avec Douglas qui nous rejoint pour deux semaines de...fooolie!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entamez bien l'annee 2006.&lt;br /&gt;Take care!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-113754336831076211?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/113754336831076211/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=113754336831076211' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/113754336831076211'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/113754336831076211'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2006/01/hanoi-vientiane-luang-prabang.html' title='Hanoi - Vientiane - Luang Prabang - Vientiane - Savannakhet - Pakse - Kiet Ngong - Champassak - Pakse - Don Det - Pakse'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-113575044433277483</id><published>2005-12-28T07:11:00.000+01:00</published><updated>2005-12-28T07:14:04.546+01:00</updated><title type='text'>Hekou - Lao Cai - Bac Ha - Hanoi - Halong - Tam Coc - Hanoi</title><content type='html'>Gooood Morning Vietnaaam!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En quatre mois en Chine, nous nous etions constitue un bon petit kit de survie, compose d'un petit vocabulaire bien huile et de reflexes culturels hautement entraines.  L'arrivee au Vietnam est d'abord une totale remise a zero: a peine passe la frontiere a Lao Cai, nous sommes d'emblee mis en difficulte devant un menu vietnamien et presque incapables de commander autre chose que du riz blanc! Heureusement pour nous, l'anglais est maitrise par un plus grand nombre de personnes qu'en Chine et, au final, le Vietnam s'avere plus confortable que prevu. L'infrastructure touristique est en fait beaucoup plus developpee ici et nous decidons d'en abuser, vu la courte duree de notre sejour. &lt;br /&gt;Voici maintenant quelques breves relatant cette traversee du Nord du Vietnam.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Flower Power:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le dimanche est jour de marche dans la petite bourgade de Bac Ha, a quelques dizaines de kilometres de la frontiere sino-vietnamienne. Etant dans les parages, nous decidons de nous y rendre afin de prendre le poul de cette region montagneuse. Rapidement, nous nous retrouvons au beau milieu d'un marche haut en couleurs. Outre les viandes et legumes habituels, nous y decouvrons, entre autres, du tabac, vendu par kilos entiers, des buffles d'eau, des porcs, ficeles comme des gigots, ou de jeunes chiots, futurs chiens de combat qui, pour l'instant, freinent des quattre pattes, terrorises. Une quantite non negligeable de produits artisanaux s'etale aussi sous nos yeux: c'est un chatoiement de cotons, de broderies, de foulards, de tissus et d'extravagantes boucles d'oreille. Ce sont toutefois les costumes des H'mongs Fleuris qui nous etourdissent veritablement. Descendus des villages environnants, ces "montagnards", commes les appellaient les Francais de l'Indochine, deferlent en masse. Les femmes, surtout, sont stupefiantes: petites, elles portent les costumes les plus colores que nous ayons vu jusqu'a ce jour. Un foulard epais sur les cheveux, de style "tartan", soit vert pomme, soit fuschia, soit bleu turquoise, le cou et les epaules recouverts d'une sorte de bavette brodee de mille lignes colorees, ainsi que de motifs a fleurs ou geometriques. Les memes dessins sont repris sur les avant-bras, de meme que sur une ample jupe plissee, qui s'arrete aux genoux. Enfin, des jambieres du meme tonneau s'enroulent autour des mollets. Un tourbillon de motifs et de couleurs, qui nous brouille presque la vue et nous oblige a nous raccrocher a leurs sourires. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Hanoi, la foisonnante:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Notre premiere sortie dans Hanoi nous emporte dans un monde a part. La circulation, tout d'abord, nous apparait comme folle: un flot de mobilettes klaxonnantes se faufile entre les pauvres pietons qui tentent en vain de traverser - meme Moise en perdrait son hebreu. Des gens partout, une agitation de ruche industrieuse, un bruit de fond permanent. Hanoi est grisante, rejouissante, affolante. Une sorte de joyeuse frenesie, enthousiaste, regne ici. Par contraste, des groupes d'habitants sont assis sur le seuil de leurs maisons ou de leurs commerces, devisant autour d'un wok ou d'une friture, paisibles, a peine perturbes par le chaos environnant. Les rues, surbondees, sont poussiereuses, asymetriques, bordees de facades qui se reclament autant de la tradition vietnamienne que de l'architecture coloniale francaise (persiennes, balcons, arches, colonnes...). Un charme certain. Et puis, partout, ces silhouettes qui font la signature du Vietnam: un chapeau conique, une ample chemise claire, un large pantalon noir, et une perche sur l'epaule, aux extremites de laquelle, en equilibre, se balancent deux plateaux d'osier, lourdement charges de denrees locales. &lt;br /&gt;Un soir, nous sommes litteralement emportes dans une maree humaine delirante, un deluge de drapeaux vietnamien, l'etoile jaune sur fond rouge. Dans la liesse generale, la circulation est completement immobilisee. Que se passe-t-il donc? Nous comprenons rapidement que l'equipe de football vietnamienne vient de gagner contre la Malaysie. Les rejouissances dureront toute la nuit! Ici, plus que partout ailleurs, le football est roi. &lt;br /&gt;Last but not least, un matin, nous retrouvons avec emotion un cafe-croissant "comme a la maison", sequelle sympathique du colonialisme francais. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mysterieuse Halong:&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Que c'est beau. Au ras de l'eau, nous penetrons dans la baie, ou s'elevent ces improbables geants de pierres et de roches. Comment rendre l'impression de petitesse, de stupeur et d'admiration ressentie au coeur d'un tel site? La baie fouette l'imagination, elle emballe, elle reveille tous les pirates de l'enfance, en meme temps qu'elle impose le silence et appelle a la contemplation pure et simple, medusee, charmee. Nous sommes heureux d'avoir vu cet endroit hors du commun, d'ou se degage une fascination tranquille, amicale, certaine. Il est possible de voir la baie d'Halong sur d'innombrables cliches, sans etre jamais prepare a sa decouverte. &lt;br /&gt;Ces moments magiques sont dignes d'etre celebres et, le soir, Fritz, un Allemand qui partage notre jonque pour la nuit, nous propose genereusement un Cohiba, dont les volutes s'elevent doucement le long des pains de sucre, vers le firmament. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un tour du monde virtuel:&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Meme si nous ne voyageons qu'en Asie, notre periple prend des allures de tour du monde, grace aux multiples rencontres effectuees en chemin. En effet, les backpackers que nous croisons nous offrent non seulement leur amitie, mais aussi une fenetre ouverte sur leurs mondes a eux. Passionnant! Un tout grand merci a vous tous et bon vent sur vos routes respectives!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Vietnam est decidement une destination riche et complexe, qui nous a d'ores et deja donne envie d'y revenir et de lui consacrer plus de temps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'heure tourne, et de plus en plus vite, semble-t-il. Nous reendossons donc nos sacs, pour prendre la direction du Laos, le pays ou, parait-il, l'on ecoute le riz pousser... Coooool (Marianne contente!).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeux Noel et une excellente annee 2006 a tous!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-113575044433277483?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/113575044433277483/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=113575044433277483' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/113575044433277483'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/113575044433277483'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/12/hekou-lao-cai-bac-ha-hanoi-halong-tam.html' title='Hekou - Lao Cai - Bac Ha - Hanoi - Halong - Tam Coc - Hanoi'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-113404467994898790</id><published>2005-12-08T13:17:00.000+01:00</published><updated>2005-12-08T13:32:06.063+01:00</updated><title type='text'>Kunming - Jinghong - Xiding - Zhanglan - Manwa - Bada - Daluo - Jinghong - Kunming - Hekou</title><content type='html'>Biu g'no!&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Avant de quitter definitivement la Chine, nous n'avons pas resiste a la tentation de faire un tour au Xishuangbanna, une region frontaliere au sud du Yunnan, entouree du Myanmar, du Laos et du Vietnam. Cette zone du Sud-Est asiatique est habitee par une cinquantaine de minorites ethniques et, rien qu'au "Banna", on en compte une douzaine. &lt;br /&gt;L'ethnie majoritaire est celle des Dais, de la famille des Thais (a ne pas confondre avec les Bais, les Tays ou les Thays!). Le dai fut longtemps utilise par les minorites du Banna pour se comprendre entre elles. Actuellement, le chinois, en tant que langue officielle enseignee dans les ecoles, a repris cette fonction essentielle de langue unificatrice. Apparemment, ce changement recent pose certains problemes, puisque, entre differents villages, les jeunes gens ne parlent plus necessairement la langue des grands-peres, qui, eux, n'ont pas appris le chinois. &lt;br /&gt;Suite a la rencontre d'Ainipa, un guide appartenant a l'ethnie Bulang, nous avons decide de consacrer quatre jours a la decouverte de sa minorite vivant dans les montagnes, de part et d'autre de la frontiere sino-birmane. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Au pays des Bulangs&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Ainipa nous propose de faire une randonnee de quatre jours pour rejoindre les differents villages isoles de la region, car ils ne sont, pour la plupart, accessibles qu'a pieds. Se joint aussi a notre expedition Dong Li, jeune guide en formation, qui, elle, appartient a l'ethnie Hani, presente elle aussi dans les environs. Nous avons tout de suite un excellent contact avec Ainipa et Dong Li, qui s'averent extremement sympathiques et joviaux! &lt;br /&gt;Depuis que nous avons traverse le Tropic du Cancer entre Kunming et le Banna, la vegetation presente un visage nouveau, de la foret sub-tropicale aeree a la jungle tropicale humide. Durant le trek, nous  nous plongeons dans un environnement parfois digne de "La Vallee des Bannis" de nos amis Spirou et Fantasio, tantot avec plaisir et curiosite, tantot avec crainte et fascination. Ici, la loi du plus fort prevaut meme pour la vegetation, qui peut s'averer franchement hostile. Regle numero un: ne jamais toucher une plante a laquelle vous n'avez pas ete presente! Le bambou geant, &lt;br /&gt;par exemple, recele un poil a gratter particulierement irritant. Certains arbres sont couverts de micro-epines, invisibles pour l'oeil non excerce, mais qui gacheraient la journee de n'importe quel randonneur inaverti. D'autres affichent ouvertement des epines grosses comme le petit doigt. Enfin, la reputation du Ficus Etrangleur n'est plus a faire: ce veritable "killer tree" etouffe progressivement sa victime vegetale pour s'en repaitre. &lt;br /&gt;Dans cette flore luxuriante, les araignees sont omnipresentes: a longueur de journee, nous nous faufilons parmi leurs innombrables toiles, gigantesques. Un exercice particulierement eprouvant pour les nerfs, il faut l'avouer. Chris reste souvent fascine par ces extraordinaires creatures, dont l'abdomen, gros comme le pouce, est generalement noir a pois rouges ou tigre de jaune. Ainipa tente de nous rassurer en nous expliquant qu'elles ne sont pas dangereuses et que, d'ailleurs, les Bulangs s'en regalent souvent en friture. Du coup, nous apprehendons quelque peu le repas du soir... Dans la jungle, les sangsues sont aussi a l'honneur, pour le plus grand degout de Marianne, qui ne peut detacher son regard de ses pieds, malgre les appels de Chris a admirer les beautes de l'enfer vert (Chris, enthousiaste: "Waaow, regarde ces lianes, tu as vu ces lianes?" ou bien: "... Incroyable! Un Bernard l'hermite dans la riviere!" - Marianne, un peu crispee: " Oui-oui, oui-oui. Tu viens?!"). Les moustiques, bien sur, sont toujours au rendez-vous, mais les serpents, pour une fois, se montrent discrets (dommage, parce que, chez les Bulangs, croiser l'un d'eux porte bonheur). La randonnee nous permet toutefois de contempler aussi de nombreuses merveilles: orchidees sauvages, oiseaux rouges vifs, jaunes ou &lt;br /&gt;verts, mantes religieuses, phasmes baton, enormes scarabees, coleopteres rouges ou jaunes, splendides papillons, de toutes couleurs et de toutes tailles... ainsi que leurs chenilles. &lt;br /&gt;A l'approche des villages, le paysage s'eclaircit et les cultures en terrasses remplacent la foret, comme autant d'escaliers vers le ciel, tailles dans la montagne. Les Bulangs y cultivent principalement du the, vert ou noir, du riz, ainsi que du mais, de la canne a sucre et du soja.  &lt;br /&gt;Le premier jour, non loin de l'un de ces villages, nous croisons un jeune moine bulang, avec qui Ainipa tente d'echanger quelques mots, non sans difficultes.  Au vu de notre etonnement, il nous explique alors que, malgre l'appartenance a une meme ethnie, chaque village possede son propre dialecte, ce qui rend la communication particulierement ardue, meme entre proches voisins. Par exemple, "bonjour" se dit "biu ma" dans le premier village ou nous avons dormi, "biu ga an" dans celui d'Ainipa et "biu g'no" dans le dernier village traverse (a repeter lors d'un diner pour faire impression sur ses voisins ;-) ). En outre, le bulang n'est pas une langue ecrite, ce qui ne facilite pas son homogeneite (le dai est encore l'ecriture &lt;br /&gt;de rigueur pour les textes religieux). &lt;br /&gt;Si la communication orale n'est pas toujours des plus aisees, les Bulangs partagent en revanche un "langage des plantes" qui leur permet d'exprimer un certain nombre de sentiments ou d'idees plus ou moins complexes. Ainsi, laisser une orchidee (c'est-a-dire la plus belle fleur a leurs yeux) sur le pas de la porte d'une jeune fille signifie qu'on lui porte un tendre sentiment. Dans le cas ou la demoiselle accepte de parler a son soupirant, elle doit accrocher la fleur a son oreille le lendemain. Cependant, lui offrir une fleur de rododhendron lui signifiera qu'elle est trop vieille (pour le mariage, en l'occurrence). Laisser sur le chemin de quelqu'un une branche de telle fougere dont les feuilles sont particulierement etroites lui signifie "tu as un petit esprit!". Tel petit arbre chetif, qui ne grandit pas beaucoup, est synonyme de paresse; alors que telle autre plante aux multiples ramifications avertit le jeune homme qu' "elle en aime un autre" (c'est-a-dire qu'elle suit d'autres voies). Les exemples abondent... Passionnant!&lt;br /&gt;Toutes les deux ou trois heures de marches, nous trouvons sur notre chemin de jolis abris destines a accueillir le voyageur harasse. Ce sont les fruits d'initiatives individuelles, car cette bonne action permettra a celui qui s'en acquitte d'obtenir un meilleur statut ou plus de chance dans une prochaine vie. De meme, aux abords des villages, certains erigent des abris miniatures afin que le dieu de passage puisse s'y reposer et, s'il s'y trouve bien, rester un peu, ce qui assurerait protection au village et a ses habitants. Ces pratiques refletent la parfaite integration des croyances animistes au Bouddhisme dans ces regions. Il s'agit ici du Bouddhisme &lt;br /&gt;Theravada, c'est-a-dire du Petit Vehicule (ou de la Petite Charette, comme dirait Marianne ;-) ), contrairement a celui que nous avons appris a connaitre en Mongolie et en Chine (Mahayana ou Grand Vehicule). Quelques temples et pagodes parsement la region, avec leurs toits caracteristiques, tendus vers le ciel comme autant de degres (ou de vies successives) vers le Nirvana.  &lt;br /&gt;Le premier soir, le village ou nous allons loger nous apparait tout a coup, au detour du sentier. A flanc de colline, au beau milieu de la foret, les maisons se pressent les unes contre les autres, perchees sur de hauts pilotis. De la ou nous sommes, leurs beaux toits de tuile ou de chaume, decores d'orchidees et solidement charpentes, nous evoquent presque une colonie de triceratops paissant dans les brumes du soir - les gros pour les maisons et les petits pour les greniers a riz. &lt;br /&gt;Nous nous faufilons entre les pilotis jusqu'a la maison de nos hotes. Dans chaque habitation, le "rez-de-chaussee" est ouvert a tous les vents et sert d'abri, la nuit, pour les porcs, les buffles d'eau et les poulets. Nous gravissons un solide escalier de bois qui mene a l'etage. Nous laissons nos chaussures a l'entree, comme le veut la coutume: ici, tout le monde se promene pieds nus, malgre des temperatures parfois fraiches le soir. L'etage se compose d'une seule et grande piece carree, toute en bois, au centre de laquelle reside le foyer: quelques buches et un trepied destine a supporter le wok familial. La piece est fort sombre, car, a notre etonnement, elle ne comporte aucune fenetre. Peu a peu, lorsque nos yeux se sont accoutumes a cette nouvelle ambiance, nous distinguons le reste du mobilier, qui se resume a deux commodes, deux petits bancs sommaires en bois et quelques ustensiles de cuisine. La suie recouvre tout le plafond: il n'y a pas de cheminee a proprement parler, mais seulement quelques rares ouvertures dans le toit. La lumiere emane donc d'une ouverture sur une terrasse adjacente, une plateforme de bambous instable, a ciel ouvert, qui fait office de "salle de bain": on y fait sa toilette (mais enroule dans un sarong, puisque tous les voisins ont vue sur la terrasse) a l'aide d'une bassine et d'une arrivee d'eau. C'est aussi l'endroit pour faire une vaisselle, etendre le linge ou papoter avec la voisine par dessus la rembarde de bambou. L'ensemble est veritablement spartiate.&lt;br /&gt;Nos hotes sont a la fois adorables et fascinants: un couple age et leur fille, pas encore mariee. Lui, edente, maigre comme un coucou, le cuir tanne par le soleil, nous sourit de toutes ses gencives et des quelques rares chicots noirs qui lui restent. Il nous regarde avec bienveillance et, lorsqu'il parle, c'est d'une voix grave et posee, un peu granuleuse. Son epouse est un peu plus ronde. Elle rit souvent, comme dans un eclat irresistible. Elle se colore les dents en noir et porte un turban de la meme couleur, qui signale son age respectable. Ses oreilles sont deformees par de lourdes boucles d'oreille et presentent un trou d'au moins un centimetre de diametre. Ses lobes sont fascinants. Elle et sa fille revetent le costume traditionnel des Bulangs, comme toutes les autres femmes croisees dans le village: une jupe droite et un cache-coeur, tous deux noirs, bordes de galons colores, brodes avec une finesse remarquable. Ces costumes sont entierement realises par leurs soins, depuis le tissage des fibres de chanvre,  jusqu'aux broderies, en passant par la teinture des tissus (cendre de bambous pour le noir et indigotier pour le bleu). &lt;br /&gt;Le maitre de maison semble etre un sage du village: il maitrise l'ecriture dai et les villageois viennent le consulter pour connaitre les dates propices a l'achat de porcs, de poulets... mais aussi pour une celebration ou pour contrer une maladie. Dans ce dernier cas, tout le monde se rassemble, on sacrifie deux poulets,  on ajoute quelques grains de riz sur la table, ainsi que de l'argent, puis un moine, qui assiste a la ceremonie, prononce des voeux de bonne chance et invoque le dieu de la maison pour la protection de ses occupants (autre exemple de l'integration de l'animisme au bouddhisme). &lt;br /&gt;Le soir, quand la nuit tombe, ils allument des bougies et l'on se rassemble autour du feu pour rire et papoter. Ils posent des questions sur la vie des fermiers chez nous. Ils semblent incredules quand nous leur expliquons la specialisation en secteurs de production, alors que, eux, doivent couvrir tous leurs besoins. La conversation porte sur leurs activites agricoles, puis ils nous expliquent comment se repartissent les roles dans la famille: les taches agricoles sont generalement partagees dans le couple. Pour ce qui est de la maison, la femme s'occupe principalement de la cuisine et du menage au quotidien. L'homme, quant a lui, est charge de recevoir les invites et de faire la conversation. Il cuisine toutefois les jours de fete et pour des hotes de marque. &lt;br /&gt;Ainipa et Dong Li nous preparent un succulent diner, au moyen d'un seul wok. Porc et navets, porc et oignons, porc et pommes de terres, petites boules vertes et ameres, ramassees en route et, bien sur, le riz: autant de petits bols fumant sur la table en osier, autour de laquelle nous nous rassemblons pour partager le repas. Ils s'emerveillent de ce que nous mangeons sans faire de bruit (merci Mamaaan!)...&lt;br /&gt;La nuit, serres les uns contre les autres sur une large paillasse, nous entendons distinctement - et non sans une certaine apprehension - les rats courir sur le plancher. S'ajoutent les grognements de porcs qui s'activent juste en dessous de nous. Plus tard, Chris se reveille en sursaut, les orteils mordilles par un rat temeraire. Dong Li nous racontera plus tard que l'un d'eux s'est meme emmele dans ses longs cheveux!&lt;br /&gt;Le lendemain matin, ce sont tous les coqs du village qui nous reveillent dans un concert assourdissant (dont certains n'ont apparemment pas compris qu'ils etaient censes chanter au lever du soleil et pas deux heures avant!). &lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;&lt; Attention, la sequence suivante est deconseillee aux ames sensibles &gt;&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Dans la foulee et encore un peu groggy, Chris se leve et s'ecarte du village, pour s'enfoncer dans les brumes matinales. En effet, les Bulangs ne disposent pas de toilettes chez eux et sont plus inspires par la foret que par la feuillee. La promenade dans cet environnement enchanteur s'avere plutot agreable. La solitude et le calme de l'aube s'annoncent propices. Cependant, apres quelques pas dans la foret, Chris a la ferme impression d'etre suivi par quelqu'un. Il se retourne donc, pour s'apercevoir qu'un enorme porc, au poil dru et noir, le fixe de son groin obstine. A cette vue, soulage, il poursuit son chemin a la recherche de l'endroit ideal. Pourtant, il lui faut bientot se rendre a l'evidence: l'animal le suit a la trace. Ne se laissant pas demonter pour si peu, Chris choisit de passer a l'offensive et de le pourchasser a coups de cailloux. Enfin un peu de repis. Lorsque Chris se releve, devinez qui est revenu aux premieres loges... C'est bien lui, c'est bien son air placide, ses petits yeux bigleux et son groin expressif. Il suffit alors que Chris s'ecarte de quelques pas pour que l'animal engloutisse gouluement le fruit de ses efforts. Beeerk! Tout s'eclaire: la poursuite etait bel et bien premeditee et voici pourquoi les sous-bois environnants sont si propres! Bref, la chaine alimentaire dans toute sa splendeur, qui, generalement, fascine, mais qui, aujourd'hui, degoute! &lt;br /&gt;Durant cette seconde journee de marche, nous profitons des haltes pour discuter avec Ainipa et Dong Li des moeurs et coutumes bulangs, mais aussi des nouveaux doutes et questionnements des jeunes originaires de ces villages: beaucoup d'entre eux ne veulent plus travailler a la campagne, ou les conditions de vie sont particulierement rudes et dependantes du climat. La ville attire par son confort, mais aussi par la variete de son offre au quotidien. Les villages se vident donc progressivement de leurs jeunes, qui preferent tenter leur chance en ville - ou ils vivent de toute facon des les secondaires, puisque ce type d'enseignement ne se trouve pas dans les campagnes. Par ailleurs, nombre de jeunes Bulangs passent clandestinement en Thailande, qui offre de nombreuses opportunites d'emploi et des salaires plus eleves. Rares sont ceux qui reviennent un jour au village. Ainipa, lui, voudrait devenir guide-chauffeur, alors que Dong Li voudrait ouvrir un restaurant ou une guesthouse dans une grande ville comme Shanghai ou Beijing.&lt;br /&gt;Le soir meme, nous sommes accueillis a bras ouverts dans la famille d'Ainipa. Son retour est comme une fete, et nombreux sont les voisins qui passent ce soir-la pour le voir, ainsi que les nouveaux venus. Deux jeunes moines, des meres avec leurs petits (Ainipa a ramene des vetements de la ville pour les petites filles), mais surtout, ce sont les grand-meres, toutes en costume bulang, qui se relayent au coin du feu pour nous pincer les joues. Pour l'une d'entre elles, nous sommes ses premiers "laowais" (etrangers blancs). C'est quelque chose, tout de meme...&lt;br /&gt;La grand-mere maternelle d'Ainipa s'eprend de nous parce qu'elle a l'impression que nous nous aimons beaucoup (quelle drole d'idee! ;-)) - ce qui est plus rare chez eux, puisque la majorite des mariages sont arranges.  Le baiju (alcool local dont l'effet socialisant fut deja conte a propos de l'Emei Shan) et les joints aidant, elle impose a chacun de nous un massage des plus vigoureux, avant de nous prier de nous resservir au moins trois fois de chaque plat et de nous mettre au lit de force, afin que nous prenions un repos bien merite. Sacre personnage! &lt;br /&gt;Le troisieme jour, une etape plus facile etait prevue au programme, mais le sort en decide autrement, puisqu'une pluie diluvienne s'abat sur nous une grande partie de la journee, transformant les etroits sentiers en ruisseaux, en profonds bourbiers ou en veritables patinoires. Les buffles d'eau, parfaitement a l'aise dans ces conditions, nous narguent de leurs sourires beats. Le jeu en vaut pourtant la chandelle, car nous arrivons bientot dans un cadre charmant. Au beau milieu d'un ecrin de verdure tropicale, se love un etang couvert de lotus en fleurs. En son centre, se trouve une petite ile, ou se dresse une fine pagode doree, entouree de buissons de fleurs rouges. La legende bulang raconte que, il y a bien longtemps, un village s'etendait a cet endroit. Un jour, les villageois pourchasserent et tuerent un daim dore. Tous participerent a la chasse, ainsi qu'au banquet qui s'en suivit, sauf une femme et sa fille. Le lendemain matin, le village avait disparu sous les eaux, inonde, a l'exception de... la maison de ces deux misericordieuses. Depuis, sur le lieu de leur habitation, se dresse la belle pagode. L'etang est, parait-il, tres poissonneux, mais, a chaque fois qu'un Bulang y peche un poisson, il doit le presenter au temple bouddhiste. Les poissons seraient-ils les anciens villageois qui avaient sacrifie le daim dore? Nous aimons l'imaginer...&lt;br /&gt;Ce dernier soir, les sourires et la generosite de nos hotes nous ravissent, une fois de plus. Leur maison est ouverte a tous, en toute simplicite. Les Bulangs nous auront donne une belle lecon de disponibilite. &lt;br /&gt;Le quatrieme et dernier jour, ce fabuleux trek touche a sa fin, alors que nous longeons une crete qui nous offre une vue plongeante sur le Myanmar voisin, nous laissant reveurs...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voila, nous avons succombe a l'envie de vous raconter notre derniere aventure chinoise... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci a vous tous qui nous laissez des commentaires, car nous avons a nouveau acces a notre blog et c'est un vrai plaisir de vous lire!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A peluche,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ringo et Moise&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-113404467994898790?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/113404467994898790/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=113404467994898790' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/113404467994898790'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/113404467994898790'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/12/kunming-jinghong-xiding-zhanglan-manwa.html' title='Kunming - Jinghong - Xiding - Zhanglan - Manwa - Bada - Daluo - Jinghong - Kunming - Hekou'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-113196384339749356</id><published>2005-11-14T11:01:00.000+01:00</published><updated>2005-11-14T11:24:04.393+01:00</updated><title type='text'>Kangding - Tagong - Litang - Xiangcheng - Zhongdian - Qiaotou - Haba - Baishuitai - Lijiang - Dali - Kunming</title><content type='html'>Tashi dele!&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Fin octobre, nous avons passe le cap du half-time, qui fut bien sur celebre dignement! Le temps s'est envole et nous etions tellement absorbes par nos peregrinations que nous ne l'avons pas vu passer. Ces dernieres semaines, nous avons poursuivi notre route vers l'ouest, dans la province tibetaine du Kham, jusqu'a Litang, ou nous avons bifurque plein sud pour rejoindre le Yunnan et ses nombreuses minorites ethniques.  &lt;br /&gt;Les randonnees furent mises a l'honneur, que ce soit dans les prairies de Tagong (altitude: 3700 m), ou nous avons croise des troupeaux de yacks impassibles et fixe les aigles dans le blanc des yeux, avant de rejoindre un petit village tibetain adosse aux pieds de la majestueuse montagne Yara, ou bien a Litang (altitude 4680 m), ou nous avons eu le souffle coupe, dans tous les sens du terme, en nous balladant dans cette petite ville du bout du monde. Plus loin, depuis les corniches des Gorges du Saut du Tigre, nous avons observe les bouillonnements du Yangzi, contraint entre deux mastodontes de plus de 5000 m d'altitude, avant d'evoluer dans la vallee de Haba, couverte de cannabis et peuplee de minorites Naxi, Yi et Hui, aux larges sourires. Nos pas nous ont menes jusqu'a Baishuitai et ses terrasses calcaires, avant de redescendre vers Lijiang. De la, nous sommes sortis des sentiers battus pour rejoindre le lac Wenhai, paradis ecologique perdu en contrebas de la montagne du Dragon de Jade. Enfin, dans les alentours de Dali, nous avons pris un malin plaisir a quitter la ville et a nous perdre dans les villages, leurs marches, et les campagnes qui bordent le lac de l'Oreille. &lt;br /&gt;Toutes ces randonnees nous ont ravis, mais seraient trop longues a raconter ici. Cette fois, nous preferons donc vous livrer une serie de breves et de moments insolites qui ont ponctue notre quotidien. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Anaconda ou la puissance de l'imagination:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A plusieurs reprises, aucours de ce voyage, nous avons pris le bus en compagnie d'animaux de tous poils/plumes. Ce jour-la, nous quittons l'Emei Shan pour nous rendre a Kangding, lorsqu'un homme jette dans l'allee du bus un gros sac de jute blanc. Au bout de quelques minutes, nous nous rendons compte que son contenu fretille et serpente etrangement. A cette vue, le sang de Marianne se glace instantanement et elle ne peut s'empecher de penser a cette vipere brune evitee de justesse la veille, ainsi qu'a tous ces serpents grilles que l'on peut deguster sur brochette dans les marches. C'est evident, ce sac ne peut qu'etre rempli de vindicatifs reptiles au venin foudroyant. Marianne ramene prudemment ses pieds sur son siege, a l'idee de ce qui pourrait arriver si le sac se dechirait. D'autant plus qu'a chaque arret, les passagers pietinent le sac en montant et en descendant du bus, semant la panique et l'agitation parmi ses occupants. Soudain, c'est l'horreur! Ce que Marianne craignait arrive: le sac finit par ceder et une des betes s'en echappe! Marianne ferme les yeux et serre les dents... Le drame se denoue enfin quand Chris lui annonce que le terrible monstre n'est qu'une pauvre petite anguille. Vive l'imagination! &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Black Tent:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A la fin d'une randonnee dans les prairies de Tagong, nous sommes interpelles par un nomade tibetain, alors que nous passons non loin de sa tente. Celle-ci se distingue de la ger mongole par sa couleur - noire - et par sa forme - rectangulaire -, arrimee par des dizaines de piquets et de tendeurs. &lt;br /&gt;Nous voici bientot dans sa tente, en compagnie de sa femme, de son fils de cinq ans et d'une douzaine de jeunes veaux. Son epouse est superbe: vetue d'une robe traditionnelle tres coloree, elle tresse des brins de laine rouge dans ses cheveux noirs, ornes de bijoux d'argent, de corail des montagnes et de corne. &lt;br /&gt;Habitues aux tentes mongoles, nous constatons avec surprise le depouillement de cette habitation: pas de poele, un sol d'herbes pietinees. La tente ne comporte qu'une paillasse, quelques couvertures et des selles soigneusement rangees en ligne. Nous passons un excellent moment en leur compagnie, a rire et jouer avec le manneke, qui sort son plus beau veston (d'aviateur miniature) pour se faire photographier. Nous sommes ravis par un bol de lait frais et par leurs magnifiques sourires, avant de les quitter en leur laissant une photo, quelques biscuits et toute notre amitie. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Litang, carrefour ethnique:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Nous nous postons a un carrefour de Litang, petite ville de l'Ancient Tibet, adosses a un panneau de signalisation. Pour une fois, nous ne marchons pas et restons immobiles. La ville et ses habitants nous apparaissent alors sous un jour nouveau.  Nous nous fondons dans le paysage (dans la mesure du possible ;-) ) et voyons passer toute la diversite de Litang: les femmes Han (ethnie majoritaire en Chine) en  jeans moulant et hauts talons, les moines drapes de rouges et singulierement casques de jaune, les femmes tibetaines, colorees, bijoutees, aux coiffures extraordinaires, ainsi que les hommes tibetains, avec leurs bonnets ou leurs magnifiques chapeaux doubles de renard (un peu a la Davy Crockett, mais version haut de forme). Ils portent souvent de grosses lunettes de soleil carrees, qui les font etrangement ressembler a la caricature de Marcel Gotlib! L'un d'eux, en particulier, porte le grand manteau brun-rouge, double de peau de mouton, avec lunettes, dents en or et somptueuse coiffe de renard, retenue par deux rubans, rose fuschia et vert vif. Il s'arrete pour nous observer, nous parler et complimenter la barbe de Chris... Quel plaisir quand la curiosite est partagee! &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le Grand Blanc:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Nous rencontrons a Litang un Polonais qui voyage depuis sept ans sans etre jamais rentre chez lui. Ce baroudeur, sorte de "Grand Blanc" des backpackers, a fait plusieurs fois le tour du monde et a meme pris le loisir de retourner aux endroits qui lui avaient particulierement plu. En cours de route, il est devenu photographe et il a pris l'habitude de toujours s'habiller a la maniere des locaux, pour se meler a eux avec plus d'aisance. En l'occurrence, ce jour-la, il porte le long manteau des nomades tibetains. Mais est-il reellement passe partout? Presque... quelques irreductibles resistent encore. Par exemple, Madagascar manque a son palmares et nous nous faisons une joie de lui decrire les beautes de ce pays. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;"Is there anybody out there?"&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A Xiangcheng, nous visitons la lamaserie qui surplombe la ville, accrochee a flanc de montagne. Apres avoir passe l'entree, gardee par un elephant blanc, un tigre et un lion, nous penetrons dans une vaste cour pavee, que seul semble habiter le carillon de quelques cloches balottees dans le vent. Le temple principal est aussi solennel que vide (si ce n'est un Bouddha qui ressemble etrangement a Mister Bean), et nous nous demandons ou peuvent bien etre les nombreux moines censes peupler cet endroit. &lt;br /&gt;Nous en profitons pour ceder a la tentation de gravir les escaliers derobes qui s'offrent a nous. Peu a peu, de pieces en chambres, nous parcourons ce dedale ou ne s'entendent que le bruit de nos pas et les craquements des marches sous nos bottines. "Is there anybody out there?" Nous nous surprenons a chuchoter comme des enfants dans un chateau hante. Soudain, au detour d'une echelle, nous voici sur les toits du temple, surpris et eblouis par la lumiere. Une vue epoustouflante s'offre a nous, sur toute la vallee et les montagnes environnantes. &lt;br /&gt;Une fois nos yeux rassasies, nous reprenons le chemin inverse, toujours a pas feutres, en se donnant des petits coups de coude et en riant sous cape. Retour en enfance garanti! &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Vive les maries!&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Toujours a Xiangcheng, en passant devant le plus bel hotel du coin, nous avisons une foule de badeaux et nous joignons a eux, pour apercevoir deux familles formant une haie d'honneur devant la porte principale, pour encadrer deux jeunes maries. Nous les reconnaissons immediatement aux echarpes blanches qu'ils portent autour du cou. La mariee, coiffee et maquillee, porte une longue robe rouge bouffante. Sa physionomie, ainsi que celle de sa famille, et la couleur de sa robe, indiquent qu'elle est Han. Nous nous rejouissons alors de constater que son mari est, lui, Tibetain. La haie d'honneur est donc tibetaine a gauche, han a droite! Gardons a l'esprit l'image et l'espoir de cette alliance. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Maestro, music!&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Notre musique nous manque! Nous nous surprenons souvent a fredonner un petit air bien de chez nous. Pourtant, meme si de temps a autres, nous envions les backpackers armes d'Ipod et d'autres lecteurs MP3, nous ne regrettons pas cet oubli volontaire, parce qu'il nous permet d'etre plus a l'ecoute, que ce soit par rapport aux prieres bouddhiques des uns, aux chants traditionnels des autres, aux seances de karaoke dans les bus (meme si ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus melodieux!), aux discussions a batons rompus, aux disputes, aux rires... Autant d'elements qui composent tout un paysage sonore. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Aux premieres loges:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le jour-meme ou nous levons nos verres en l'honneur du half-time, nous nous retrouvons assis a la meme table qu'un jeune couple de Britanniques chuchotants. Peu a peu, nous nous rendons compte, bien malgre nous, que nous sommes en train d'assister a une demande en mariage des plus rejouissantes. Que d'emotions a l'autre bout de la table... qui nous replongent dans nos souvenirs de veterans ;-). En secret, souhaitons leur beaucoup de bonheur (pas sur qu'ils auraient apprecie qu'on leur fasse une grande claque dans le dos!). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le comble du backpacker frigorifie:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Ce dernier mois, l'altitude nous a soumis a des temperatures franchement fraiches! Considerant que, ni les chambres ni les douches (quand il y en a), ne sont chauffees, et que, par souci d'accueil, les portes des restos et autres bouibouis restent systematiquement ouvertes, vous pouvez imaginer notre joie a la decouverte d'une douche chauffee par panneaux solaires dans la vallee d'Haba (Gimme gimme gimme a man after midnight...). Apres une belle apres-midi ensoleillee, Chris ouvre donc le bal et se dirige en sifflotant vers l'objet de sa convoitise. Toutidoutidouuu... Au bout de quelques minutes, Marianne le revoit apparaitre, rouge comme un homard et couvert de savon: manifestement, cet homme s'agite et reclame une bassine d'eau froide! En fait, la douche est si brulante qu'il est impossible de rester dessous... O frustration sans limite!  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le petit monde de Miss Yang:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A Haba (Money money money, must be funny...), nous logeons dans une famille Naxi (prononcer Nachi), sous la houlette de Miss Yang. 37 ans et un caractere bien trempe, Miss Yang est un vrai tresor de bonne humeur, d'informations et d'initiatives: avec elle, nous apprenons la recette des natas (boulettes de fromage fris) et partons battre la campagne des environs pour rejoindre un village Yi, ou habite une famille amie. En chemin, elle interrompt regulierement la marche pour scruter la montagne enneigee d'Haba au moyen de nos jumelles: "Younger brother" est guide de montagne et s'y trouve depuis quelques jours deja. Nous partageons son enthousiasme lorsqu'elle nous indique trois petits points qui progressent la-haut, a une centaine de metres du sommet (5400 m). &lt;br /&gt;Une fois chez les Yi, dans la famille Sha, nous voici accueillis a bras ouverts et presses de rester pour le dejeuner. La maison est construite en rondins de bois, et l'interieur, rudimentaire, est totalement noirci par la suie des feux successifs. Cette ambiance sombre, ou filtrent quelques rayons de soleil, contraste avec les joyeux vetements feminins: de longs jupons plisses, a larges bandes horizontales multicolores, ou dominent le rose, le jaune et le vert. La mere porte le signe distinctif des femmes mariees: une grande coiffe carree de velour noir, bordee d'un superbe galon vert. Dans un joyeux bavardage, nous partageons un repas de pommes de terre roties au feu (sans alu', bien sur), de pain et de crepes ameres, sur lesquelles les Yi tartinent un peu de sucre. Coup de coeur pour le petit monde de Miss Yang. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La Bruges de Chine:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Nous avons ete charmes par la vieille ville de Lijiang, ses ruelles pavees, ses canaux et ses petits ponts de pierre: tout un labyrinthe ou nous avons aime nous perdre avec application...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Keith Haring inspire par les Naxi? Une enquete de Christopher Holmes et Marianne Watson:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le langage ecrit de la minorite Naxi (etablie a Lijiang), s'avere etre le dernier langage a base de hieroglyphes encore utilise de nos jours. Alertes comme nous le sommes (c'etait l'apres-midi), nous avons immediatement ete frappes par la similitude entre les pictogrammes naxi et les oeuvres de Keith Haring: une ligne pure, expressive, dynamique. Existe-t-il un lien quelconque ou est-ce simple affabulation de notre part? A suivre... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Treve de breves, pour le moment, nous faisons le plein d'energie a Kunming, avant de repartir vers le Vietnam... Apres quatre mois, ca va etre dur de quitter la Chine! Ce fut Fei Chang Hao!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kenavo les poteaux!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-113196384339749356?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/113196384339749356/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=113196384339749356' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/113196384339749356'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/113196384339749356'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/11/kangding-tagong-litang-xiangcheng.html' title='Kangding - Tagong - Litang - Xiangcheng - Zhongdian - Qiaotou - Haba - Baishuitai - Lijiang - Dali - Kunming'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-112938576397567892</id><published>2005-10-15T16:13:00.000+02:00</published><updated>2005-10-15T16:16:04.053+02:00</updated><title type='text'>Dunhuang - Lanzhou - Xiahe - Langmusi - Jiuzhaigou - Huanglong - Songpan - Chengdu - Leshan - Emei Shan</title><content type='html'>Tcho demo!&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Suite a un long voyage depuis Dunhuang, nous avons rejoint les terres de l'Amdo, dans l'Ancien Tibet: du sud du Gansu au nord du Sichuan, nous avons vecu parmi les Tibetains, les nomades Goloks et les moines lamaistes... et appris les rudiments d'une nouvelle langue, une de plus! En descendant progressivement plein sud, nous avons ensuite flane dans les parcs de Chengdu, joue aux liliputiens aux pieds du Bouddha de Leshan, et gravi la montagne sacree de l'Emei Shan.  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Cache-cache chez les Gelukpa:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes immediatement tombes sous le charme de Xiahe, petite ville perchee a 3000 metres, dont toute l'activite tourne autour du Labuleng Si, le second plus important monastere de la secte des Bonnets jaunes (Gelukpa), apres celui de Lhassa. Les quelques temples et les nombreuses habitations de moines forment un dedale de ruelles ou nous nous perdons a loisir des heures durant. &lt;br /&gt;Un matin, nous sommes accostes par quatre Hans de l'est de la Chine, en pelerinage ici. Comme beaucoup d'entre eux, ils nous demandent d'etre pris en photo a leurs cotes, ce que nous acceptons gaiement. Apres cette seance de pose (la routine, quoi!), ils nous surprennent en nous offrant ceremonieusement de precieuses echarpes de soie blanche, qu'ils nous passent autour du cou. Nous sommes fortement honores par ce geste, sachant que l'echarpe blanche est le plus beau cadeau que l'on puisse faire dans la tradition lamaiste. D'ailleurs, les statues des Bouddhas en sont generalement couvertes. C'est aussi le present offert aux jeunes maries tibetains en signe de benediction, comme nous en avons ete temoins plus tard, a Songpan. &lt;br /&gt;Un peu avant onze heures, les puissants cors tibetains resonnent dans la vallee, de ce son monocorde et grave qui leur est si particulier. Bientot, les moines, ainsi appeles a la priere, accourent de toutes parts, en chantant a voix haute et claire, drapes dans leurs tuniques rouges et coiffes de leurs grands bonnets jaunes. Entretemps, un vieux pelerin Golok, qui, depuis la scene de l'echarpe, nous observait en marmonnant ses prieres, nous fait signe de le suivre.  C'est ainsi que nous penetrons dans la cour interieure du temple, ou nous nous arretons net, fascines par le spectacle de centaines de moines qui, assis sur les marches menant au hall de priere, chantent a fortes voix, se balancant d'avant en arriere. Tout a coup, sur un son de trompe plus fort et plus grave, ils se levent comme un seul homme et s'engouffrent dans la penombre du temple. &lt;br /&gt;A l'interieur de ce grand hall faiblement eclaire, les moines sont assis sur de longues rangees de coussins et psalmodient de concert, sans discontinuer. Des tambours et des cloches accompagnent ces voix basses d'un rythme soutenu, entrainant, presque hypnotique. Une forte odeur d'encens nous emplit les narines. Partout, se dressent des colonnes richement decorees, alors que de longs cylindres de tissus brodes, pendent du plafond. L'atmosphere en est d'autant plus mysterieuse, intimiste, que ces parures rendent impossible la saisie immediate du lieu. Tout etourdis, nous nous asseyons quelques instants sur les marches du temple, pour digerer nos impressions: nous en avons eu plein les sens! &lt;br /&gt;Petit a petit, les moines sortent du hall de priere et l'un d'eux, nomme Lorbsang, nous interpelle, curieux de nous rencontrer et ravi de pratiquer un peu d'anglais. Les autres s'installent non loin de nous, heureux de se rechauffer dans un rayon de soleil. Soudain, Lorbsang nous quitte precipitamment pour aller se cacher derriere une colonne de la cour. Etonnes, nous nous retournons et apercevons a l'entree du hall un Bonnet jaune particulierement imposant, avec des epaules a la Darth Vador qui, tel un vautour, balaie la cour du temple de son regard severe et percant. A sa vue, les moines effrayes se sont disperses comme une volee de moineaux. Apparemment, ils sont censes circuler, mais certains preferent rester, comme Lorbsang, qui revient vers nous le sourire aux levres et le coeur battant. Ce petit manege se reproduit a plusieurs reprises pour notre plus grand plaisir... &lt;br /&gt;De fil en aiguille, nous sympatisons avec Lorbsang, qui nous invite dans sa cellule. Spartiate, mais chaleureuse, tapissee de panneaux de bois, on y trouve un poele, une paillasse, des sutras (textes de prieres) et une photo du Panchen Lama. Enthousiaste, curieux de tout, il nous apprend nos premiers mots de tibetain, alors que nous l'aidons dans son apprentissage de l'anglais. Il semble fascine par nos photos de famille, qu'il contemple longuement, en souriant. Depuis lors, a chaque fois que nous saluons un moine dans sa langue ( Tcho demo!), son visage etonne s'eclaire et il nous repond d'un ton enjoue. &lt;br /&gt;Au cours de notre sejour a Xiahe, nous revenons a maintes reprises vers le monastere, dont nous apprecions la paisible ambiance et les corneilles tibetaines dans le soleil de l'apres-midi. Ca et la, des pelerins Goloks tournent autour des temples et des stupas en murmurant leurs prieres ou en egrenant de longs chapelets. Le long des murs sacres, les tetes s'abaissent en signe de veneration et les mains font tourner les centaines de moulins a prieres peints de couleurs vives, qui entourent le monastere. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Stupa dans la brume:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Ayant eu vent de la legendaire beaute des prairies de Takkar (dans les environs de Xiahe), nous decidons de partir avec notre tente a la decouverte de cette region. Malheureusement, le bus qui dessert le village le plus proche fait defaut ce jour-la. Pas de probleme, les locaux ont deja trouve la solution: ils s'entassent dans un camion-remorque, avec marchandises, sacs de farine, provisions, meubles, etc. Nous sommes bientot coinces comme du betail, serres comme des poulets, mais ravis de pouvoir nous rapprocher un peu plus de cette magnifique population. Nous admirons la beaute de leurs traits, aux larges pommettes, aux nez droits et aux sourires francs. Les femmes portent de lourdes boucles d'oreilles, ainsi que de nombreux colliers de corail et de turquoise, et tressent leurs longs cheveux noir de geai. Elles portent aussi des bonnets de couleurs vives ou des chapeaux en feutre. Beaucoup de couleurs, a la maniere des Andins, et toujours ces epais manteaux, aux tres longues manches. Nous sommes finalement prets a partir, lorsque la police arrive et, jugeant notre equipage trop precaire (a juste titre!), fait venir un bus de la gare voisine. La longue phase de chargement reprend donc et, une fois le bus plein a craquer, nous pouvons enfin demarrer. &lt;br /&gt;De village en village, le bus progresse dans une vaste vallee, se rapprochant peu a peu du massif de Takkar: de hautes falaises granitiques, sombres et menacantes. Nous ne savons pas exactement ce qui nous attend la-bas. Ces histoires de transport nous ont pris beaucoup de temps et la journee touche presque a sa fin. Le bus s'arrete enfin dans un petit village, celui de Takkar, dont les epais murs de terre temoignent d'un passe glorieux. Nous le traversons a pied, sous le regard incredule des habitants, et nous nous engageons dans les prairies tibetaines a la recherche d'un endroit propice pour camper. Nous marchons dans un paysage de vertes collines et de hautes falaises perdues dans la brume. Il nous reste environ une heure avant le coucher du soleil. &lt;br /&gt;Excitante et inquietante impression de marcher vers l'inconnu... Soudain, au detour d'une colline, nous apercevons une stupa et son monastere adosses a la falaise. Nous redoublons d'ardeur, afin de profiter des dernieres lueurs du crepuscule. La-bas, une petite lumiere brille dans le lointain. &lt;br /&gt;Arrives aux portes du monastere, nous hesitons: ou et a qui demander la permission de camper dans cet endroit? Avant que nous ayons decide de la marche a suivre, un moine apparait et nous fait immediatement signe de le suivre, alors que la penombre l'empeche de nous voir distinctement. Nous grimpons le flanc de la colline a sa suite, jusqu'a une petite habitation a cote du temple. Il nous signifie de rentrer et, sans attendre, d'un geste, nous fait comprendre que nous pourrons passer la nuit chez lui. Nous le saluons avec reconnaissance et, pour le remercier, lui offrons l'echarpe blanche recue la veille, ce qu'il semble apprecier vivement. Nous nous asseyons par terre. Sa chambre ressemble en tous points a celle de Lorbsang: panneaux de bois, couche surelevee, portraits du Dalai Lama et du Panchen Lama, ainsi qu'un poele en fonte (alimente au moyen de crottes de moutons), orne de symboles tibetains. Au vu de la temperature exterieure, nous nous felicitons a l'idee de dormir pres d'un poele! &lt;br /&gt;Nous faisons connaissance, avec le peu de chinois que nous possedons. Il s'appelle San Chi et a vingt-quatre ans. Bientot, sa mere entre a son tour. Elle a l'air extremement vieille, avec sa peau tannee et son visage tout ride, sans dents, mais elle n'a, en realite, que septante ans. Comme les Goloks, elle porte les deux tresses nouees et le grand manteau autour des hanches. Deux jeunes moines entrent enfin: ils ne sont pas de la famille, mais - nous le comprenons au fil de la soiree - , sont attaches au service de San Chi. Ils nous preparent une soupe tibetaine, avec de petits morceaux de pates, apres avoir refuse categoriquement notre pain. &lt;br /&gt;San Chi nous fait comprendre a force de gesticulations qu'il nous quittera vers 22 heures pour aller prier dans la montagne et ne reviendra qu'a 3 heures du matin pour dormir un peu, avant de repartir prier de 6 heures a 8 heures. Quel sacerdoce! Nous nous endormons paisiblement autour du poele, en pensant aux moines dans la nuit froide. &lt;br /&gt;Le lendemain, nous partageons une rapide collation de the et de pain, avant de leur offrir quelques mooncakes (cakes chinois aux fruits secs), qu'ils acceptent enfin. Nous prenons finalement conge de nos hotes si accueillants. Nous aimerions rendre grace et passer par le temple, mais celui-ci est ferme. Nous decidons alors de faire plusieurs fois le tour de la stupa, a la maniere des Tibetains, afin de remercier pour ce voyage fabuleux et pour souhaiter a chaque membre de nos familles ce dont il a besoin. &lt;br /&gt;Dans la bruine matinale, nous disons au revoir au monastere de Takkar, avant de reprendre notre chemin, reveurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pour quelques marches de plus... &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Au sud de Chengdu, nous entreprenons l'ascension de l'Emei Shan, montagne sacree bouddhique du Sichuan, parsemee de monasteres et de temples . Nous estimons qu'il nous faudra trois jours et environs 40 000 marches pour atteindre ce sommet de 3099 metres et en redescendre. &lt;br /&gt;Une fois passees les zones touristiques, nous voici bientot seuls face a ces milliers de marches qui s'enfoncent a n'en plus finir dans une vegetation de lianes et de bambous. Une epaisse brume enveloppe l'escalier, qui se perd dans un horizon flou, incertain. Le silence, le calme, sont d'autant plus impressionnants que nous redoutons l'apparition soudaine des singes. En effet, a l'auberge d'Emei, nous avons ete plusieurs fois mis en garde contre leur agressivite, surtout envers ceux qui transportent de la nourriture. &lt;br /&gt;Le premier midi, nous nous installons donc pres d'un groupe de porteurs, afin de dejeuner en toute quietude. Nous savourons notre pic-nic a notre aise, lorsque Chris, de son bel appetit, mord a pleines dents dans son sandwich et creve une poche de jaune d'oeuf coulant. Damned! Le liquide poisseux degouline inexorablement sur son pantalon. En moins de temps qu'il ne faut pour l'ecrire, le voila completement englue et, bien plus grave, sentant l'oeuf a des kilometres a la ronde. Craignant d'attirer les singes, Chris realise alors que son sort ne tient plus qu'a une prompte lessive "au coeur du linge"... sans machine! Defi releve, le label de qualite A+++ est atteint et approuve par les singes rencontres plus tard, qui ne le prennent heureusement pas pour une omelette. &lt;br /&gt;Apres une premiere nuit dans un monastere et une ascension reellemment eprouvante, nous atteignons le sommet, au beau milieu des nuages. Le chemin du retour necessite encore un jour et demi de marche(s) et nous nous arretons la seconde nuit dans un autre monastere, plus petit, perche comme un nid d'aigle sur un piton rocheux. Un seul moine, presque aveugle, y habite, entoure de minuscules chatons. Il passe son temps a chasser les singes qui prennent regulierement la place d'assaut. De hautes montagnes, partiellement embrumees, nous entourent. Un oiseau siffle. Il n'y a personne ici. Cet endroit semble oublie du monde. &lt;br /&gt;Au repas, deux autres hotes font leur apparition et nous invitent a leur table. Bientot, le moine se joint a nous. Les deux premiers travaillent sur la montagne pendant trois mois afin d'y installer le telephone. Ils engloutissent chacun une petite bouteille d'alcool de riz (baijiu), alors que le moine en est a son quatrieme godet d'une mixture maison a 62 degres. Bientot, nous trinquons (Ganbai!) entre chaque bouchee de riz et nous sommes heureux d'etre a la biere. Grace au dictionnaire et a l'anglais sommaire de l'un d'eux, nous parvenons a tenir un semblant de conversation. Tout le monde est ravi. En fin de repas, Chris propose au plus loquace des trois de jouer une partie d'echecs chinois. Nous voila engages dans tous les pieges et les subtilites de ce jeu machiavelique. Nous sommes tombes sur un veritable pro', dont les facultes semblent decuplees par l'alcool... Les trois parties nous sont fatales, mais nous passons une excellente soiree!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quelques breves: &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;- Les enterrements celestes:&lt;br /&gt;Saviez-vous que les Tibetains offrent leurs defunts en pature aux vautours, consideres comme des animaux sacres, pour poursuivre le cycle de la vie? Ces ceremonies sont bien entendu interdites aux touristes, mais, dans la region de Langmusi, nous avons vu tournoyer quantite de vautours, semblant meme reagir a la presence des moines. &lt;br /&gt;- Tir au chapelet: &lt;br /&gt;Lors d'une promenade a Langmusi, nous avisons trois jeunes moines en train de lancer des cailloux dans les arbres. Notre curiosite est piquee au vif. Mais que font-ils? Nous levons les yeux: le chapelet de l'un d'eux est coince, pendu a une haute branche de sapin. Nous nous joignons a eux pour les aider a le recuperer, dans un ballet de cailloux volants. Apres moultes tentatives, le voici qui tombe comme un fruit trop mur. Ravi, le fautif ramasse son butin, avant de s'ecarter avec ses deux comparses. Tous trois s'arretent pourtant au bout de quelques pas, font demi-tour apres un petit conciliabule, pour offrir le chapelet en question a Chris, qui avait redouble d'ardeur au lancer du caillou. Celui-ci refuse gentillement, touche par ce geste d'amitie. Nous nous eloignons en riant sous cape, en imaginant comment ce chapelet s'est accroche dans un arbre, a plus de trois metres du sol... Decidement ces petits moines sont trop sympas.&lt;br /&gt;- Pour une fois, les ecrits s'envolent... &lt;br /&gt;Lors d'un trajet en bus entre Langmusi et Zoige,  nous frolons des a-pics terrifiants, d'autant plus qu'ils sont noyes dans la brume et que l'on n'en voit pas toujours le fond. Au moment meme ou nous franchissons le col, Marianne constate du coin de l'oeil que l'un des passagers a ouvert une fenetre et lance dans le vide de petits bouts de papiers ou sont inscrites des prieres tibetaines. L'image de ces papiers blancs se dispersant dans le brouillard est tres belle, presque feerique, mais franchement pas rassurante!&lt;br /&gt;- Avoir l'air ou ne pas avoir l'air...&lt;br /&gt;Lors de notre visite du parc naturel de Huanglong, nous restons pantois face a ces dizaines de Chinois qui ont recours a des masques a oxygene des qu'ils depassent une altitude de 3000 metres! &lt;br /&gt;- La douce nonchalance de Chengdu:&lt;br /&gt;Dans cette ville s'etendent de nombreux parcs des plus agreables, avec des maisons de the en plein air, ou les habitants se retrouvent pour passer l'apres-midi, jouer aux cartes, aux echecs ou aux dominos, en grignotant des graines de tournesol. On y trouve souvent un "jardin dans le jardin", petit enclos calme et serein, avec bonzais, pierrailles et petits bassins peuples de poissons rouges. La vegetation a change: voici des bananiers, des orangers et des hibiscus a profusion, ainsi que des bambous, parfois enormes. Il y a a Chengdu une sorte de nonchalance qui nous seduit beaucoup. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons tellement apprecie l'univers tibetain que nous sommes impatients de le retrouver sur la route du Tibet, qui nous permettra d'entrer au Yunnan par "la petite porte", en passant par des villages et des cols a plus de 4000 metres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Demo chi a toutes et a tous, portez-vous bien!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-112938576397567892?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/112938576397567892/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=112938576397567892' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112938576397567892'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112938576397567892'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/10/dunhuang-lanzhou-xiahe-langmusi.html' title='Dunhuang - Lanzhou - Xiahe - Langmusi - Jiuzhaigou - Huanglong - Songpan - Chengdu - Leshan - Emei Shan'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-112763567401493935</id><published>2005-09-25T08:38:00.000+02:00</published><updated>2005-09-25T10:07:59.673+02:00</updated><title type='text'>Yarkand - Karghilik - Hotan - Turfan - Dunhuang</title><content type='html'>Salam aleikum!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Yarkand a Hotan, en passant par Karghilik, nous nous enfoncons progressivement dans les contrees desertiques de la route meridionale de la soie. Ensuite, nous remontons a travers les dunes du redoutable desert du Taklamakan, pour rejoindre la route septentrionale de la soie, de Turfan a Dunhuang, dans le Gansu. &lt;br /&gt;Ces quinze derniers jours, nous ne sommes pas epargnes par le marchand de sable, dont les petits grains nous accompagnent desormais affectueusement. Nous poursuivront-ils jusqu'en Nouvelle Zelande?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;A bord des vaisseaux du desert:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Si les bus ont aujourd'hui remplace les chameaux, les distances parcourues dans ces contrees reculees n'en restent pas moins impressionantes et la route est une experience en soi. Au fil des kilometres, le desert devoile ses multiples facettes: plaines lunaires, cailloux, petites plantes opiniatres, dunes de sable fin ou formations geologiques surprenantes jalonnent un paysage qui varie sans cesse. Le trajet est ponctue d'oasis, qui apparaissent tels des mirages a l'horizon. Le sol se couvre de verdure, les peupliers s'elevent a nouveau pour ombrager de rudimentaires habitations de torchis. L'eau semble y couler a flots: il suffit d'une riviere et le sol est detrempe. A peine avons nous traverse l'oasis et salue ses habitants, que le desert reprend ses droits. &lt;br /&gt;Les trajets effectues, qui se mesurent en milliers de bornes, sont riches en rencontres et en peripeties, dont voici deux exemples:&lt;br /&gt;- ... et bardaf, c'est l'embardee!&lt;br /&gt;Malgre la chaleur accablante du desert, les sueurs froides sont frequentes. Au depart, entre Karghilik et Hotan, nous etions en pleine confiance: notre chauffeur faisait preuve d'un tacte rare (il faut dire qu'il avait six doigts a la main droite, ce qui nous garantissait un changement de vitesse en douceur). Le drame se noue au moment ou son coequipier prend le volant: nous avions deja surnomme ce colosse Brutus, pour sa propansion a saisir les passagers par le col au moment de les faire monter dans le bus. &lt;br /&gt;Il ne lui faut pas un quart d'heure pour entamer un depassement aussi idiot que suicidaire, puisque le camion concerne est en train de deboiter et nous pousse dans le fosse qui longe la route. Le bus bascule perilleusement sur le cote, jusqu'a s'immobiliser dans cette position precaire. Panique a bord! Les passagers se precipitent pour sortir. Brutus essaie de retablir la situation, mais, oh surprise, ne reussit qu'a s'ensabler un peu plus. Nous voici en plein milieu du desert a deux heures de l'apres-midi, sous un soleil de plomb, en train de compter nos bouteilles d'eau. Si certains s'affairent autour des roues sous la direction de l'homme a six doigts (Chris ne comprend pas toujours ses directives, ne sachant plus a quel doigt se vouer...), d'autres cherchent l'ouest et se mettent a prier, a genoux dans le sable. &lt;br /&gt;Finalement, apres plusieurs tentatives et un long suspens, le bus se degage, grace aux efforts conjugues. Nous y remontons, soulages, du sable plein les dents, trop heureux de ne pas avoir fait les frais de la dangereuse seduction du desert. &lt;br /&gt;- Diables d'ambassadeurs!&lt;br /&gt;Au cours d'un autre trajet, nous faisons la connaissance de Kong Wei (litteralement "Wonderful Health"), jeune militaire du Xinjiang, qui s'emballe completement lorsqu'il apprend que nous sommes belges: "Mais oui", nous explique-t-il, "les Belges sont si honnetes, si passionnes, si energiques!". A ces mots, nous ne nous sentons plus de joie et ouvrons un large bec, pour lui demander d'ou il tient ca. Kong Wei nous apprend alors qu'il suit le foot a la television et qu'il voue une admiration sans borne aux Diables Rouges... Nous nous demandons depuis quand il n'a plus regarde la tele! Comme quoi Marc Wilmots ferait mieux de revenir jouer au foot plutot que de faire de la politique. ;-)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mysterieuses cites enfouies:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La route de la soie est parsemee de cites abandonnees aux sables du desert. Les raisons en sont multiples: certaines furent victimes de l'avancement progressif du Taklamakan et du deplacement des rivieres (seules sources d'eau et de vie dans ces contrees). D'autres furent quittees dans la precipitation, parce qu'elles se trouvaient sur le chemin de debordements fluviaux, ou parce qu'elles furent mises a sac par des envahisseurs. &lt;br /&gt;Deux d'entre elles nous ont fascines. &lt;br /&gt;- Melikawat&lt;br /&gt;Au sud de Hotan, aux pieds du massif des Kunlun, le desert s'etend sur une region autrefois boisee. Aujoud'hui, il ne reste que quelque murs de l'ancienne cite de Melikawat. Nous parcourons le site, suspendus aux levres de notre guide, Abdulkarim, qui s'avere etre une mine d'informations. Incroyable: sur ce site mineur, neglige des archeologues et des touristes, nous nous promenons les yeux au sol et trouvons d'anciennes anses de jares, ainsi que des morceaux de pieces de monnaie en cuivre, dont certaines pourraient dater de la dynastie Han, c'est-a-dire d'il y a plus de deux mille ans. Nous voici dans un reve d'archeologue amateur. Meme si ces debris n'ont pas assez de valeur pour les musees, pour nous, ce sont autant de tresors. &lt;br /&gt;- Jiaohe&lt;br /&gt;Au sud de Turfan, la ville de Jiaohe se dressait autrefois sur un site imprenable: imaginez un plateau aride delimite par deux profonds canyons, ou se deploie une vegetation luxuriante qui, vue d'en haut, evoque le jardin d'Eden, perdu dans le desert. &lt;br /&gt;Mieux conservee que Melikawat, Jiaohe est peut-etre comparable a Pompei. En deambulant dans les ruelles a moitie ensablees de cette ville morte, nous imaginons avec peine que des enfants ont couru ici, que des marchands se sont salues gaiement ou que des comeres ont echange les dernieres nouvelles. Est-ce encore une ville? Ou plutot une foret de terre glaise, qui se dresse comme autant de moignons d'habitations. Voici Jiaohe rendue a la nature, a sa force, a son mystere. Ici vivent maintenant lezards, araignees, scarabees, entre ces stalagmites d'argile, insolites. Seuls de tout petits Bouddhas, installes dans ce qui devait etre un temple fastueux, ont survecu, temoins d'une activite humaine et spirituelle dans ce lieu reduit au silence. &lt;br /&gt;Que restera-t-il de nos cites dans deux mille ans?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Sauts de dune interdits:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Au sud de Dunhuang, de gigantesques dunes, de plus de cent metres de haut, surplombent les oasis environnantes. Un soir, au soleil tombant, nous nous ecartons des sentiers battus pour gravir l'une d'entre elles. L'effort physique est intense, tant les sables sont mouvants. Nous atteignons la crete, que nous longeons vers le sommet. Cette dune est extraordinairement haute et raide. Il s'agit d'avoir le pied sur. Le flanc de la dune est soyeux et brillant comme une peau mordoree. L'arete, contrastee entre ombre et lumiere, est tranchante comme la lame d'un poignard ouighour. Du sable s'ecoule silencieusement sous nos pas, de la crete jusqu'en bas. La, a la limite des dunes, se deploie une frontiere presque surreelle, au-dela de laquelle s'etend tout un petit monde: champs, peupliers, riviere boueuse, bergers et moutons, aboiements vesperaux. Dans la quietude du soir, nous savourons un coucher de soleil en amoureux. &lt;br /&gt;Plus tard, profitant des dernieres lueurs du crepuscule, nous descendons de la dune et, sur le chemin du retour, nous croisons les chameaux trottinant de leur pas dansant vers le bercail.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quelques breves:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;- Het ouighour Delta Plan:&lt;br /&gt;Les Ouighours luttent contre le desert comme les Hollandais contre la mer: chaque terrain fertilise, chaque arbre plante, chaque canalisation creusee est une nouvelle avancee, une nouvelle victoire. &lt;br /&gt;- La barbe!&lt;br /&gt;La barbe de Chris pousse de plus en plus... ainsi que sa moustache. Nous n'y avions jamais pense avant, mais une moustache se taille! Sans cela, Chris se retrouve rapidement avec un formidable rideau de poils drus devant la bouche.  Pourtant, il hesite a couper cet outil high-tech ideal pour separer les piments des nouilles. Bonjour la face de morse! &lt;br /&gt;- La barbe II: Le retour de la barbe:&lt;br /&gt;En parlant de face de morse... Chris commence a faire regulierement peur aux petits enfants (veridique! et franchement drole). &lt;br /&gt;- La barbe III: Le retour de la vengeance de la barbe: &lt;br /&gt;Grace aux cours d'Italien a Marie Haps, Chris a une carte d'etudiant, qui s'avere bien utile sur les sites culturels. Il y a trois mois, sa photo correspondait parfaitement, mais, depuis quelques temps, certains problemes de credibilite se posent... Comme le jour ou il nous est impossible de convaincre le guichetier que Chris est reellement le type sur la photo. Le gaillard commence par se facher, puis, comme nous insistons, il eclate de rire en montrant du doigt la barbe a ses collegues. Hilarite generale. En fin de comptes, ca les fait tellement rire qu'il nous accorde la reduction! Limite vexant, non? &lt;br /&gt;- Cuisine locale, trucs et astuces:&lt;br /&gt;Vos brochettes sont trop pimentees? Pas de probleme: il suffit de les passer sous l'eau, puis de les inonder de curry, avant de les (re-)surcramer au bbq... De toute facon, plus rien n'a d'importance lorsque l'on a goute au delicieux vin liquoreux de Turfan.&lt;br /&gt;- Les rois du camouflage: &lt;br /&gt;Un soir, dans un restaurant, la serveuse refuse de croire que nous sommes belges: ca se voit comme le nez au milieu de la figure que nous sommes Ouzbeks! Allez, zeg, c'est bon pour une fois, hein. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Treve de blogs, nous partons pour une cure de lait de Yak chez les Goloks, dans l'Amdo, ou Ancien Tibet...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Salut en de kost!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-112763567401493935?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/112763567401493935/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=112763567401493935' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112763567401493935'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112763567401493935'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/09/yarkand-karghilik-hotan-turfan.html' title='Yarkand - Karghilik - Hotan - Turfan - Dunhuang'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-112643592359653153</id><published>2005-09-11T10:07:00.000+02:00</published><updated>2005-09-11T12:52:03.850+02:00</updated><title type='text'>Xi'an - Urumqi - Kashgar - Yarkand</title><content type='html'>Salam Aleikum!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis notre dernier poste, nous n'avons pas progresse d'un pouce en chinois, puisque nous voici en territoire ouighour, dont la langue est tres proche du turc. Ach! Imaginez nos visages deconfits face aux panneaux de signalisation, ou les noms de ville et de rue figurent exclusivement en ouighour et en chinois, deux des ecritures les plus lointaines de la notre. &lt;br /&gt;Arrives a Urumqi, nous avons directement pris un bus pour parcourir les 1500 bornes restantes vers Kashgar, au Sud-Ouest du Xinjiang. De la, nous sommes rapidement partis pour une excursion dans le massif du Pamir, avant de revenir sur Kashgar, a la rencontre du peuple ouighour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Karakul, un miroir pour les glaces eternelles du Pamir: &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Pour se rendre au lac Karakul, il faut embarquer dans un bus a destination du Pakistan. Rempli de commercants pakistanais venus faire des affaires a Kashgar, le bus transporte aussi des caisses de marchandises en tous genres, arrimees sur le toit. Ainsi charge, il atteint des hauteurs perilleuses. &lt;br /&gt;Au bout de quelques heures sur la route du Karakorum, nous entamons poussivement une longue ascension, au milieu de profondes gorges, dont les couleurs et les formes varient sans cesse. Une fois en altitude, d'imposants glaciers devalent les pentes de sommets escarpes, avant de laisser la place a des contreforts arides, hostiles, et parfois meme a de gigantesques dunes de sable, les pieds dans l'eau des lacs glaces.&lt;br /&gt;L'un d'eux, le Karakul, est encadre par les monts Kongur (7719m) et Muztagh-Ata (7546m), deux geants qui s'y mirent inlassablement. Dans cette vallee a 3600m, pousse une herbe grasse ou serpentent de petits ruisseaux. Le lac est d'un vert turquoise d'une densite, d'une presence rare. Avec deux autres couples de randonneurs, nous logeons dans un village kirghize. Maisons de briques et de torchis aux toits plats, fraicheur de l'air, murets de cailloux, braiements des anes, nonchalance des chameaux, moutons a queues rondes et grasses, joues rouges des enfants, couleurs chatoyantes des vetements feminins. Ici, a deux pas de quatre frontieres strategiques (Tadjikistan, Afghanistan, Pakistan, Kirghistan), les bergers vivent au jour le jour, loin des soucis geopolitiques de ce monde. La piece dans laquelle nous mangeons et dormons est tres sombre, mais entierement tapissee de tissus et de patchworks multicolores: la caverne d'Ali Baba, dont nous revions, enfants. Nous partageons une soupe de nouilles, du pain. Le ciel est rempli d'une myriade d'etoiles. Nous avons rarement profite de la douce luminosite de la voie lactee comme ce soir. Dans la fraicheur de la nuit, nous nous endormons en rang d'oignons, serres les uns contre les autres sous d'epaisses couettes bariolees.&lt;br /&gt;Le lendemain, nous partons pour une randonnee dans les montagnes environnantes. Apres une ascension dans un paysage de gorges desertiques, caillouteuses et sablonneuses, nous arrivons sur un plateau avec une vue presque a 360 degres sur un cirque de montagnes et de pics enneiges. Grandiose! Plus tard, nous voici les pieds dans l'herbe, assis non loin de yacks noirs se cherchant querelle. Le massif du Pamir nous observe de son oeil blanc. &lt;br /&gt;Pour rentrer vers Kashgar, nous sommes pris en stop par un camion citerne qui descend dans la vallee a toute vitesse. Sensations garanties!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Au pays des Ouighours:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Depuis notre arrivee au Xinjiang, nous avons l'impression d'etre dans un autre pays, tant la culture ouighoure differe de celle des Hans (ethnie majoritaire en Chine), pour se rapprocher sensiblement des populations d'Asie centrale. Celles-ci sont d'ailleurs tres presentes dans cette region, dont la reputation de carrefour ethnique n'est plus a faire. &lt;br /&gt;- Sous le charme de la vieille ville de Kashgar:&lt;br /&gt;Nous prenons un plaisir tout particulier a nous perdre dans le dedale des ruelles de la vieille ville de Kashgar. A flanc de colline, les maisons semblent avoir pousse les unes sur les autres, dans une joyeuse anarchie. Au detour d'une ruelle etroite et poussiereuse, une porte entrouverte laisse apercevoir les colonnes en bois d'une cour interieure, finement ouvragees de motifs floraux. Nous sommes surpris par la legerete des arabesques des balcons en bois peint et ravis par la multitude de plantes qui y sejournent, tels figuiers, geraniums, vignes et fleurs de toutes sortes. Dans la fraicheur des passages couverts, se devoile un monde ou les sourires des femmes et des enfants illuminent les cours secretes. Les portes richement sculptees, avec leurs deux gros anneaux de fer, titillent notre curiosite. Quand ils nous apercoivent, les enfants cessent soudain de fouetter leurs toupies, pour nous pourchasser gaiement, nous prendre par les mains et se faire photographier. Nous ne sommes malheureusement pas des touristes dernier cri et ils sont souvent etonnes de ne pas trouver leur image au dos de l'appareil photo, deja habitues, par les rares touristes de passage, au miracle du digital. &lt;br /&gt;La tranquillite de la vieille ville offre un havre de paix lorsque l'on vient des rues commercantes. Nous sommes loin du monde des hommes et de leurs apres negociations.&lt;br /&gt;- Quel bazar!&lt;br /&gt;Si vous descendez dans la rue un dimanche a Kashgar, vous serez litteralement emportes par le flot de quidams venus de toutes parts pour participer au grand marche hebdomadaire. Tous les moyens de transport sont bons: a pied, en carriole tiree par un ane, en cyclo-pousse, en tuk-tuk, camion, a moto, a velo, au choix. Le bazar deborde dans les rues avoisinantes. Une foule epaisse se presse autour de produits les plus heteroclytes, tels que legumes, viandes, soies, tapis, epices, fruits secs, chaussures, chapeaux, vetements, bestiaux, shampooings, pneus, televisions, clous,... Bref, chacun y trouve son bonheur, dans un brouhaha continu, entre les cris, les slogans, les discussions passionnees, les beuglements, les radios tonitruantes, les klaxons incessants, mais aussi les parfums des epices, les odeurs enivrantes, les effluves de viande... Etourdissant!&lt;br /&gt;Si les produits ont change, les techniques de negociation restent ancestrales. C'est d'autant plus spectaculaire au marche aux bestiaux. Les betes sont inspectees sous toutes leurs coutures et, lorsqu'une affaire prend forme, une foule se rassemble autour des deux protagonistes, par passion et par interet, chacun prenant position, donnant son avis, cautionnant l'issue des negociations. Partout, les mains se serrent et s'agitent: Marche conclu!&lt;br /&gt;Chacun repart ensuite avec ses nouvelles acquisitions, comme cet homme qui charge deux boeufs dans sa charrette... tiree par un chameau.&lt;br /&gt;- Yarkand, ancienne oasis sur la route meridionale de la soie:&lt;br /&gt;Au bout de quelques jours, nous quittons Kashgar, pour nous aventurer sur la route meridionale de la soie, au Sud du desert du Taklamakan. Plusieurs villes et bourgades jalonnent notre trajet, mais Yarkand est celle qui evoque le plus les temps anciens. &lt;br /&gt;Lorsque nous nous y promenons en fin d'apres-midi, voici que par hasard, nous longeons une mosquee a l'heure de la priere (namas). Envoutes par la melopee de l'Imam, nous apercevons, au travers d'un mur ajoure, les corps prosternes face a La Mecque. Tout comme a Kashgar, la vieille ville est constellee de petites mosquees, qui font partie integrante du quotidien ouighour. &lt;br /&gt;Plus tard, nous penetrons dans le quartier commercant. De part et d'autre des rues en terre, les echoppes se regroupent par metiers: les menuisiers faconnent berceaux, tables et pieds de chaises avec une dexterite fascinante; les ferrailleurs assemblent une quantite inouie de vieux bouts de fer, soigneusement classes par nature et par taille; des barbiers tapotent les joues de leurs clients, ou se penchent avec une attention accrue sur la gorge confiee. Ici, une tete de canard jonche le sol, la ce sont des tetes entieres de chevres, les yeux revulses, qui sont entassees en vue d'une future friture. Plus loin, dans une rue bondee, on cuisine en plein air et des tables entourees de bancs sont dressees sous des toiles colorees, qui forment une joyeuse galerie, ainsi qu'une efficace protection contre le soleil. Tous s'y asseyent, partagent tables et repas, en toute convivialite. Ce petit monde suspend pourtant son intense activite pour nous devisager, parfois bouche ouverte, d'un air incredule, ravi ou goguenard, mais rarement indifferent. Nous avons plus que jamais l'impression d'etre des etrangers, presque des extraterrestres. La sensation d'isolement est d'autant plus grande que nous n'avons rencontre aucun touriste dans la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quelques breves:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;- Les enfants illegaux:&lt;br /&gt;En Chine, avoir un deuxieme enfant est passible d'une amende de 5000 EUR. Ce qui ne semble pas preoccuper les Ouighours qui continuent a avoir des familles nombreuses.&lt;br /&gt;- Le crachat chinois: une tradition vivace&lt;br /&gt;Les Chinois semblent expectorer partout et en toutes circonstances: la rue, le restaurant, le bus... meme dans l'avion (dans le lunch box tout de meme). Qui dit mieux?&lt;br /&gt;- Presence ou colonisation chinoise?&lt;br /&gt;Toutes les villes du Xinjiang ou nous nous sommes rendus presentent deux visages: la vieille ville ouighour et la nouvelle, chinoise, qui surprend, avec ses immenses statues de Mao, ses larges boulevards, ses trottoirs paves, ses drapeaux chinois, ses batiments ultra modernes et ses HLMs. Les deux mondes semblent impermeables mais il est permis de se demander quel sera l'impact de l'un sur l'autre.&lt;br /&gt;- Ali ou le business incarne:&lt;br /&gt;Nous nous lions d'amitie avec Ali dans le bus vers Kashgar. Pakistanais aux sourcis bondissants, Ali fait des affaires en tous genres entre Shanghai et Islamabad (electronique, vetements etc.). A 25 ans, il a deja largement roule sa bosse et semble tres tente de faire du business de machines a laver avec Chris, qui doit deployer des tresors de diplomatie pour couper court a ses avances.&lt;br /&gt;- Un the a Kashgar:&lt;br /&gt;Un midi, nous profitons de l'ombre d'une ruelle, assis sur des sacs de mais, pour deguster un nan encore chaud. C'est alors qu'un habitant de la rue nous apporte gentillement un bol et une theiere, avant de nous inviter chez lui pour deguster une tranche de melon ou de pasteque en compagnie de sa femme et de son fils, Abdulsalam, qui parle anglais. Ce dernier nous explique fierement que son pere est marchand de foulards, qu'il est un fervent pratiquant de l'Islam et qu'il a fait le voyage jusqu'a La Mecque. &lt;br /&gt;- Un an de mariage deja! Mais ou est passe tout ce temps!!!&lt;br /&gt;- Curiosite tres saine:&lt;br /&gt;Dans le bus vers Yarkand, nous sommes assis derriere un vieillard edente, a la barbichette blanche, qui se retourne sans cesse pour nous observer minutieusement: il essaie nos lunettes, admire la barbe de Chris, compare ses poils de bras aux siens (mais il n'y a aucune comparaison...), fixe nos montres longuement, etudie nos bottines et tate le tissu du pantalon de Chris d'un air appreciateur. Droles de creatures, n'est-ce-pas...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur ce, nous vous laissons pour poursuivre notre recherche des cites enfouies sous le sable de l'ancienne route de la soie. Portez-vous bien et bonne rentree!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Salukes,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-112643592359653153?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/112643592359653153/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=112643592359653153' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112643592359653153'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112643592359653153'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/09/xian-urumqi-kashgar-yarkand.html' title='Xi&apos;an - Urumqi - Kashgar - Yarkand'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-112519804322029695</id><published>2005-08-28T02:25:00.000+02:00</published><updated>2005-08-28T05:00:43.256+02:00</updated><title type='text'>Beijing - Datong - Pingyao - Xi'an</title><content type='html'>Ni hao!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme vous le savez, nous avons suspendu notre voyage durant quelques temps. Pour cette raison, ce post ne sera ni exhaustif ni chronologique. Voici simplement, en vrac, quelques histoires qui ont jalonne notre parcours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’hospitalite de Xu Zhe:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Sur le quai de la gare de Beijing, en partance pour Datong, nous sommes abordes par Xu Zhe (veuillez prononcer Tchou Dze), etudiant en mathematique, qui retourne au pays en compagnie de sa maman. Tous deux nous prennent (presque d’autorite) sous leur protection, nous montrant comment s’y prendre dans le dedale de la gare de l’Ouest. Ils vont jusqu’a echanger leurs places pour faire le voyage a nos cotes. Les quelques notions d’anglais de Xu Zhe, associees a notre « Mandarin phrasebook », nous permettent de faire plus ample connaissance et, rapidement, tous les occupants du wagon en profitent, curieux d’en savoir plus sur les deux etranges oiseaux que nous sommes. &lt;br /&gt;Six heures plus tard, nous nous quittons, non sans avoir ete convies avec insistance chez eux, dans une bourgade a 70 bornes au sud de Datong. &lt;br /&gt;Le surlendemain, nous voici donc a la gare routiere de Hunyuan, ou nous repoussons les assauts des taximen, en leur expliquant tant bien que mal qu’un ami doit venir nous chercher. Ils restent neanmoins dans les parages, curieux de savoir qui peut bien frequenter des laowais (litteralement : « vieux blancs »). Xu Zhe et sa maman viennent enfin nous chercher et nous marchons ensemble jusque chez eux. Ils vivent dans l’un de ces quartiers de maisons de brique que nous avons apercus a plusieurs reprises, depuis les fenetres du train. Le pere de Xu Zhe est instituteur et la famille habite dans l’enceinte de l’ecole, a deux pas de la cour de recreation. Le quartier que nous traversons pour y arriver ressemble un peu aux Hutongs de Beijing, peut-etre en un peu moins labyrinthique et un peu plus fleuri (la campagne, quoi !). Marianne y retrouve avec plaisir des monceaux de roses tremieres, ainsi que d’autres fleurs, jamais vues, entre la rose et l’oeillet. Dans la cour commune, se dresse un petit potager bien propret, ou poussent aubergines, tomates et plants de mais. La piece a vivre fait a la fois office de salon, de chambre des parents, de cuisine et de salle de bain, sur une surface d'a peu pres 15 metres carre  (il y en a apparemment une seconde un peu plus loin, ou dorment les enfants  - he oui, deux enfants, on est loin du controle strict de la capitale). S’y trouvent, au grand complet, un lit, une armoire, une table basse, un poele, un petit seche-linge, une bassine, un ventilateur, une valise et quelques piles de livres. L’aspect  general est particulierement spartiate et les conditions de vie sont rudimentaires – ils mangent a meme le sol, se lavent dans une bassine, les toilettes sont dehors et se limitent a une longue tranchee sans cloisons.&lt;br /&gt;Comme il se doit, nous n'arrivons pas les mains vides, mais nous n'atteignons pas la cheville de leur generosite. Ils nous installent comme des rois sur le lit parental, avant de nous offrir des tomates fraiches du jardin. Nous leur montrons les photos de nos familles et ils nous font les honneurs de leur album familial. Lorsque nous leur faisons cadeau de notre photo de mariage, ils insistent pour que nous prenions la photo de famille qui trone dans un cadre. Impossible de refuser (n'oubliez pas la constante barriere linguistique ! ). Quand la communication est ainsi reduite, ce sont surtout ces petits gestes et les echanges qui comptent. Ils nous invitent ensuite a deguster de fraiches pasteques, puis une ratatouille d’aubergines accompagnee de boules de pain cuites a la vapeur. Des moments precieux. Nous passerons encore l’apres-midi en leur compagnie, puisqu’ils nous accompagnent jusqu'a un monastere suspendu a une falaise abrupte, accroche comme un nid d’abeilles : un site vertigineux ! &lt;br /&gt;La gentillesse et l’hospitalite de la famille de Xu Zhe sont confondantes. Nous ne les oublierons pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le syndrome chinois touche meme les Ecossais :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A force de prendre des bus publics, ou chacun molarde a tout bout de champ, Chris est atteint d’un syndrome chinois, genre de rhume de cerveau, et se retrouve cloue au lit par une forte fievre durant trois jours. Nous sommes coinces a Datong, detestable ville rebaptisee Klaxong par nos soins (en moyenne trois klaxons a la minute 24 heures sur 24 : les voitures, les motos, les trains, tous en choeur). Marianne prend son role de Docteur au serieux et Chris se laisse chouchouter sans resistance. Il faut pourtant nous rendre a l’evidence le troisieme jour : la fievre ne baisse toujours pas et il faut rentrer a Beijing pour obtenir un avis medical fiable. Apres une semaine de repos, tout rentrera dans l’ordre. Ca aussi, ca fait partie du voyage...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Enquete a la BSP (Bureau de la Securite Publique) :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A Beijing, nous louons des velos : c’est de loin le meilleur moyen pour profiter de la ville. Pourtant, un soir, au moment de recuperer nos velos apres un petit resto, une surprise desagreable nous attend. Plus de velos, disparus, envoles ! Ne reste sur les lieux du crime qu’un minable cadenas force. Pour obtenir un constat de vol pour l’assurance, nous nous rendons donc au poste de police le plus proche... et entamons ce qui s’averera un calvaire administratif surreel de presque trois heures. Au debut, pas besoin de faire un dessin, il suffit de brandir le cadenas. On nous laisse ensuite en compagnie d’un plancton, hilare a chaque fois qu’il pense a nos velos voles (a moins que nous n’ayons vraiment l’air ridicule, notre pauvre cadenas a la main). Nous entamons alors la conversation et lui demandons si cela arrive souvent. Il nous repond que oui et que, d’ailleurs, lui-meme, il en a voles beaucoup. Hum, s’agit-il d’une erreur linguistique ?! Pas sur : lorsque nous lui demandons si c’est facile de forcer un tel cadenas, il assure, tout fier, qu’ils sont reellement difficiles a ouvrir. Bon. &lt;br /&gt;On nous annonce alors qu’il faut aller dans un autre commissariat et nous voila embarques dans un fourgon de police, barreaux aux fenetres. Ont-ils bien compris que nous sommes les voles et non pas les voleurs ? &lt;br /&gt;La-bas, tour a tour, ils nous posent mille questions, plusieurs fois les memes, comme dans les films, lorsqu’il s’agit de confondre les criminels. Quels sont nos professions, ages, taille ( !), nos precedentes destinations en Chine, la raison de notre sejour, et ainsi de suite. Au bout de ce traitement, nous obtenons enfin notre constat et nous signons notre deposition, typographiee... en chinois. Inutile de lire les petits caracteres. Nous esperons ne pas avoir achete une maison a Pekin. Retour a l’hotel a deux heures du mat’, completement moulus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quelques breves :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;- Les grottes de la crete nuageuse : &lt;br /&gt;Un site d’une grande beaute ou de gigantesques bouddhas sont sculptes dans la falaise. Depuis la penombre de leur grotte, ces visages nous sourient, enigmatiques et repus.&lt;br /&gt;- Le massage chinois : une sino-cure&lt;br /&gt;Juan, le cousin de Marianne, qui vit en Chine, nous fait decouvrir les secrets de Pekin et nous gate durant deux jours. Entre autres, il nous offre un massage chinois base sur la reflexologie. Fabuleuse experience, ou l’on passe de la douleur (quasi aigue) a la detente profonde en quelques secondes. Merci Juan !&lt;br /&gt;- Echec et math a Pingyao (« Tsou la ! ») : &lt;br /&gt;Depuis un mois, nous sommes fascines par les chinois qui jouent dans la rue a un jeu qui nous semblait completement esotherique. Enfin, a Pingyao (charmante petite ville fortifiee, inchangee depuis l’epoque Ming), nous rencontrons Jeremy, un americain ayant reussi a percer les arcanes de ce jeu : les echecs chinois (et non les dames, comme indique dans un post precedent). Enthousiastes, nous passons l’apres-midi entiere a apprendre les regles avec lui. Le soir-meme, nous achetons un jeu et, depuis, il s'avere un veritable outil de rencontre, puisqu’il suffit de l’ouvrir, pour qu’un chinois se penche par-dessus notre epaule et s’interesse aux strategies en cours.&lt;br /&gt;- Le comble pour un Bobby :&lt;br /&gt;Rencontre d’un policeman londonien en vacances, qui ne se remet pas de s’etre fait vole son portefeuille par un pick-pocket. Shocking, isn’t it !&lt;br /&gt;- L’armee de terre cuite a Xi’an :&lt;br /&gt;Puissante image que celle de ces hommes en morceaux, a demi ensevelis dans la terre et les decombres. Comme un champ apres la bataille, le desastre des corps et des vies brisees... Sauf qu’ici, les soldats sont de terre cuite et continuent a sourire fierement comme au premier jour, a defier, de l’assurance de leurs regards vides, leur pire ennemi : le temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, nous nous envolons pour le Xinjiang, la route de la Soie et les cites ensevelies. Que de promesses !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cheerio,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-112519804322029695?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/112519804322029695/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=112519804322029695' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112519804322029695'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112519804322029695'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/08/beijing-datong-pingyao-xian.html' title='Beijing - Datong - Pingyao - Xi&apos;an'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-112460617344335014</id><published>2005-08-21T08:18:00.000+02:00</published><updated>2005-08-21T08:36:13.446+02:00</updated><title type='text'>Un sourire de Gran</title><content type='html'>Chers tous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grand-mere de Chris s'est eteinte le 15 Aout, jour de son 81eme anniversaire. Nous interrompons notre voyage durant une semaine afin de faire notre deuil. C'est l'occasion de se rappeller les innombrables bons souvenirs partages avec Gran, ainsi que d'etre en pensee avec nos proches en Ecosse.&lt;br /&gt;Vendredi, a l'heure-meme de ses funerailles, nous fumes les temoins d'une pleine lune de toute beaute dans la nuit de Chine. &lt;br /&gt;Suspendue au dessus d'une colline parsemee de pagodes illuminees, elle nous souriait avec bienveillance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Take care,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-112460617344335014?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/112460617344335014/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=112460617344335014' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112460617344335014'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112460617344335014'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/08/un-sourire-de-gran.html' title='Un sourire de Gran'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-112385876816864378</id><published>2005-08-12T15:22:00.000+02:00</published><updated>2005-08-12T16:59:28.233+02:00</updated><title type='text'>Ulaan Baatar - Beijing</title><content type='html'>Nihao a tutti!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apres plus d'un mois de peregrinations, nous sentons notre voyage s'inscrire dans la duree et nous avons trouve notre rythme. C'est d'autant plus vrai que nous sommes arrives en Chine, notre destination principale, puisque nous projetons d'y rester 4 mois. Durant les dix premiers jours, nous avons vecu un passage de frontiere surreel, sillonne la ville de Beijing en tous sens et randonne durant deux jours inoubliables sur la Grande Muraille. Vous voulez en savoir plus?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;B(o)ogie woogie a la frontiere sino-mongole:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Dans le train pour Beijing, suite a des formalites douanieres kafkaiennes, s'opere le changement des bogies. En effet, l'ancienne Union Sovietique (et la Mongolie avec elle) a opte pour un ecartement de voies plus large que celui de ses voisins. Le train s'ebranle donc dans la nuit pour rentrer peu a peu dans un long hangar. L'atmosphere est electrique, des eclairs illuminent de temps a autre le train qui progresse lentement, presque a tatons, dans l'obscurite. Tel un enorme cetace de verre et d'acier, cette puissante mecanique pousse des cris lancinants, d'une surprenante melancolie. Une fois en place, pris en tenaille par d'enormes monte-charge, chaque wagon est souleve avec tous ses passagers, incredules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Beijing aux treize millions de visages:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;- Vive la clim'?:&lt;br /&gt;Des la descente du train, nous sommes enveloppes de smog, assaillis par la chaleur et par l'humidite ambiantes. Rapidement, nous comprenons que le defi sera de boire plus vite que nous ne transpirons. Moites a souhait, nous penetrons alors dans notre auberge de jeunesse, ou nous sommes victimes d'un changement climatique violent. Enrhumes jusqu'a l'os, nous nous moucherons de concert pendant plusieurs jours, dans une ville ou il fait pres de 40 degres. Un comble!&lt;br /&gt;- Au coeur des hutongs:&lt;br /&gt;Notre auberge est situee dans un vieux quartier populaire, qui s'avere un reel dedale de ruelles etroites (hutongs), ou de mysterieuses portes encadrees de lions de pierre s'ouvrent sur d'autres impasses et d'autres cours carrees, bordees de plantes grimpantes et de fleurs en pot. Ici, on vit dans la rue, en bon voisinage, penches sur un jeu de cartes ou de dames locales, mangeant une brochette ou des boulettes a la vapeur. Deux cyclo-pousses s'y croisent non sans peine, dans une ambiance rythmee par les crachats et les interjections des uns et des autres. Nous nous y retrouvons regulierement a la recherche d'un petit resto en fin de journee, peut-etre dans une arriere-cour eclairee de lampions, pour deguster un bol de nouilles, un plat d'aubergines au piment, des dumplings, du concombre au vinaigre ou un canard laque bien d'ici. &lt;br /&gt;Pourtant, le long des grandes avenues, de hauts panneaux publicitaires masquent progressivement les hutongs. On ne les voit plus, ils seront probablement oublies, avant de disparaitre, rases, sacrifies a l'autel de la modernisation galopante de Beijing et des jeux olympiques de 2008.&lt;br /&gt;- Une civilisation a decouvrir:&lt;br /&gt;Au fil de nos visites des divers sites culturels et historiques de Beijing, nous avons commence - mais commence seulement - a nous familiariser avec une civilisation complexe et passionnante. Nous nous rejouissons de rester 4 mois en Chine.&lt;br /&gt;- Feerie sur Tian'anmen:&lt;br /&gt;Un soir, nos pas nous menent jusqu'a la place Tian'anmen qui, doucement illuminee, se pare d'ume myriade de petits cerfs-volant flottant les uns derriere les autres, comme autant de longs filaments de meduse. Feerique, romantique... Des enfants courent a perdre haleine pour faire decoler les leurs, pendant que des familles nous demandent d'etre prises en photos avec nous... C'est le monde a l'envers!&lt;br /&gt;- Dans la serie "le saviez-vous?":&lt;br /&gt;Le seul chien que l'on rencontre a Pekin est le ... Pekinois. Cette edifiante decouverte fait le bonheur de Marianne, qui peut enfin deposer les cailloux qu'elle trimballe dans ses poches depuis Moscou: un grognement de Chris suffit et le chien s'enfuit sans demander son reste (il faut admettre que Chris commence a ressembler a un barbare avec sa barbe).&lt;br /&gt;- A la rencontre des Chinois: &lt;br /&gt;En realite, a Beijing, c'est le Chinois qui vient a notre rencontre et il a presque toujours quelque chose a nous vendre, de la pasteque au cerf-volant, en passant par l'oeuvre d'art, le cirage (nous avons rencontre un backpacker ulcere parce que, depuis deux mois, on lui propose sans cesse de lui cirer les pompes, alors qu'il porte des baskets!), le faux jade, les T-shirts, le cake aux fruits secs, les cartes postales, les DVD copies, et autres breloques. Les techniques varient, mais se rejoignent dans l'acharnement a l'oeuvre. Certains nous agrippent le bras dans la rue, supplient, repetent dix fois la meme litanie, reviennent sans cesse a la charge, bref, c'est la guerre d'usure (d'autant plus qu'ils se relaient generalement les uns les autres). Nous perfectionnons donc notre vocabulaire chinois, en insistant sur la rubrique "Comment dire non". D'autres se la jouent plus subtile, mais non moins efficace. Ils nous abordent d'un "Hello!" sympathique, nous demandent d'ou nous venons, si nous sommes etudiants, si il ne fait pas trop chaud a Beijing, puis, au bout d'une demie-heure de conversation anodine, ils nous invitent a les suivre dans leur galerie d'art ou d'antiquite. C'est la technique dite " des faux amis". Nous apprenons peu a peu a les reconnaitre et a rapidement calmer leurs perspectives de vente. Dans les deux cas, l'arme secrete consiste en un grand sourire beat, limite bienheureux. Desarmant!&lt;br /&gt;Treve de plaisanteries: a plusieurs reprises, nous avons rencontre de veritables perles. Une fin d'apres-midi, apres avoir marche a travers toute la ville pour denicher un resto renseigne par le Lonely, voila que, arrives sur place, on nous annonce que le lieu de nos esperances gastronomiques a fait faillite. Alors meme que nous recuperons de notre Longue Marche a nous, l'estomac dans les talons, un aimable Chinois surgit de nulle part pour nous prendre sous son aile et nous conduire dans un petit resto pas cher et savoureux. Notre ange-gardien nous aide meme a remplir la commande en chinois, il nous sourit, assure que tout le plaisir est pour lui, refuse une biere et disparait aussi vite qu'il n'etait apparu. &lt;br /&gt;Autre exemple, parmi tant d'autres: le jour ou nous decidons de profiter de l'excellent reseau de bus publics, un peu paumes quand meme, nous rencontrons un etudiant en art qui, non seulement prend le meme bus que nous, par un hasard beni, mais, en plus, decide d'aller plus loin que son arret et de nous accompagner jusqu'a destination. Song Bin nous guide alors avec une gentillesse confondante. Il nous faut insister a plusieurs reprises pour qu'il accepte de partager un bol de nouilles avec nous et de faire plus ample connaissance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La Grande Muraille, ou de l'inefficacite des superlatifs:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A la fin de notre sejour a Pekin, nous nous embarquons dans une randonnee de deux jours sur la Grande Muraille. On a beau en avoir entendu parler, vu des photos, lu des reportages, la realite depasse de loin tout ce que l'on peut imaginer. Le site est epoustouflant et les superlatifs inefficaces. &lt;br /&gt;Apres une journee de marche de tour de guet en tour de guet, a serpenter sur les cretes des montagnes, voila qu'il est temps de trouver la tour propice pour abriter notre sommeil, d'autant plus que de fortes pluies s'annoncent pour la nuit. Il n'y a maintenant plus un seul touriste et nous voici en tete-a-tete avec la Muraille. Nous rencontrons neanmoins une autochtone, qui nous conseille une tour en particulier, a force de gesticulations. Elle nous met aussi en garde contre les serpents et son geste est si eloquent (deux crochets violemment plantes dans l'avant-bras) que les cheveux de Marianne se dressent sur sa tete. Bigre, voila l'occasion de montrer a Chris qu'elle n'est pas une chochotte! GASP... &lt;br /&gt;Nous pique-niquons assis sur des marches, face a ce paysage mysterieux ou la Grande Muraille, tel un dragon, s'enfonce dans les brumes vesperales. L'instant est plus que precieux. Il prend une intensite toute particuliere, due, peut-etre, a l'effort fourni pour en arriver la, a la folie d'une telle construction, a la beaute du site et au sentiment d'exception que nous procure l'idee de passer une nuit sur la Grande Muraille de Chine.&lt;br /&gt;Avant d'aller dormir, entre chien et loup, alors que nous n'avons plus vu personne depuis quelques heures, un Chinois croise notre tour de guet. Nous sympathisons et partageons les dernieres lueurs du jour. Son nom signifie "Safe Hero", ce qui nous rassure quelque peu sur son sort, lorsqu'il repart dans la nuit, arme de sa seule lampe de poche faiblissante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Clins d'oeil a quelques backpackers:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;- Bertrand et Laure: Merci pour cette belle journee de promenade au Palais d'ete. &lt;br /&gt;- Chloe: Mille mercis pour les pellicules rapatriees en Belgique!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;A tous nos lecteurs:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Nous n'avons pas acces au site web de notre blog et donc ne pouvons ni lire vos commentaires ni y reagir (frustrant!). En effet, pas mal de sites sont censures en Chine. Aurait-on raconte trop de betises? N'arretez pas pour autant d'ecrire, car nous les lirons plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons quitte Beijing et sommes en route vers Xi'an via Datong et Pingyao. Bon mois d'aout a toutes et a tous!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zaijian!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-112385876816864378?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/112385876816864378/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=112385876816864378' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112385876816864378'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112385876816864378'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/08/ulaan-baatar-beijing.html' title='Ulaan Baatar - Beijing'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-112282308458979349</id><published>2005-07-31T13:53:00.000+02:00</published><updated>2005-07-31T17:24:37.110+02:00</updated><title type='text'>Once upon a time in Mongolia</title><content type='html'>Sain bain uu!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voici deja a la fin de notre periple mongol, qui n’est pas evident a raconter, au vu de la multitude des experiences et de la richesse des rencontres effectuees… Mais, a l’intrepide, rien d’impossible !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ulaan Baatar, bien plus qu’un camembert bleu au Trivial Pursuit :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A notre arrivee, nous sommes frappes par l’empreinte sovietique laissee a Ulaan Baatar. Le cœur de la ville en temoigne amplement : s’y trouvent une grande place carree, bordee de batiments massifs et, selon toute apparence, concue pour les defiles militaires, ainsi que la statue et le mausolee (etonnement semblable a celui de Lenine) de Sukhbaatar, qui, en 1921, decrocha l’independance mongole (alors sous la coupe chinoise), au prix de la sujetion du pays a l’ideal communiste. C’est d’ailleurs a cette epoque que le PC rebaptisa la capitale mongole du nom  d’Ulaan Baatar, ou « Le heros rouge ». Pourtant, a la peripherie des HLMs sovietiques, la ville merite encore son ancien nom d’ « Urga », qui signifie litteralement « Camp » : sur les collines, les gers (ou yourtes) s’accumulent au fur et a mesure que les nomades se sedentarisent, attires par l’illusion d’une vie moderne et confortable. &lt;br /&gt;Par ailleurs, depuis la chute du communisme, d’anciennes croyances et traditions, longtemps opprimees, refleurissent, telles que le bouddhisme tibetain (dont les superbes temples reprennent peu a peu du service) et certaines pratiques chamanes, toujours bien vivantes. Enfin, un veritable sentiment de fierte nationale se cristallise autour de la figure de Chinggis Khan (Genghis Khan), omnipresent, des noms de bieres aux noms de rues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le Naadam, ou les Highland games de Mongolie :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Un peu par hasard, nous debarquons en Mongolie en plein cœur du Naadam : trois jours de jeux et de fetes continues, ou s’affrontent les meilleurs chevaux/cavaliers, archers et lutteurs du pays. Nous prenons donc le chemin du stade, ou se deroule le tournoi de lutte sous un soleil de plomb. Comment vous decrire un lutteur mongol ? Imaginez un geant bati comme une armoire a glace, en bottes de cuir a pointes recourbees, jambes nues, slip minimaliste bleu roi orne de broderies (on a pas ose regarder de trop pres), torse nu encadre de manches rouges (broderies coordonnees) et petit bonnet pointu. Neanmoins, l’habit ne fait pas le lutteur : habillez Chris de la meme tenue et vous aurez un vrai tue-l’amour. L’issue d’un combat est determinee par un subtil dosage entre puissance et technique. Le vainqueur , acclame par la foule, contourne alors les emblemes des 9 provinces mongoles, en imitant a plusieurs reprises le vol de l’aigle. Si vous avez toujours Chris en tete et qu’il fait la mouette, evacuez immediatement cette vision d’horreur ! &lt;br /&gt;Fascines par un tel spectacle, nous ne voyons pas arriver une tempete de sable digne du Sahara. En un instant, le vent et ses tourbillons de poussiere balaient le stade et la foule, juste avant de ceder la place a un orage de legende, qui deverse des trombes d’eau, puis d’enormes grelons ! Dans l’arene, tout s’arrete, mais le spectacle continue dans les gradins, ou la foule, hilare et prise au depourvu, deploie les parapluies et une solidarite sans pareil. Dans la cohue, nous echangeons sourires, mouchoirs et provisions avec nos voisins, dont la gentillesse et la spontaneite resteront dans nos memoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les transports mongols, un casse-tete chinois pour les backpackers belgo-ecossais :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Apres quelques jours dans la capitale, malgre les avertissements de certains mongols bien intentionnes, nous decidons de partir a la decouverte des steppes au moyen de transports locaux. Arrives de bonne heure a la gare routiere, nous trouvons rapidement un minivan en partance pour Karakorum (ancienne capitale de Chinggis Khan). Le depart devrait etre imminent, puisque tous les sieges sont deja occupes. Pourtant, le temps passe et les passagers continuent a affluer. Nous sommes tombes sur un champion de Tetris local ! En fin de compte, il nous faut attendre 6 heures, jusqu'à ce que le conducteur soit satisfait de son score de 17 personnes dans un van de 9 places. C’est ce qui s’appelle « se meler » a la population. Au bout de 8 heures de piste, nous arrivons a destination, ou , contre toute attente, il n’y a plus de transport en commun : pour voyager d’une region a une autre, il faut repasser par la capitale. Dans notre infinie sagesse, nous decidons donc de minimiser les trajets et de nous concentrer sur un programme d’ecotourisme local. Pour rallier le point de depart, nous faisons du stop, et nous nous entassons a 7 dans une voiture pour un trajet ponctue par une crevaison, a l’image de tous les deplacements que nous ferons par la suite (nous pourrions aussi vous raconter, entre autres,  comment nous avons pousse un minivan trop peu puissant pour franchir un col et comment nous nous sommes retrouves a marcher loin derriere le van a deux heures du mat pour une poignee de kilometres de dure grimpette).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ger-to-Ger, le cœur de notre experience mongole :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;En deux mots, cette toute jeune ONG permet, pendant 7 jours, de voyager de famille nomade en famille nomade ou de ger en ger et, donc, de nous immerger completement dans ce mode de vie. Chaque jour, un membre de la famille nous guide a travers les steppes, vers la famille suivante a cheval ou en charrette a Yack. &lt;br /&gt;- La ger, un monde en soi, ou chaque chose trouve sa place :&lt;br /&gt;L’entree est toujours orientee vers le sud, alors qu’au nord, se trouvent l’autel des ancetres, les objets precieux, les photos de famille. Le maitre des lieux s’assied toujours a ses cotes. L’ouest est reserve aux selles, et le nord-ouest aux invites. L’est est le quartier des femmes et des ustensiles de cuisine (en gros pas besoin de boussole en Mongolie). Au centre, entre les deux piliers qui soutiennent la ger et relient la terre au ciel, trone le foyer : un poele dont la cheminee sort de la tente par un orifice, qui laisse aussi entrer la lumiere et peut etre obstrue en cas de pluie. Les comportements sont eux aussi fortement codifies : on entre toujours du pied droit dans une ger et ce, sans en pietiner le seuil (ce qui equivaut a pietiner la nuque du maitre des lieux). On  n’entre pas non plus avec un baton a la main, ce qui signifie, grosso modo, « vous etes tous des chiens ». Dans la ger, la tenue correcte est de rigueur : manches longues et chapeaux sont apprecies. Il est interdit de passer entre les piliers de la ger, ainsi que de rester debout : il faut s’asseoir (par terre, sur un lit ou sur un petit tabouret) pour montrer que l’on apprecie l’accueil. Retirer son chapeau signifie que l’on voudrait y passer la nuit. Le foyer, et surtout le feu qu’il contient, doit inspirer le plus grand respect, afin de ne pas froisser l’esprit qui y reside : on ne pointe donc pas la semelle des ses bottes dans sa direction, tout comme il serait tres inconvenant d’y jeter des dechets.Enfin, veritable defi pour Marianne (qui a subi un entrainement pousse dans le transsiberien –« donne la pa-patte… »), les objets et la nourriture se recoivent et se prennent de la main droite, coude soutenu de la gauche. Autant vous dire que, au debut, avec toutes ces regles, on a l’impression de faire une bourde a chaque battement de cil. &lt;br /&gt;- L’hospitalite mongole n’a pas de limites :&lt;br /&gt;L’arrivee dans une famille est toujours un moment tres particulier : tous se rassemblent dans la ger et nous sommes invites a nous installer en bonne place. Nous ne tardons pas a recevoir un bol de « sute-tsai » (the au lait chaud sale) ou d’ « airag » (lait de jument fermente qui, a notre humble avis, presente une petite ressemblance avec la gueuze artisanale), ainsi qu’un morceau de fromage genereusement tartine de beurre cremeux (« urum »). Nous sommes vraiment au centre de l’attention et il nous appartient de briser la glace. Nous nous presentons a l’aide de quelques mots de mongol appris sur le tas ( l’anglais est absolument inutile) et nous montrons des photos de nos familles ou de notre mariage, qui sont recues avec enthousiasme. Le point-it (petit fascicule d’images) de JB et Annick est aussi tres utile et suscite beaucoup de curiosite. Le contact est particulierement facile avec les enfants, avec lesquels nous echangeons chants (« dans ma maison un grand cerf » rencontre un franc succes ici), concours de grimaces (Marianne gagne a tous les coups !), jeux tels saute-mouton, 1-2-3 soleil, etc. Le soir, nous partageons le repas des nomades. Nous avons ainsi deguste les nouilles au mouton, le riz saute au mouton, le bouillon de mouton, l’os de mouton et ainsi de suite. Chris ronge maintenant les os comme personne et Marianne mange tout son gras, incroyable mais vrai. Apres le diner (mais aussi avant et pendant), la vodka mongole est de rigueur. Distillee « maison »  a partir de lait de jument, elle se boit avec respect (trois bols minimum) apres avoir offert une goutte au ciel, une au foyer et une a la terre … Apres quoi, nous faisons semblant d’etre ivres, ce qui les fait rire aux eclats. Nous participons a la soiree en chantant quelques melodies bien de chez nous, alors que certains anciens nous font parfois l’honneur et la joie d’entamer un morceau de « chant long ». Il arrive aussi que le maitre de maison nous propose de priser dans sa tabatiere, geste de bienvenue tres apprecie. &lt;br /&gt;- Le quotidien des nomades :&lt;br /&gt;Tot le matin, les femmes s’occupent de la confection des produits laitiers, apres avoir trait les yacks (sarteks), les chevres et les juments. Marianne s’en donne a cœur joie, courant derriere un yack qui refuse de se laisser traire par une jolie blonde. Face a sa mine deconfite, les nomades, hilares, lui proposent une bete plus a sa mesure, une chevre ! Marianne participe aussi a l’elaboration du fromage, et Chris commence a redouter serieusement l’elevage de chevres a Bruxelles. Quand il est frais, ce fromage est un pur delice. D’ailleurs les faucons ne s’y trompent pas puisqu’ils piquent regulierement sur les gers pour en attraper quelques-uns en guise d’akouskis. &lt;br /&gt;Mais alors, nous direz-vous, que fait Chris pendant ce temps-la ? Le pere de famille vient le trouver et lui glisse le seul mot d’anglais qu’il doit connaître, « business », et l’attire a l’abri des regards dans la ger. En effet, il a apercu ses jumelles et lui propose un troc : les jumelles contre un cheval et une tabatiere. Honnete, non ? Quand ils ne troquent pas, les hommes s’occupent principalement des chevaux, ainsi que de conduire les moutons et les chevres vers de verts paturages. La tache n’est pas de tout repos, car des loups attaquent regulierement les troupeaux. Ainsi, un soir, un etalon rentre au campement avec une morsure de 5 centimetres de diametre. Pour le soigner, 3 hommes le maintiennent a terre pendant que le quatrieme nettoie a l’eau la plaie saignante. A l’aide d’une pince, il extrait ensuite de gros vers blancs loges dans la blessure. Ca grouille. Enfin, il cauterise avec une poudre blanche (sorte de chaux). Le cheval ne bouge plus, completement etourdi. De retour dans la ger, quelqu’un allume alors une petite bougie sur l’autel, juste devant une statuette de cheval. Elle brulera toute la nuit. Quant a nous, pelotonnes dans nos sacs de couchage sous la tente, nous guettons longtemps les hurlements des loups, pas tout a fait rassures.&lt;br /&gt; C’est dans cet etat d’esprit que nous subissons, a travers la tente, les marques d’affection des chevres, des yacks et des chiens. Ainsi, un matin, un bouc s’eprend tellement de la tente qu’il la deforme completement et pietine Chris au passage.&lt;br /&gt;- Chris et Marianne, « steppe by steppe » :&lt;br /&gt;Voici la reponse a la question qui est  sur toutes les levres : mais comment donc nous sommes-nous deplaces de ger en ger ? Les deux premiers jours, encore jeunes et insouciants, nous montons a cheval. Galoper a travers les steppes procure une sensation de liberte hors-du-commun. L’experience est enivrante. A un tel point que nous en oublions que nous sommes assis sur des selles mongoles, faites de bois, avec des rivets en fer. Ces selles s’averent progressivement de veritables instruments de torture et mettent nos fesses a feu et a sang. Au milieu du deuxieme jour, vu nos plaies, nous decidons de poursuivre a pied, chose inconcevable pour un mongol (tiens tant qu’on y pense, un autre instrument de torture mongol est un simple petit tabouret de bois sur lequel on vous invite serieusement a rester assis des heures durant, combine avec les effets de la selle mongole, autant s’asseoir dans du sel…). &lt;br /&gt;Plus tard, nous rencontrons un nomade tres comprehensifs (normal vu les mimiques et les gestes eloquents de Chris) qui nous propose de nous emmener sur sa vieille moto russe. Easy riders dans un decor a couper le souffle, nous voici a trois, plus les quatres sacs, sur cet ancetre. Memorable !&lt;br /&gt;Autre exemple, le sixieme jour, alors que nos intestins succombent finalement a l’epreuve qu’ils endurent, voici qu’on nous propose gentillement de nous deplacer en charrette a yack. Cramponnes a une litiere faite maison, nous voici aux premieres loges, c’est-a-dire a quelques 40 centimetres - dans les meilleurs moments – du puissant posterieur (le mot est faible) de notre ami le yack. Commence alors un veritable cauchemar, puisque le roulis et les chocs s’ajoutent a cette vue imprenable (dolby stereo surround parfum compris) sur le Yack, qui nous flagelle sans cesse de sa queue pour chasser les nuages de mouches. Apres ca, on a tout vecu ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En trois semaines, nous avons vecu dix milles aventures et il nous faudrait autant de pages pour les raconter. Entre paysages insolites et grandioses, belles rencontres et decouvertes passionantes, la Mongolie et ses habitants nous laissent un souvenir imperissable. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bayartaaaii a tous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-112282308458979349?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/112282308458979349/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=112282308458979349' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112282308458979349'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112282308458979349'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/07/once-upon-time-in-mongolia.html' title='Once upon a time in Mongolia'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-112149983022106240</id><published>2005-07-16T08:58:00.001+02:00</published><updated>2005-07-24T09:12:31.650+02:00</updated><title type='text'>Moscou - Ulaan Baatar: Le voyage en Transsiberien</title><content type='html'>Sain bain uu!&lt;br /&gt;Depuis 5 jours en Mongolie, nous voici arrives, au gre de nos peregrinations, dans un bled dont la poste est dotee d'un lien internet... Profitons-en pour vous livrer nos impressions transsiberiennes! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Notre train: &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le nom officiel de notre train est le Rossia, ce qui signifie que, comme dans tous les trains russes (et contrairement aux chinois), il n'y a pas de douche. En realite, il faut choisir: c'est la douche (chez les chinois) ou la vodka (chez les russes), car le nom officieux du Rossia n'est autre que "the Vodka Train". En effet, il n'est pas rare de croiser des soldats russes franchement saouls vers 10 heures du matin dans le wagon restaurant. Les offres de verre de l'amitie ne sont pas&lt;br /&gt;rares et, vu la taille des verres, la franche camaraderie est atteinte&lt;br /&gt;en tres peu de temps. Pour l'anecdote, un couple de Danois a partage&lt;br /&gt;la premiere nuit avec un russe qui ne savait dire que "Cheers" en&lt;br /&gt;anglais. Vous imaginez bien leurs soirees. Le russe avait meme apporte&lt;br /&gt;de la « Mexican Vodka » (de la Tequila, quoi...) pour meubler les&lt;br /&gt;vides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Les Provodnitzas (accompagnatrice de train): tout un poeme.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Vetues du meme uniforme strict a epaulettes, elles font de l’ombre a nos fonctionnaires europeens. L’aventure de Chris en temoigne: le premier matin, ignorant que les toilettes sont fermees par les provodnitzas lors des arrets en gare, Chris, innocent, s’en va gaiement se refraichir en ce lieu d’aisance. A peine deux minutes plus tard, nu comme un vers, il est surpris par de violents coups frappes a la porte et par des imprecations russes particulierement expressives. Convaincu de son plein droit, il repond par un “busy” enjoue. C’est alors que la provodnitza, fidele a ses principes, ouvre energiquement la porte. De retour dans son compartiment, a moitie savonne, il lui fallut quelques heures pour s’en remettre. &lt;br /&gt;Depuis lors, nous avons appris a connaitre notre provodnitza, qui s’est averee de plus en plus sympathique. D’ailleurs, a la fin du trajet, elle nous maternait presque, allant jusqu’a remplir nos formulaires de douane et a nous prevenir, en avant-premiere, lorsqu’elle allait fermer les toilettes. C’est ce qui s’appelle “avoir des relations”. Mais a quel prix…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Le plat pays de Siberie:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Les vastes steppes de Siberie n’ont d’equivalent que le ciel qui les surplombe. Forets de bouleaux, prairies a n’en plus finir, petites datchas (maisons de bois) entourees de leur potager… A longueur de temps et de kilometres. Les trois premiers jours se suivent et se ressemblent jusqu’a l’aube du quatrieme, ou le soleil se leve sur le lac Baikal, qui contient a lui seul un cinquieme des reserves d’eau douce de la planete. Ses eaux sont si pures qu’elles donnent le vertige… Et pas seulement, car, subtilement associees au roulis du train et a une persistante odeur de poisson seche (tres apprecie par les voisins chinois), elles permettent a Marianne de renouer avec la sympathique sensation du mal de mer. &lt;br /&gt;Un tel voyage nous conduit a perdre les notions d’espace et de temps, d’autant plus que nous traversons 6 fuseaux horaires. Une molle torpeur s’empare de nous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Un tout petit monde:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A travers les vastes steppes se joue un reel huis-clos. Le temps ne manque pas pour faire connaissance avec nos voisins. Nous rencontrons tout d’abord un couple de Bruxellois (!), avec qui nous sympathisons rapidement, autour d’une boite de…Neuhaus! Furtif moment beni. Nous avons aussi pour compagnons de rail un couple de Londoniens (sous le choc des attentats de Londres), ainsi qu’un couple de Danois. Durant cinq jours, nous nous invitons les uns chez les autres, partageons infos, nourriture, guides et bonnes histoires. Beaucoup de bons moments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Le plus long passage de frontiere:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A la douane russe, nous devons sortir du train et commence une longue attente dans un decor digne de Mad Max. Un ciel lourd zebre d’eclairs et un vent chaud souleve la poussiere. Quelques passagers errent le long du quai, un chien passe, une vache passe, etc. Le train est fouille de fond en comble, du plafond des toilettes aux conduits d’aeration. Ca ne rigole pas. L’air conditionne est coupe et le train devient un vrai sauna (pauvres cheris…). Bonne surprise du cote mongol, l’immense sourire des controleurs ! En tout, un peu plus de six heures d’attente, puisque les formalites se cloturent vers une heure du matin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Epilogue : cinq heures plus tard, l’aube devoile les vertes collines mongoles, parsemees de gers (yourtes) blanches : un enchantement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur cette vision idyllique, nous vous laissons pour un trek de 7 jours dans les montagnes a pied, a cheval et a yack !!??!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;See you soon,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-112149983022106240?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/112149983022106240/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=112149983022106240' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112149983022106240'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112149983022106240'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/07/moscou-ulaan-baatar-le-voyage-en.html' title='Moscou - Ulaan Baatar: Le voyage en Transsiberien'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-112125300893122640</id><published>2005-07-13T11:40:00.000+02:00</published><updated>2005-07-24T09:09:19.713+02:00</updated><title type='text'>Moscou</title><content type='html'>Chers amis,&lt;br /&gt;Certains d'entre vous trepignent a l'idee de lire le recit de nos aventures transsiberiennes... Ceux-la devront patienter encore un peu car, avant de rentrer dans le vif du sujet, nous aimerions vous raconter encore deux histoires moscovites. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le tombeau de Lenine (Place Rouge), une mise en scene exemplaire&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;Un soldat nous attend a l’entree du mausolee, impassible, severe meme. D’un geste bref, il nous indique la voie a suivre. Commence alors un etrange parcours dans ce dedale de marbre d’un noir profond, plein, d’autant plus que nous sommes encore aveugles par l’eclatante lumiere estivale. Peu a peu, nos pupilles s’adaptent a l’obscurite, mais ce bref aveuglement suffit a imposer crainte et humilite. Docilement, nous suivons donc les signes imperatifs des soldats postes a chaque croisement. Les circonvolutions nous menent au coeur souterrain du tombeau, dans une grande salle de marbre noir, zebree d’eclairs rouges. En son centre git ce bon vieux Vladimir Illich dans un parallelipipede de verre. Plutot petit, vetu d’un costume sombre, le teint cireux, les mains tres naturellement posees sur le ventre, il pourrait sembler endormi depuis 1924, tant son visage est parfaitement intact. Cependant, tout ici nous rappelle que nous sommes descendus au royaume des morts. L’atmosphere est donc surreelle, lorsque l’on considere ce visage frappe de jeunesse eternelle. La visite rendue a Lenine ne dure pourtant qu’un court instant, car il est interdit de s’arreter au cours de cette promenade funeraire…Serait-ce sous peine de ne plus remonter a la surface, vers le royaume des vivants?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les chiens aboient, la caravane passe… non sans mal cette fois!:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Souvenez-vous. Aux dernieres nouvelles, nous etions sur le point de prendre le transsiberien. Le soir du 6 juillet donc, nous allons faire nos sacs (de l’expression consacree “Va faire ton sac!”), nous faisons des provisions et nous entamons notre marche vers la gare (a peu pres 2 bornes). Chris se felicite: au moins a pied, nous maitrisons notre timing et rien ne peut nous arreter. Fadaises!! La, il a rate l’occasion de se taire. C’etait sans compter sur une bande de chiens enrages qui, sortant de nulle part, accourent vers nous en montrant leurs crocs. Chris decide de nier l’affaire et passe le premier sans encombre. Marianne, forte de la sagesse populaire (d’ou le titre de cette histoire), continue son chemin d’un pas decide. C’est alors que l’incroyable mais vrai se produit. Un des chiens lui mord le mollet sans autre forme de proces! Sur le coup, ne realisant pas sa douleur (comme dans Jaws sauf qu’ici, heureusement Marianne a encore toute sa jambe ;-) ), elle privilegie l’hypothese de l’egratignure et nous continuons jusqu’a la gare qui est toute proche. Sur place, a pas moins de 3 metres du legendaire transsiberien, nous decouvrons une plaie qui ne permet aucun doute sur l’option a prendre. Nous devons absolument consulter un medecin aussi vite que possible. Au moment ou nous quittons la gare, le transsiberien n’est plus qu’un point a l’horizon. Sans rentrer dans les details, la soiree est longue a l’American Clinic de Moscou, pour soigner la plaie et pour faire les vaccins post-morsure contre la rage (heureusement nous avions les vaccins preventifs). Ensuite, nous sommes merveilleusement accueillis par Tony et Ceri un couple de tres sympathiques Irlandais/Gallois, dont nous avions les coordonnees via Daddy. Mais le lendemain, apres une nuit de repos bien meritee, nous nous rendons compte que notre visa russe expire une petite semaine plus tard... C’est la que, double coup de bol supreme, nous  trouvons de justesse des places dans un train qui part le soir meme et traverse la frontiere russo-mongole vers 22:00 le jour d’expiration de notre visa. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant vous dire qu’il nous a fallu les 5 jours de train pour nous remettre de ces emotions ! Sur ce, nous vous laissons a vos moutons. Quant a nous, le notre nous attend dans une assiette mongole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A bientot pour une page sur le transsiberien et notre voyage en Mongolie!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-112125300893122640?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/112125300893122640/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=112125300893122640' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112125300893122640'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112125300893122640'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/07/moscou.html' title='Moscou'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-13965379.post-112065816807760405</id><published>2005-07-06T14:33:00.000+02:00</published><updated>2005-07-06T15:56:08.090+02:00</updated><title type='text'>Bruxelles - Moscou</title><content type='html'>Dobry den a tous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca y est, nous sommes partis, envoles! C'est le moment de vous livrer quelques impressions moscovites, non exhaustives et arbitraires, bien sur, avant d'embarquer pour 5 jours dans le mythique Transsiberien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Moscou, fascinante ville de contrastes &lt;/strong&gt;(megapole meme - autant d'habitants que la Belgique), qui nous laisse des etoiles (rouges) dans les yeux:&lt;br /&gt;- contraste entre la grisaille des innombrables HLMs des banlieues et les domes eclatants, or et azur, des eglises et cathedrales orthodoxes.&lt;br /&gt;- contraste entre le monolithismes des gratte-ciels eriges par Staline a la gloire du Regime et la finesse des tours du Kremlin.&lt;br /&gt;- paradoxe des pavillons qui vantaient autrefois les bienfaits du communisme dans un parc digne d’une expo universelle, aujourd’hui envahis par des vendeurs de tous genres qui poussent a une consommation gourmande.&lt;br /&gt;- les BMW serie 7, Audi A8, Porsche Cayenne font rugir leur moteur, alors que les Volga et Lada roulent le capot entrouvert au moyen d’une bouteille en plastique pour eviter la surchauffe.&lt;br /&gt;- l’ancienne et la nouvelle generation se promenent bras dessus bras dessous, comme ces deux femmes apercues dans une rue de la capitale : la matriochka, vetue a la paysanne d’une longue jupe noire, d’un gilet de grosse laine et d’un foulard noue sur les cheveux, accompagne sa fille, une jeune femme en talons aiguilles, jeans moulant et top affriolant tres fashion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dans la serie « on ne rigole pas »&lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;- au prime abord, le moscovite nous a semble fort preoccupe et plutot serieux. Il est cependant possible de le derider : l’experience de Chris le prouve. Une bonne gamelle en a fait rire plus d’un ! Utiliserons-nous a nouveau ce stratageme ?&lt;br /&gt;- depuis que le lonely met en garde les touristes contre l’arnaque policiere sur la place rouge (demande de papiers et amendes improvisees sans motif), il n’y a plus un seul backpacker  dans un perimetre de dix metres autour d’eux et nous avons appris a slalomer avec la plus grande vigilance.&lt;br /&gt;- la releve des gardes est un moment impressionnant, qui pourrait aussi etre compare a un cent metres haie au ralenti (sans les haies of course !)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quelques experiences en vrac &lt;/strong&gt;: &lt;br /&gt;- le metro : un reel palais sous-terrain, couvert de marbres, rempli de lustres extravagants et de sculptures glorifiant le communisme. Un regal, si ce n’est qu’il est habite par un predateur feroce : l’escalator casse-noisette (rien a voir avec Tchaikovsky : passez trop vite la barriere de contrôle et un casse-noisette vous broyera les cuisses, les genoux et tout le reste…). Nous en fumes plusieurs fois les victimes, traumatises a jamais.&lt;br /&gt;- le train : les marchands ambulants defilent les uns apres les autres pour faire l’eloge de toute sorte de produits : en une heure de trajet, nous en avons recenses une douzaine tels que : les pompes a couvercle pour boite de cornichon, les ballons gonflables qui font du bruit en se degonflant, les sacoches en plastique, les sparadraps, les chaussettes, les glaces, les gratte-dos ( !), les eventails, les fers a cheval en osier ( !!), les rideaux de douche ( !!!), les foulards, mouchoirs, couteaux de cuisine et on en passe… &lt;br /&gt;- la rentabilisation de la place sur les bancs/sieges : en resume, plus on est de fous plus on rit, sauf quand on s’appelle Igor, qu’on pese 200 kilos, un crane chauve avec des cheveux longs sur le cote, un visage impassible, un sourire qui revele deux dernieres dents ayant survecu a la vodka, deux petits yeux quasi brides qui vous scrutent d’un regard percant sous d’enormes sourcils. Dans ce dernier cas, et c’est veridique, on passe une heure de trajet seul sur la banquette.&lt;br /&gt;- le principe de file, quasi inexistant : il est permis de s’infiltrer a n’importe quel endroit dans la file ou de quitter la file pour aller boire un verre et de bien signaler a ses voisins devant et derriere de garder sa place (ca marche evidemment encore mieux quand on s’appelle Igor).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le quotidien du voyage &lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;- Premiere dispute : Un matin, Marianne trouve Chris un peu flou. Chris le prend un peu mal, avant de se rendre compte qu’elle n’avait pas ses lunettes sur le nez. Ca a failli deraper !! Bon OK, on vous a dit que c’etait du quotidien… ;-)&lt;br /&gt;- Chris, fascine par les œufs Faberge exposes au Kremlin, se leve un matin avec une grosse envie de boule a zero. La coiffeuse avait l’air de souffrir plus que lui.&lt;br /&gt;- les backpackers, des sacres numeros : rencontre avec un hollandais qui voyage depuis deux ans, il nous fait penser a Brad Pitt dans « 12 monkeys ». Question : le voyage rend-t-il fou ? A suivre…&lt;br /&gt;- Cyrillique – Marianne et Chris : 1 – 0 Clairement, les premiers jours furent interessants en malentendus ou plutot mal-lus. Mais nous avons releve le defi du decodage : des heures et des heures de pur plaisir.&lt;br /&gt;- Peu de Russes parlent l’anglais : nous avons entame nos jeux de mime un peu plus tot que prevu… pour rentrer en contact avec une population qui s'avere drole et chaleureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant de cloturer, encore un tout grand merci a tous ceux qui nous ont aides a concretiser ce voyage ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Da svidaniya pour de nouvelles aventures,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne et Chris&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/13965379-112065816807760405?l=marianneetchris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marianneetchris.blogspot.com/feeds/112065816807760405/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=13965379&amp;postID=112065816807760405' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112065816807760405'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/13965379/posts/default/112065816807760405'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marianneetchris.blogspot.com/2005/07/bruxelles-moscou.html' title='Bruxelles - Moscou'/><author><name>Marianne et Chris</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15849662088407037980</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry></feed>
